‹ Recueil des travaux chimiquesChapitre 7 sur 40 · ORDINAIRE · texte numérisé non relu

ORDINAIRE

On sait que l’aldéhyde ordinaire donne, sous l’influence des alcalis, une substance fétide, brune, qu’on appelle résine d’aldéhyde. C’est le même produit qui se forme lorsqu’on abandonne à l’action de l’air, ou qu’on soumet à celle de la chaleur une dissolution alcoolique de potasse ou de soude.

Par suite de ce traitement, l’alcool subit une oxydation; mais l’interprétation du phénomène a été un motif de controverse entre les chimistes. Quelques auteurs ont même affirmé qu’il se formait de l’acétate alcalin dans cette réaction. Or, s’il est incontestable que ce sel se forme à une température élevée, il n’est pas moins vrai qu’il ne paraît jamais lorsqu’on opère à une chaleur modérée.

Dans ce cas, j’ai constaté seulement la présence d’une combinaison de l’alcali avec une aldéhyde différente de l’acétaldéhyde ordinaire.

(P — aldéhydate de potassium, C2 H3 OK).

Voici le procédé, au moyen duquel nous sommes parvenu à obtenir ce corps curieux.

On soumet à l’ébullition, pendant quelques minutes, de l’alcool additionné d’une solution de potasse, jusqu’à ce que le liquide présente une odeur franchement savonneuse. Puis, on introduit ce liquide, qui contient de l'aldéhydate de potassium, dans un "ballon muni d’un tube de sûreté et communiquant avec une éprouvette plongée dans une cuve à l’eau. On jette peu à peu dans le ballon de l’acide acétique étendu d'eau. On chauffe doucement. Il se dégage bientôt une grande quantité d’un gaz incolore, d’une odeur suave non suffocante, semblable à celle de la canne à sucre.

La réaction d’après laquelle se forme l’aldéhydate de potassium, est la suivante.

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