‹ Recueil des travaux scientifiquesChapitre 100 sur 179 · EFFETS DES ACTIONS SECONDAIRES DANS LES PILES · texte numérisé non relu

EFFETS DES ACTIONS SECONDAIRES DANS LES PILES

(Sans date.)

Parmi les diverses recherches auxquelles se livra L. Foucault sur réleclricité et dont nous n'avons pu retrouver aucune trace dans les mémoires qu'il a publiés ou dans les noies manuscrites qu'il a laissées, nous croyons devoir indiquer d'une manière spéciale la disposition particulière suivante qu'il a imaginée pour expliquer les diverses phases qui peuvent se présenter dans le fonctionnement des piles; cette disposition nous a été signalée par M. J. Gavarret, professeur à la Faculté de médecine, qui la tenait de L. Foucault et qui la présente chaque année dans son cours. Nous la décrivons sous sa forme primitive.

Dans un verre à expérience de grandes dimensions A, on verse une dissolution saturée de sulfate de soude (flg. 18); une lame de zinc D est placée horizontalement vers la partie supérieure du liquide et fixée sur le bord du verre par une pince E à laquelle aboutit un fil conducteur. D'autre part, un tube en verre recourbé et élargi à sa partie inférieure en foime de pipe B, contient du mercure dans lequel pénètre un fil de platine qui arrive à travers le tube.

Au commencement de l'expérience, les flis conducteurs sont fixés aux bornes d'un galvanomètre dont le mouvement de Taiguilie indique l'existence d'un courant. On conçoit, en effet, que le zinc est attaqué et donne naissance à du sulfate de zinc en même temps que du sodium se porte sur le mercure qui joue le rôle de pôle positif de la pile. Mais bientôt l'intensité du courant s'affaiblit et s'annule, ce que démontre le retour au zéro de Taiguille du galvanomètre ; c'est qu'à ce moment l'amalgame de sodium agit sur le sulfate de zinc formé avec la même énergie que le zinc sur le sulfate de soude non encore décomposé. Il suffit d'agiter avec une baguette de verre l'amalgame formé et, par suite, de diminuer la richesse superficielle pour voir le courant se mani-

lester de uouveau; mais raction s'épuise, cl, comme il est facile de le concevoir, plus rapidement que la première fois. On peut ainsi renouveler à plusieui's reprises ractioa chimique, jusqu'à ce que l'amalgame ait dans toute sa masse une composition telle qu'il équilibre Faction du zinc.

On peut, d'ailleurs, poursuivre l'expérience ainsi qu'il suit : on supprime les communications avec le galvanomètre et l'on réunit les fils conducteurs avec les pôles d'une pile, le pôle négatif de la pile étant relié au mercure de l'élément que l'on étudie. Le courant qui passe alors (et Faction peut être fort courte) produit Téleclrolyse du sul-

^j^Tîf^T

l'ig. 18.

ftUe de soude et accumule du sodium au pôle négatif, c'est-à-dire dans le mercure: Pamalgame s'enrichit donc encore en sodium. Si l'on vient à cesser Taclion de ce courant accessoire et à rétablir les communications avec le galvanomètre, on est averti aussitôt par les déviations de l'aiguille de Texistence d'un courant; ce courant est en sens contraire de celui que Ton avait observé tout d'abord, l'amalgame riche de sodium étant le pôle négatif et le zinc le pôle positif; mais l'amalgame s^épuisejà la surface et le courant s'affaiblit, puis s'éteint; on peut, dans une certaine mesure^ le faire reparatlre, en agitant la masse. Enfin après un certain temps, toute action est terminée : l'amalgame de sodium est de nouveau amené à un état tel qu'il fait équilibre au ziDC) au point de vue chimique.

Cette expérience constitue, on le voit* un procédé très-élégant pour melti'e en étidence l'importance des actions secondaires diverses qui se passent dans les piles à un liquide et dont l'effet est de diminuer et d'annuler le courant qui s'est manifesté tout d'abord, souvent d'une manière énergique;

Page 1