A MOUVEMENT DE TRANSLATION ALTERNATIF (PL
Nous igDoroDS complétemeat quelle était la destination de cet appareil dont H. J. Regnauld, professeur à la faculté de médecine de Paris, possède le modèle construit sous la direction de L. Foucault: nous n'avons rien trouvé qui pût s'y rapporter dans les papiers de celui-ci et nous avons fait, auprès des personnes que nous espérions pouvoir nous donner quelques renseignements spéciaui, dUnutiles recherches. Dans l'incertitude, nous en donnons la description après celle des appareils de lumière électrique à cause d'une certaine ressemblance avec la dernière disposition dont nous avons parlé
en ce qui concerne le changement de dircîction de mouvement.
Indiquons d'abord le fonctionnement général de l'appareil, nous ferons connaître ensuite la combinaison qui permet d'atteindre le but proposé. Les diverses figures de la planche 8 se rapportent à cet appareil : les figures 1, 2 et 3 représentent l'instrumenta demi-grandeur; les figures 6 à 8 donnent, de grandeur naturelle, la représentation des divers organes : dans ces diverses figures, les mêmes lettres se rapportent aux mêmes parties. .
La roue T qui est folle sur son axe recevant un mouvement de rotation continu d'un moteur quelconque, la tige AB prend également un mouvement de rotation continu en même temps qu'un mouvement de translation parallèle à son axe, de telle sorte que chacun de ses points décrit une hélice : cette tige est terminée supérieurement par une virole G qui devait porter la pièce, Toutil pour la mise en jeu duquel cet appareil a été construit. De plus, lorsque la tige AB s'est déplacée d'une certaine quantité dans l'un ou l'autre sens, le mouvement de translation est automatiquement renversé et, la rotation ayant toujours lieu dans le même sens, la virole G reçoit ainsi un mouvement rectiligne alternatif. D'ailleurs l'étendue de la course peut être limitée à volonté, comme, aussi,
Ton peut établir des rapports variables entre les vitesses de translation et de rotation.
La roue motrice T, folle sur son axe, engrène avec la roue S lui communiquant ainsi un mouvement de rotation continu auquel participe le cylindre cannelé F monté sur Taxe de la roue S et solidaire avec celle-ci : les cannelures ont un profil de dents d'engrenage, et, en effet, le cylindre engrène avec la roue E montée sur un axe parallèle qui n'est autre que la tige AB : celle-ci est mobile et peut glisser le long de son axe, guidée dans son mouvement par les ouvertures circulaires pratiquées dans les platines X X' et Y Y', et dans lesquelles elle est passée. Quelle que soit sa hauteur, la roue £ continuera à recevoir le mouvement de rotation par l'intermédiaire du cylindre F de manière à tourner dans le même sens que la roue T.
Indiquons maintenant le dispositif qui communique à la tige A B son mouvement de translation : au-dessus de la roue E, la tige AB porte deux collets G et G' entre lesquels est engagée une fourchette DD' munie d'un galet destiné à diminuer le frottement; cette fourchette est placée à l'extrémité d'une tige reliée à un cadre mobile autour d'un aie horizontal NN' dont nous supposerons la position invariable jusqu'à nouvtl ordre; cette même tige porte en I (6g. 7} un écrou dans lequel est engagée une vis qui règne sur la hauteur de l'arbre H H, arbre qui a le même axe géométrique que la roue T, mais qui est indépendant de celle-ci. Get arbre, comme nous allons le dire, tourne par suite de la rotation du cylindre cannelé F et, suivant que la rotation s'effectue dans un sens ou dans l'autre, l' écrou I est entraîné également dans un sens ou dans l'autre. Mais le mouvement de translation de l'écrou étant communiqué à la tige dont il est solidaire et par suite à la fourchette DD\ les collets G G' et, par suite, la tige A B et la virole participent également à ce mouvement. Le sens du déplacement de ces diverses'pièces est le même que celui du déplacement de l'écrou I ; mais le chemin parcouru est plus considérable.
