SUR L'EMPLOI DU RESSORT HÉLICES
Dans un certain nombre de modèles de régulateurs, la force qui est opposée à la force centrifuge est empruntée à des ressorts à boudin ou ressorts hélices. Le métal qui convient le mieux pour former ces ressorts est le laiton en fil fortement récroui au moment de l'enroulement par des passages réitérés à travers la filière.
La force des ressorts ou l'inverse de leur allongement par kilogramme de charge dépend de la grosseur du fil, du diamèlre et du nombre des spires; elle est sensiblement proportionnelle au cube du diamètre du fil, 'en raison inverse du diamètre des spires, ainsi que du nombre de ces spires*.
4. Certificats d'addition du 24 avril 1865 et du 9 janvier 4866 aux Brevets du 23 aoilit 4862 et do 6 décembre 4865.
8. La rorce des ressorts a été étudiée expérimentalement par L. Foucault sur un grand nombre de ressorts; les chiffres qu'il a trouvés ainsi ne présentent pas d'ailleurs un intérêt suffisant pour qu'on ait cru devoir les publier.
On a ainsi trois éléments à faire varier et qui permettent toujours de composer un ressort conforme aux conditions prescrites.
Toutes les fois que Tempioi du ressort hélice a été indiqué dans le cours de ces notes, on a eu bien soin de définir la longueur du ressort détendu qu'il convient d'employer, et de la rapporter à quelqu'une des données principales de l'appareil à construire. Par ce moyen on est toujours sûr de pouvoir tomber directement, sans tâtonnement aucun, sur les conditions d'îsochronisme, ou de s'en écarter arbitrairement dans un sens ou dans l'autre. Mais, pour éviter toute méprise, il est important de ne pas confondre la longueur matérielle avec la longueur réduite d'un ressort réellement détendu. Quand un ressort hélice, abandonné à lui-même, laisse voir du jour entre les torons de spire, on est sûr que sa tension est nulle et Ton peut prendre directement sa longueur naturelle en mesurant la distance comprise entre les deux extrémités; mais quand le ressort a été enroulé dans un état de tension initiale qui tient les spires appliquées les unes contre les autres, il faut recourir à une petite opération pour reconnaître la longueur qu'il prendrait si les spires, en se pénétrant les unes les autres, pouvaient librement obéir à leur élasticité.
Cette longueur fictive d'un ressort qui tend à rentrer en lui-même joue, pour l'établissement des conditions d'isochronisme, le même rôle que la longueur naturelle des ressorts dépourvus de tension initiale et, pour la déterminer, on n'a qu'à procéder de la manière suivante :
On charge le ressort du poids justement nécessaire pour faire équilibre à sa tension initiale, ce qu'on reconnaît à ce que les spires sont sur le point de s'écarter les unes des autres ; puis on double ce poids et l'on mesure l'allongement qui en résulte; la longueur ainsi observée est à retrancher de la longueur matérielle du ressort non chargé, pour en déduire la longueur fictive qui correspond à l'absence de tension. Cette longueur réduite des ressorts à tension inidale est de tout point assimilable à la longueur des ressorts sans tension.
Théoriquement, il est indifférent d'employer des ressorts avec ou sans tension initiale ; mais, dans la pratique, ilya uq certain intérêt à façonner les ressorts de manière h leur communiquer une tension initiale aussi
grande que possible. En effet, plus on diminue la longueur des ressorts à zéro-lension, et plus ils deviennent faciles à introduire dans les mécanismes.