DU POUVOIR RÉGLANT ET DE SON TRAVAIL TOTAL
Dans chaque position du pendule régulateur, il y a un rapport variable entre le changement de vitesse et la pression correspondante qui se transmet verticalement sur le manchon; mais à mesure que ce changement devient plus petit, ce rapport tend vers une limite déterminée que je désigne sous le nom de pouvoir réglant.
Dans le régulateur normal la vitesse angulaire et le poids agissant sur les masses ont entre eux une relation qui est de la forme V=C l/T, d'où il suit
qu'à la limite des changements de vitesse on a -y- = j-p » et comme cette
relation est indépendante de la hauteur du manchon variable avec Tnngle d'écart, on en conclut que dans le régulateur normal le pouvoir réglant
^-rr- est constant. Il est vrai que la vitesse varie d'un point à un autre de
la course du manchon ; mais en chaque point une même variation de vitesse détermine la même pression statique verticale.
Mais quand le pendule régulateur est devenu isochrone par l'accession de la force variable /*= P ( A A — 1), résultante verticale qui agit sur les masses aux différentes hauteurs du manchon p =: A P A, on a alors entre la vitesse angulaire et la résultante variable p, une relation qui est de la
forme V= C [/^ et qui donne comme pouvoir réglant -5^=1^, lequel,
rapporté au poids constant des boules, devient
dp idV
Ainsi, dans le régulateur isochrone la vitesse est constante, mais le pouvoir réglant varie comme la hauteur du manchon, à compter du point de suspension.
En pratique on restreint ces excursions du manchon entre deux limites correspondant à deux hauteurs arbitraires A„ et h^. Lorsque par une
variation de vitesse rfVle manchon passe continuement de l'une à l'autre limite, la somme des produits des pouvoirs réglants par le chemin parcouru dh représente un travail total infiniment petit par rapport au travail de P, mais qui doit être supérieur au travail résistant de la valve à mouvoir. La valeur limite de ce travail total infiniment petit est
Cette expression n'est rigoureuse qu'à la limite des petites variations de vitesse ; mais en pratique elle représente assez exactement le travail disponible dans un régulateur qui, sous l'influence d'une variation donnée de la vitesse, passe de l'une à l'autre de ces positions extrêmes. Pour qu'il fonctionne eiTectivement, il faut que ce travail soit au moins égal à celui que consomme la valve dans l'hypothèse d'une répartition convenable des résistances. Si cette répartition n'est pas convenablement faite, il faut augmenter la puissance du régulateur de manière à le mettre en rapport avec la résistance maximum; c'est donc, en définitive, augmenter l'effet utile du régulateur que de répartir avec soin et d'une manière aussi exacte que possible la résistance de la valve suivant le pouvoir réglant.