Étudions maintenant le mode de transmission du mouvement du cylindre cannelé F à la vis H H' et le dispositif employé pour faire changer le sens de la rotation de celle-ci. A la partie inférieure, le cylindre cannelé F engrène avec la roue U ; l'axe de cette roue n'est pas fixe, mais il est porté par l'un des bras d'un levier coudé abc dont le point fixe coïncide avec l'axe du cylindre cannelé F : le second bras de ce levier bc (flg. i, 5 et 8) supporte une roue V qui est de môme diamètre que U et engrène constamment avec cette dernière ; le levier est commandé par la tige a de dont nous exposerons toutà Theure le fonctionnement. Lorsque le levier coudé est dans la position représentée figure h et figure 8, le mouvement de rotation du cylindre cannelé F est communiqué à lavis H par l'intermédiaire de la seule roue U et la vis tourne alors dans le même sens que le cylindre cannelé. Mais si, par suite de l'action de la tige ad, le levier coudé est déplacé et amené à la position de la figure 5, le mouvement du cylindre cannelé F est transmis à la vis H par les deux roues U et V : comme elles sont de même diamètre, les vitesses angu-
iaîres de F et de H sont dans le même rapport que précédemment, mais les rotations s'effectuent en sens contraires.
Le changement de position du levier coudé amène ainsi le changement de sens de la rotation de la vis H et par suite le changement de sens du mouvement de translation de récrou I et de la tige AB; mais, d'autre part, c*est le mouvement de translation qui commande le déplacement du levier coudé de la manière suivante : l'extrémité e de la tige a de est articulée avec une branche d'un levier à trois bras efgh pouvant tourner autour du point fixe f. L'extrémité h, par l'intermédiaire de la bielle hi, est reliée à un ressort ik qui maintient le levier dans chacune des positions extrêmes qu'il peut occuper jusqu'à ce qu*une action directement appliquée en g le fasse passer à l'autre position. Cette action est transmise par la tige II' qui est guidée d'autre part dans la platine XX' et dans laquelle elle passe; sur cette tige, deux vis de pression m,m' permettent de fixer à diverses hauteurs des taquets mobiles n,n'. Un doigt K, porté par le cadre mobile qui est relié à Técrou I, se meut entre les taquets et peut venir les toucher dans son mouvemen et presser sur eux assez fortement pour les entraîner malgré l'action du ressort ik. On peut alors comprendre l'action de ces pièces : supposons que, par suite de la rotation de la vis H, l'écrou I descende entraînant dans son mouvement la tige AB, le cadre mobile et le doigt K qui y est fixé : lorsque ce mouvement aura été continué pendant un certain temps, ce doigt viendra appuyer sur le taquet inférieur n', et, continuant à descendre, le forcera également à s'abaisser entraînant la tige H'; au moment où la pression sera suffisante pour vaincre l'action du ressort ik la tige //' s'abaissera, le bras fe du levier triple se déplacera entraînant la tige ea, et celle-ci agissant sur le levier coudé a6c fera changer le mode d'engrènement des roues U et V et, par suite, le sens de rotation de la vis. Aussitôt le mouvement de l'écrou deviendra ascendant ainsi que celui de toutes les pièces qui y sont reliées, cadre mobile et tige AB, jusqu'à ce que le doigt K vienne rencontrer le taquet supérieur n et que le même effet se reproduise en sens conti^aire. La distance des deux taquets n et n' limite par suite l'étendue du déplacement de la tige A fi dans l'un et l'autre sens.
