‹ Recueil des travaux scientifiques de Léon FoucaultChapitre 61 sur 162 · LA CONSTRUCTION DU PLAN OPTIQUE · texte numérisé non relu

LA CONSTRUCTION DU PLAN OPTIQUE

(Sans dftte.)

Depuis longtemps j'ai eu la pensée que la mélhode des retouches locales, qui m'a servi à donner aux miroirs en verre la figure parabolique, conviendrait également pour engendrer ou perfectionner la surface d'un miroir rigoureusement plan. Ayant eu le loisir de faire l'expérience, j'ai obtenu une réussite qui me permet de présenter la méthode comme étant d'une application facile et assurée.

Le miroir dont il s'agit a O'^SS de diamètre, et, sous quelque incidence qu'il se présente aux rayons qui tombent à sa surface, le faisceau réfléchi observé dans les lunettes ne présente aucune différence avec le faisceau direct.

Pour arriver à ce résultat, on ne s'est servi ni du sphéromètre, ni des bassins multiples ordinairement employés pour engendrer la surface du plan.

Le disque de verre, après avoir été fondu à Saint-Gobain et dégrossi dans les ateliers de M. Sautter, a été attaqué à la main au moyen d'un disque plus petit que Ton faisait mouvoir à sa surface avec interposition d'émeris de plus en plus fins détrempés dans l'eau.

On a ainsi engendré une surface doucie, qui, sous une incidence

oblique, niflécliissait spéculairemeiit la lumiùro éniance d'iiii pohil île mire place à la distance de Irois ou quatre mètres.

Le faisceau. r<ifléctii et observé dans une petite lunette, donnait au loyer une image qui, par sa déformation, indiquait l'état de la surface, et suivant que celle surface était reconnue convexe ou concave, on insistait en la travaillant de nouveau sur le centre ou sur les bords.

Quand l'image réfléchie s'est montrée aussi nette que l'image directe, on s'est occupé de donner le poli à celle surface doncie. Pour cela on a préparé un polissoir en verre de 0'",12 à 0"',15 de diamètre et légèrement convexe. On l'a recouvert d'uu papier collé à l'empois, et, après l'avoir enduit d'oxyde de fer, on s'en est servi pour exercer, sur la surface à polir, un frottement également et méthodiquement distribué sur toute son étendue. Ce travail a duré trois jours, et. au bout de ce temps, le miroir s'est trouvé poli sans que la reciiiude du plan ait été altérée. On avait pour garantie l'observation de la mire réHéchie sous l'incidence rasante, et l'on dirigeait le travail de manière it combatlre la moindre tendance à la déformation dans un sens ou dans l'autre.

Il est donc établi que Ton peu! construire le plan optique par simple retouche locale et sans recourir à l'ancienne et laborieuse méthode, qui consistait à réunir deux à deux une série impaire de bassins jusqu'à superposition exacte de l'un quelconque avec tous les autres.

Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'importance d'un pareil résultat. Le miroir plan est pour l'optique expérimental un ciel artificiel sur lequel on peut éprouver les grands instruments astronomiques, lunettes ou télescopes, eu les amenant à se collïmer par eux-mômes.

I) convient d'ajouter, aiii applications précédentes de la méthode des relouches locales, l'emploi qu'en a fait L, Foucault pour la taille des objectifs: deux objectifs, l'un de 7 pouces et l'autre de 9 pouces, ont él6 taillés par lui et sont actuelleuicnt employés l'un à Lima (Pérou), l'aulre à Paris. L. Foucault n'a laissé aucun mémoire sur ce sujet: nous nous bornons ù le signaler, nous réservant de donner en annexes les renseignements que nous aurons pu recueillir.

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