‹ Recueil des travaux scientifiquesChapitre 145 sur 179 · RÉGULATEUR A AILETTES · texte numérisé non relu

RÉGULATEUR A AILETTES

APPtIGABLb AUX EOUAGES d' HOBLOGERIE *.

J'ai décrit antérieurement une combinaison du régulateur isochrone à contre-poids et d'un ventilateur qui s'applique avec avantage aux rouages d'horlogerie, pour la production du mouvement uniforme.

Mais depuis l'époque où j'ai imaginé cette disposition, j^ai reconnu que dans les circonstances qui ne requièrent pas une extrême précision le régulateur à ressort résout la question d'une manière bien plus simple.

Le régulateur à ressorts a été décrit en principe dans un Mémoire précédent (page 1x95), et pour l'adapter à l'application des ailettes spéciales des rouages moteurs à vitesse constante, il suffit d'y apporter quelques modifications que je vais indiquer ici.

Le régulateur à ressorts, précédemment décrit, est caractérisé par l'interversion du point de suspension et du lieu occupé par le manchon. Cette interversion a pour effet d'assujettir les masses à se mouvoir dans le plan même du point de suspension et^ par conséquent, d'établir un équilibre qui ne peut être troublé ni par les mouvements imprimés au système, ni par les changements de direction de Taxe. Les masses ainsi soustraites aux effets de la pesanteur sont sollicitées vers l'axe par des ressorts-hélice qui

4. Certificat d'addition (47 novembre 4864) au Brevet du S3 août 4862.

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prennent leur point fjxe sur des appendices^ tournant solidairement avec l'arbre.

Pour faire d'un pareil système un bon régulateur de rouage, il suflSt d'augmenter dans une certaine mesure la vitesse de rotation par la raideur des ressorts et d'élaler les masses en surfaces pour développer une résistance dans l'air, qui devra croître avec l'amplitude du cercle orbilairc décrit par le centre de gravité. On disposera donc les parties de la manière suivante :

Deux plaques de métal découpées en formes d'ailettes sont articulées par leur étroite extrémité sur un mancbon M (fig. 9. PI. 19), qui se meut librement suivant la longueur de l'arbre; ces plaques seront tout à la fois les ailettes, les masses et les bras du régulateur. Comme masse, elles ont leur centre de gravité en C. Comme longueur de bras, elles mesurent la distance C M. Au milieu de cette longueur s'articulent les bielles de suspension 0 S. L'articulation S a lieu sur une traverse faisant corps avec l'arbre, et qui porte deux appendices pour l'attache des ressorts.

Comme cette traverse a une forme assez difficile à comprendre, on Ta représentée sous deux aspects différents, ainsi que les bielles qui suspendent les plaques. Ces bielles sont contournées de manière à entrer l'une dans l'autre, et à s'articuler suivant une même droite avec la traverse de suspension, puis elles reviennent en s'arrondissant regagner le plan des lames, l'une d'un côté, et l'autre du côté opposé; cette inflexion a pour objet de réserver l'espace nécessaire au passage des ressorts.

Les ressorts sont au nombre de deux, et ils sont disposés de chaque côté, comme l'indique la figure qui représente l'appareil en plan. La condition à remplir pour que l'appareil exécute toutes ses révolutions dans le même temps, est que la longueur des ressorts détendus soit égale à celle de l'appendice tournant; quanta la vitesse de révolution, elle dépend, comme il a été dit ci-dessus (page 472] du rapport des masses à la racine carrée de l'élasticité des ressorts.

D'après cela, pour varier la vitesse, on peut, à volonté, changer les ressorts ou modifier la masse des ailettes; mais comme il importait, en outre, de pouvoir agir sur l'appareil en marche, on a dû mettre le man-

chon en prise avec un levier coudé I, dont Fun des bras, à longueur variable, est sollicité par un ressort. Mais comme il faut éviter que cette nouvelle force ne vienne troubler l'isochronisme, on a placé ce bras de levier sous une inclinaison telle que la force communiquée au manchon fût assujetae à varier proportionnellement avec la diagonale du losange articulé, parallèle à Taxe, condition qui est sensiblement satisfaite pour une certoine inclinaison relative des deux bras du levier, et qui se maintient sensiblement aux diiïérentes positions du point d'attache.

Un régulateur ainsi construit répond à la double condition d'avoir une vitesse de révolution propre et de déterminer par ses changements de position le rétablissement d'un équilibre constant entre le travail moteur et le travail résistant. La constance dans la durée de révolution est la propriété du régulateur à ressort; quant à la variation du travail dépensé, elle résulte de la ventilation opérée par les lames, et dont l'énergie augmente avec rétendue du cercle décrit. 11 est à présumer que ce régulateur, en raison de son extrême simplicité, trouvera son application dans les diverses circonstances où l'on a déjà cherché à produire le mouvement uniforme.

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