SUR LA CONSTRUCTION DES RESSORTS HÉLICES
Il importe de pouvoir produire^ dans un ressort hélice, la tension initiale qui a été définie plus haut; pour obtenir ce résultat, j'ai recours au procédé de fabrication suivant :
L*état de tension initiale ne peut être obtenu avec des ressorts hélices en acier trempé, attendu qu'il disparaît par le recuit qui précède nécessairement la trempe. C'est là une des raisons pour lesquelles j'emploie de préférence Jes fils en laiton qui se récrouissent de plus en plus par des passages réitérés à travers la filière.
En étudiant attentivement les circonstances qui accompagnent l'enroulement des ressorts, j'ai reconnu que le plus sûr moyen de leur communiquer une forte tension initiale est d'imprimer au fil sortant de la filière et immédiatement avant l'enroulement une courbure perpendiculaire au plan même des spires et dont la concavité soit tournée du côté de la partie du ressort déjà formé. On est ainsi conduit à donner à la filière une forte inclinaison sur la direction de l'axe du mandrin qui détermine le calibre du ressort.
Les choses sont alors disposées de la manière suivante : je suppose que le fil a déjà été enroulé une ou plusieurs fois, uniquement pour obtenir un commencement de récrouissage. Ce ressort (fig. 25) est enfilé dans une broche B prenant point d'appui sur un support qui conduit la filière F. Le bout du fil déroulé et aminci est engagé dans le trou qui doit lui faire
subir une nouvelle réduction de diamètre; au delà le fil s'enroule sur le mandrin M qui est monté sur un tour et mis en mouvement par un toc T. A mesure que l'enroulement s'opère, on conduit à la main^ en V, le chariot qui porte la filière, et pour que ce mouvement soit exécuté avec précision on arme le support d'une aiguille indicatrice A que l'on s'applique à maintenir en contact avec le dernier tour de spire formé.
Par ce moyen, toutes les parties du fil déroulé par l'appel du mandrin qui tourne sur lui-même cheminent au sortir de la filière suivant une
Fig. 25.1
courbure constante qui se transporte parallèlement à elle-même, et c'est en subissant cette inflexion constante que le fil contracte l'état de ressort qui maintient les spires appliquées les unes contre les autres.
Quant à la nécessité de conduire le support à la main par un engrenage indépendant des transmissions qui agissent sur le mandrin, elle résulte de l'absence de relation simple entre les deux vitesses et de la variété infinie des rapports à établir entre elles. On peut, suivant les cas, varier l'inclinaison de la filière et le retard du chariot, et l'on constate qu'en opérant dans des conditions identiques on arrive à coup sûr à des résultats semblables.
Une circonstance dont l'influence est peu connue et qui tend à augmenter la tension du ressort sur lui-même consiste à produire l'enroulement définitif en faisant passer le fil dans la filière directrice à travers le
dernier tron qu'il a déjà franchi; le récrouissage et la tension s'opèrent ainsi par deux opérations distinctes, et Ton est sûr que Tune ne nuira pas à Tautre.
En inclinant la filière de 30 à &0* sur la direction du mandrin, on arrive à produire des ressorts dans un état de tension inconnu jusqu'ici, et quand le diamètre du fil ne dépasse pas ^ du diamètre des spires, on réussit à réaliser le ressort hélice ayant une longueur réduite nulle ou négatiye.
Quand on veut exagérer les choses, et pousser à outrance l'application du principe, on fixe sur le support une sorte de buttoir G, avec ou sans galet, qui exagère la courbure du fil sans qu'il cesse de traverser normalement la filière.
Ce qu'il y a de mieux pour une fabrication courante, c'est d'obtenir le ressort d'emblée dans l'état de tension qui convient à l'application qu'on en veut faire; mais quand cette tension a été exagérée, il est facile de la ramener à la valeur voulue : on attache par une de ses extrémités le ressort à un point fixe et on exerce sur Fautre extrémité une tension capable de dépasser plus ou moins la limite d'élasticité. On éprouve ensuite le ressort en mesurant sa longueur sous deux charges différentes, et l'allongement étant considéré comme propo rtionnel à la charge, on peut calculer la tension initiale du ressort et sa longueur réduite .