DES MOYENS DE RALENTIR LE POUVOIR RÉGULATEUR
J'ai montré précédemment que, pour les machines à un seul cylindre, il y avait utilité à donner au régulateur la même vitesse qu'à la machine elle-même. Dans le plus grand nombre des cas, ce précepte conduit à accélérer le pendule par une surcharge appliquée au manchon; mais quelquefois il arrive, comme dans les anciennes machines, que pour se conformer à leur lenteur de marche, il faudrait non-seulement décharger le
manchon, mais encore lui attribuer un poids nc^gatif. On est ainsi conduit à appliquer un contre-poids fixe ]jJ sur un levier rectiligne et au delà d'un point fixe.
On peut, en effet, compter que si Ton a F [/ = F C (fig. 7), le poids[i'est k déduire sur le poids des boules M et M', et que si Ton fait varier F [i', la pression constante exercée en C varie dans le même rapport; d'où il suit qu'en disposant d'une charge positive et directe sur le manchon, ou d'une charge agissant négativement par un levier rectiligne, on peut communiquer arbitrairement au pendule régulateur une vitesse de révolulion quelconque et conforme à celle de la machine.
Mais il est bien évident que l'action du contre-poids p/ n'est rigoureusement assimilable à une diminution de poids opérée sur les boules, qu'autant que les bras articulés en un même point, ainsi que les bielles du manchon, forment ensemble un quadrilatère équilatéral ou losange parfait, car autrement le mouvement des contre-poids en hauteur ne serait pas proportionnel à celui des boules.
Or cette disposition des bras et des bielles qui seule permet de considérer les boules comme partiellement et rigoureusement contre-balancés dans toutes les positions par le poids (jl', est également la seule à se prêtera la transmission de la force capable d'opérer l'isochronisme.
Considérons donc le système représenté (fig. 8) comme un régulateur normal dans lequel le poids P est réduit dans le* rapport du poids des boules à ce même poids diminué du contre -poids [/ et appliquons (fig. 8) le contre -poids compensateur (jl, nous aurons, par ce moyen, un pendule régulateur isochrone à marche aussi lente que l'on voudra.
Puis enfin réunissant les deux contre-poids en un seul (it*^, on aura le pendule isochrone retardé et ramené à la plus grande simplicité (fig. 9). Que si maintenant on cherche à se rendre compte comment un pareil système rentre dans le principe général qui domine le brevet, on reconnaîtra aisément que l'isochronisme dépend encore de la condition que le travail des poids et contre-poids du système soit proportionnel au carré de l'espace parcouru par le point articulé du manchon à compter du point de suspension.
Si Ton a bien compris Tobjet que nous avons en vue en discutant cette disposition, on doit en conclure qu'elle n'a de raison d'être que dans les cas très-rares où il importe de diminuer la vitesse naturelle du pendule. Charger le manchon et couder à angle obtus le levier du contre-poids, sont deux manières d'agir en sens opposé sur la vitesse du pendule, et c'est faire une chose qui n'aurait pas sa raison d'être que de les associer dans un même appareil, car c'est agir contradictoirement sur la vitesse en introduisant dans le système des masses dont les poids se détruisent et dont les inerties s'ajoutent au détriment de la fonction.
D'après ce qui vient d'être dit sur la manière de considérer l'action du contre-poids à levier coudé suivant un angle obtus^ rien n'est plus simple que de calculer directement et sans tâtonnement la valeur du contre-poids et l'angle du levier.
On commence par affecter une composante (z' au retardement du pendule, puis on détermine l'autre composante \l de manière qu'elle exerce sur le manchon une force variable :
P étant le poids des boules, h la hauteur variable du manchon audessous du point de suspension A^, la hauteur particulière où l'action du contre-poids est nulle; on représente ces contre-poids par leurs centres de gravité sur les bras rectangulaires de leurs leviers respectifs et on en déduit le centre résultant dont la position détermine la direction du levier oblique F [jt"; enfin on prend [a'' = (i + i^'.
On voit ainsi combien tout devient simple du moment oii les bras et les bielles donnent un losange parfait. J'en puis citer encore un exemple en donnant une autre solution du retardement du régulateur isochrone.
Dans la disposition que je viens de décrire, le levier compensateur ne cesse pas d'exercer sur le manchon une pression qui peut amener une rapide usure. On évitera cet inconvénient en revenant au levier perpendiculaire (fig. 10),et en équilibrant les boules par des masses m, m' fixées au-dessus de la suspension sur des prolongements ajoutés aux bras. Il ne reste plus
alors pour réaliser Fisochronisme qu'à calculer le poids [l de manière à exercer sur le manchon la force variable :
P et P' étant les poids des grosses et des petites boules, cette combinaison aura sur la précédente un avantage marqué qui provient de ce que rinertie des masses équilibrantes s'obtient par leur propre force centrifuge- En résumé, dans les cas très-rares où Ton a à reproduire en même temps le retard et Tisochronisme du pendule régulateur normal, on peut recourir à un levier coudé à angle obtus, chargé d'un contre-poids qui est la résultante de deux autres poids calculés séparément. L'un est pour produire rigoureusement une diminution constante du poids des boules et l'autre pour exercer approximativement sur le manchon les variations de pression nécessaires à l'isochronisme.
Mais si l'on prend le parti d'équilibrer directement les boules sur les bras, on peut revenir purement et sintplement aux combinaisons déjà décrites.