Nous avons dit enfin que l'on pouvait faire varier le rapport des vitesses de translation et de rotation de la tige AB. La vitesse de rotation de AB, ainsi que celle de la vis, dépend uniquement de celle de la roue motrice T, les transmissions se faisant par des parties invariables; quant à la vitesse de translation, elle dépend de celle de l'écrou I et de leurs distances respectives à Taxe de rotation du cadre mobile. La translation de l'écrou est liée invariablement à la vitesse de la roue motrice T, mais les distances peuvent varier, l'axe du cadre pouvant se déplacer. Ce cadre LL'MM' porte en effet sur chacun des deux côtés LM et L'M' une coulisse dans laquelle passe un bouton N,N' ; mais ces boutons sont eux-mêmes portés par deux bielles N 0,N'0' tournant avec l'axe 00' qui se meut entre des coussinets fixés sur la plaque métallique sur laquelle repose le système
entier; les bielles N PO, N'P'O' sont elles-mêmes mues par la pièce deux fois reconrbëe PQP'Q' que l'on pouvait sans aucun doute fixer à telle position que l'on Toulait en plaçant le bouton R dans un cran d'arrêt dont il ne reste pas trace. Ajoutons que ce bouton est taraudé et peut par suite se déplacer le long de la tige filetée, de telle sorte que le bouton étant dans le cran d'arrêt il était possible, sans interrompre la marche de la machine, d'agir sur la position des points N et N' et par suite de modifier le rapport des vitesses de translation et de rotation de la tige AB.
Ajoutons que des ressorts placés en diverses positions et sur lesquels il n'est pas nécessaire d'insister assurent la fixité momentanée de diverses pièces mobiles.
On voit que cet appareil répond bien à dés indications diverses et dont renoncé qae nous avons donné au début est assez complexe; nous n'avons pu deviner à quel usage ces conditions peuvent être utiles. Ajoutons que nous ignorons même quelle devait être la véritable position de cet appareil ; il est placé aujourd'hui comme il est représenté dans la planche 8 ; mais des trous pratiqués dans la plaque métallique qui supporte le tout permettent de supposer qu'il avait une autre situation, soit que la tige AB fût alors horizontale, soit qu'elle fût verticale, mais la virole G étant alors placée à la partie inférieure.
La figure 1 représente une vue de face de l'appareil ; la figure 2 est l'élévation latérale, et la figure 3 est une vue par-dessus, la virole G étant supposée enlevée.
La figurée montre le détail d'élévation latérale de la communication de mouvement de la roue motrice T à la tige AB par l'intermédiaire du pignon S et du cylindre cannelé F.
La figure 7 est une coupe horizontale faite au-dessous du collier G' et montrant la communication du mouvement de translation à la tige B par l'intermédiaire de l'écrou I et de la fourchette DD'.
Enfin la figure 8 représente une coupe horizontale faite au-dessus du levier triple egi et donnant la.disposition de la transmission variable du mouvement du cylindre cannelé F à la vis H : les figures & et 5 permettent de suivre les deux états extrêmes qu'il y a à considérer.
INTERRUPTEUR A MERCURE
M.Lissajous, à qui nous devons plusieurs renseignements intéressants sur les travaux de L. Foucault, nous a dit que celui-ci se proposait d'appliquer un interrupteur double à rétude de diverses questions se rattachant à Tinduction: il nous a indiqué, et M.Worms de Rofflilly nous a fourni d'autre part la même indication, une disposition qu'il a appliquée, mais sur laquelle nous n'avons trouvé aucun autre renseignement. Les deux interrupteurs étaient placés d'un même côté du centre d'oscillation, mais le plus éloigné était porté par un ressort et, par suite de la flexion, entrait dans le mercure et en sortait plus tard que celui qui était ûxé directement à la tige rigide. On faisait varier la différence de phase en allongeant ou en raccourcissant le ressort, qui pouvait être arrêté à tel point qu'il paraissait convenable sur la tige rigide.
Pour évaluer le retard, la différence de phase qui s'établissait, les deux interrupteurs étaient reliés par un système de bielles articulées telles qu'un point de Tune décrivait des courbes analogues aux figures acoustiques de Lissajous; en plaçant en ce point une perle métallique sur laquelle tombait un faisceau de lumière, on voyait se dessiner une courbe lumineuse dont la forme faisait connaître la différence de phase.
Nous ignorons si des expériences suivies ont été faites et si même Fappareil a été construit complètement : nous n'avons rien pu trouver sur cette question dans les papiers de L. Foucault.