‹ Recueil des travaux scientifiquesChapitre 164 sur 179 · SUR LES PHÉNOMÈNES LUMINEUX · texte numérisé non relu

SUR LES PHÉNOMÈNES LUMINEUX

Nous avons trouve dans les papiers de L. Foucault les lignes suivantes, qui sont le commencement d*une note ou d'un mémoire dont l'objet ne nous était pas connu, et qui par elles-mêmes ne présentaient pas assez d'intérêt pour figurer dans le cours de cet ouvrage. M. A. Cornu, professeur à TÉcole polytechnique, qui avait été en relations intimes avec L. Foucault et à qui nous avons montré ces lignes, s'est rappelé une conversation qu'il avait eue avec ce savant et dont il nous a donné la substance que nous reproduisons ci- dessous, quelque incomplète qu'elle soit; nous donnons d'abord le texte de L. Foucault:

a Dans toutes les expériences qui ont été proposées jusqu'ici pour comparer le « mouvement de la terre avec la vitesse de la lumière, on découvre après coup des « causes de compensation qui rendent le phénomène insensible. En sorte que le résultat « négatif peut recevoir deux explications différentes, l'une fondée sur les causes de c( compensation et l'autre qui se tire tout naturellement de la supposition que tous les « phénomènes se passent entre milieux placés dans les conditions du repos relatif.

« Mais s'il était possible dinstituer une expérience à l'abri des causes de compencc sation , cette expérience porterait conclusion lors même que le résultat en serait « franchement négatif. Or, voici le cas qui s'est présenté à mon esprit :

« Les milieux transparents employés à réfléchir la lumière sont caractérisés par « Tangle de polarisation maximum qui est en relation définie avec l'indice de réfraction.

(( Dans rétat de repos les angles observés sont les angles réels, mais si Ton fait « intervenir le mouvement planétaire et qu'on adopte l'hypothèse de Fresnel, on trouve « que les angles réels sont changés et que les angles apparents restent sensiblement les « mêmes.

« Od reconnatt effectiYement que dans aacune circonstance le moa?emeDt de la a terre ne déplace Timage au foyer des lunettes. Pour ce qui est de Tétat de polarisation, « comme Faction du milieu dépend des angles réels, il semble au premier abord qu'il (( devrait y avoir une influence sensible sur les rayons réOéchis et réfractés. Hais, en « restant ûdèle à l'hypothèse de Fresnel , on trouve qu'il existe une cause de compen- « sation qui détruit l'effet de la variation d'incidence : elle provient de ce que la vitesse c( de la lumière dans le milieu absolu diminue en même temps que Tincidence à la (c surface d'entrée. Si donc on observait un phénomène sensible, le résultat serait en « désaccord avec l'hypothèse de Fresnel. »

c( Si maintenant on examine ce qui en revient au rayon réfléchi on trouve un ré- « sultat bien différent. »

Voici, d'après H. A. Cornu, l'idée de l'expérience qui paraît se rapporter aux lignes précédentes :

On sait que l'angle de polarisation, par réflexion sur une surface transparente, varie avec rindice de réfraction des radiations employées pour satisfaire à la loi de Brewster, tang I a n. 11 en résulte un phénomène bien connu de ceux qui ont déterminé l'angle de polarisation moyen d'un faisceau de lumière blanche en éteignant le faisceau réfléchi par le passage à travers un prisme de Nicol convenablement orienté : Fextinction n'a pas lieu pour toutes les couleurs simultanément ; il en résulte une frange irisée sur laquelle les pointés sont très-incertains.

On peut rendre, parait-il, les pointés beaucoup plus exacts en achromatisant la frange, c'est-à-dire en supprimant Tirisation de ses bords. On y parvient à l'aide d'un prisme d'angle convenable calculé pour ramener au parallélisme les directions que la dispersion sépare angulairement. Par raison de symétrie on peut faire porter la correction moitié sur le faisceau incident, moitié sur le faisceau réfléchi, à l'aide de deux prismes d'angle moitié moindre.

L'appareil était destiné à observer la variation hypothétique de Tindice de réfraction avec la direction du mouvement de la terre : un dispositif que L. Foucault n'a pas indiqué à M. Cornu lui permettait de mettre en évidence un dèpointement de la frange égal à quelques secondes d'arc.

Le résultat de l'observation fut négatif, parait-il, bien que la sensibilité de l'appareil fût très-supérieure à la quantité à mesurer.

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