C6 HO
En accompagnant les échanges des atomicités dans toutes ces formules, on remarque une perte
successive des liaisons doubles, qui sont complètes dans le carbène. Ainsi, tandisque le carbène ne présente aucune liaison simple, le tétrène en présente une, le pentène deux et la benzine trois.
Ce dernier édifice est le plus stable ; on dira que dans la benzine les trois liaisons simples ne seraient pas capables d’équilibrer les trois liaisons doubles ; mais c’est que les liaisons doubles perdues sont compensées par les atomes d'hydrogène, lesquels paraissent contribuer ainsi à donner de la stabilité à l’édifice moléculaire.
Quoiqu’il en soit, le passage du carbène à la benzine se fait d’une manière toute naturelle et la constitution des figures géométriques qui résultent de l'addition des atomes s’explique aussi sans effort.
En effet, si l'on suppose trois points et si on les réunit entre eux par des lignes, nous aurons engendré un triangle. C’est le cas du carbène.
La molécule du carbène aurait donc la forme triangulaire en considérant les atomes de carbone comme les points.
De même, le tétrène formerait un quadrilatère.
le pentène un pentagone
et la benzine enfin un hexagone, tiré par les six points C
Le calcul appliqué aux homologues subséquents de la benzine confirme pleinement le principe établi.
Nous regrettons de ne pas pouvoir porter plus loin cette constatation parceque malheuresement un grand nombre de densités sont encore à déterminer. Cependant il est de prévoir que le même rapport se conservera à peu de chose près.
Présentons les calculs pour les homologues de la benzine, dont nous avons trouvé les densités dans divers traités ,
Toluène... (0,882x18x5+1) — 3=92 (5me terme). Xylène (0,866x18x6+1) — 3=106 (6me terme). Cvmène (0,8632x18x8+0,8)— 3=134 (8me turme).
D'ailleurs, on peut prévoir par un calcul trèssimple, les densités des homologues hypothétiques de la benzine. En effet, ces densités doivent reproduire les poids moléculaires respectifs, si on les multiplie par autant de molécules d’eau que le nombre d’ordre de la série plus un et si l’on soustrait du produit total la quantité 3.
En effet,
Densité théorique du carbène C3
Densité théorique du tétrène C4 H4
Densité théorique du pentène C5 H4
Nous terminerons en signalant une coïncidence des plus intéressantes. On sait que la densité du carbone pur (diamant) varie entre 3,2 et 3,5. Or, la densité du carbène multipliée par 3 donne la densité du diamant.
C'est-à-dire les densités du carbène et du diamant gardent un rapport simple de 1:3.
Ce rapport parle éloquemment en faveur de l'existence possible du carbène, mais ne peut nous fournir aucune notion éxacte, nous le croyons, à l’égard du poids moléculaire du carbone; car, si nous jetons
un coup d’œil sur les exemples cités dans cet article comme confirmatifs de notre principe, nous ne pouvons y rencontrer aucun rapport fixe entre les chiffres qui représentent les densités par rapport à l’eau et ceux qui représentent les poids moléculaires. Dans tous les cas il faut faire intervenir la notion d’homologie et le poids moléculaire de l’eau pour découvrir entre ces propriétés les liens que nous avons établis.
Des recherches postérieures jetteront sans doute de nouvelles lumières sur ces questions fécondes auxquelles personne n’osera refuser un haut intérêt.
SUR UNE ALDÉHYDE ISOMÈRE DE L’ACETALDEHYDE