Voir ci dessus, p
passant au niveau du diaphragme D, le faisceau est encore complètement blanc, car ce diaphragme élimine de part et d'autre les portions dispersées, en sorte qu*à une distance 01 égale à celle du foyer conjugué de D, se forme une image également blanche de l'ouverture du diaphragme formée par la recomposition des mêmes rayons, qui, à une distance moindre, se disposent en spectre.
Comme ce spectre v r peut être obtenu très-net, on est à même de limiter par des obstacles ou par des fenles variables en largeur et en hauteur les rayons simples que l'on veut laisser passer, et le résultat de leur composition se produit en teintes plates dans l'image uniforme I reçue sur un écran.
Pour obtenir un spectre complet, pour respecter les rapports d'intensités naturelles des rayons qui le composent, aussi bien que pour opérer leur recomposition en teintes réellement uniformes, il y a surtout deux précautions essentielles à prendre : il faut d'une part que l'objectif 0 soit assez grand pour recevoir la totalité des rayons dispersés qui ont passé au travers du diaphragme ; il faut, en outre, que l'ouverture de ce diaphragme soit assez rétrécie pour n'admettre à passer outre que la partie moyenne du faisceau qui, en raison de la proximité du prisme, n'a pas encore subi de décomposition.
L'expérience telle que je viens de la décrire permet de reproduire avec éclat toutes les teintes imaginables, et me parait susceptible d'être répétée dans les cours à propos de la théorie des couleurs; de plus, elle me semble éminemment propre à vérifier tout ce qu'on a dît jusqu'ici de la combinaison des couleurs, car elle donne un moyen simple pour composer ensemble, et en proportions quelconques, toute espèce de rayons simples et déterminés par leur position dans le spectre, avec autant de rigueur et de facilité que s'il s'agissait de mélanger des couleurs matérielles.
Parmi les instruments qui ont été laissés par L. Foucault et dont il n'a pas donné de description, nous en avons trouvé un qui se rapporte à l'expérience relatée ci-
dessus : c'est un écran à fentes variables, permettant de laisser passer, pour donner une image colorée sur un écran, deux portions quelconques du spectre.
Cet appareil (pi. 3, flg. 9 et 10) consiste en un cadre ah c d monté sur un pied ; dans ce cadre peuvent se mouvoir, à l'aide de vis de rappel u^ v', deux plaques m n, m' n ' dans lesquelles sont pratiquées des fentes p q, p' g', dont on peut à volonté faire varier la largeur et la hauteur en faisant mouvoir, à l'aide de boutons g, g', h, h\ des lames métalliques constituant l'un des bords latéraux et le bord Inférieur de chaque fente. Les bords n o, n' o' des deux plaques mobiles sont reliés par deux volets à charnière nol, n' o' l, susceptibles, par la varialion de l'angle qu'ils font entre eux, de masquer complètement l'ouverture n o, n' o' et de s'opposer au passage de rayons qui viendraient toml)er sur cette partie sans empêcher le passage des faisceaux qui, ayant traversé les fentes p g et p' q, vont converger sur l'écran.
Pour se servir de cet appareil , on limite à l'avance les dimensions des fentes p q, p' q'; puis, plaçant le cadre dans le plan où se forme le spectre v r (flg. 8), on agit sur les vis de rappel jusqu'à ce que les fentes correspondent absolument aux parties du spectre que l'on veut composer en une teinte plate unique.
NOTE
SUR
LES PLAQUES BROMÉES AU SECOND DEORÉ*
TAcadémie des Sciences, 12 octobre 1816.)
Après que M. Daguerre eut fait connaître sa brillante découverte, les amateurs et les artistes n'ont pas tardé à s'apercevoir que la plaque iodée n'est pas apte à reproduire l'image complète de toute espèce de sujets. 11 suffit que les diverses parties d'un même point de vue possèdent des intensités notablement diflFérenles, pour que dans l'épreuve obtenue avec une plaque iodée ces parties ne puissent venir simultanément avec des tons correspondants à leurs intensités respectives. 11 faut choisir: il faut ou s'arrêter au point convenable pour donner aux clairs leur véritable valeur, auquel cas les détails des parties obscures n'apparaîtront pas ; ou bien il faut prolonger l'action pour favoriser l'apparition de ces détails et alors les parties claires se confondront les unes avec les autres et elles seront, comme on dit, brûlées.
L'emploi des substances accélératrices est venu modifier heureusement cet état de choses. En même temps qu'elles permirent d'opérer plus rapidement, elles offrirent à l'expérimentateur une couche sensible capable d'embrasser des degrés plus éloignés dans l'échelle de tons. Toutefois ces degrés sont encore bien loin d'atteindre ceux mêmes que l'œil de l'homme
1. En collaboration avec M. Belûeld-Lefèvre. — Voir C. R, de l'Àc. des Se. T. XXIU, p. 713.
peut apprécier en tnéme temps^r Et si quelque réaction nouyelle peut, san» être favorable à la sensibilité des plaques, augmenter leur aplilnde à conserver distincte Temprelnte des tons les plus disparates, il ne sera pas-inutile d'y recourir en certain cas. Si d'ailleurs le pttotographistesait manier habilement ces différentes couches sensibles sans s'adonner exclusivement <^ la plus impressionable, il pourra dans l'exercice de son art maîtriser et varier ses effets; il pourra, selon les cas, tempérer la dureté d'un soleil trop cru frappant en plein sur des objets inégalement réfléchissants, ou bien rehausser la vigueur d'un sujet uniforme ou manquant de relief.
Cest dans l'intention de concourir à accroître ces ressources, que nous nous décidons, M. Belfield et moi, à faire connaître un nouveau mode de préparation de la couche qui a précisément pour effet de donner aux plaques cette qualité dont nous venons de parler et qui les rapproche en quelque sorte de la rétine de l'homme.
Notre méthode exige l'emploi de l'iode et du brome et réussira facilement entre les mains des personnes qui ont l'habitude d'employer ces substances isolément. Elle consiste à polir les plaques et à les ioder comme à l'ordinaire, puis à leur faire absorber par un procédé quelconque une quantité de vapeur de brome égale à trois fois celle que l'usage et la pratique ont reconnue susceptible de communiquer aux plaques le maximum de sensibilité. Tandis que la dose ordinaire de brome ne change pas sensiblement la teinte de la couche iodurée, celle que nous recommandons ici lui fait acquérir une teinte foncée d'un violet bleuâtre.
La sensibilité des plaques ainsi surchargées de brome se trouve réduite au tiers de ce qu'elle serait si l'on s'était arrêté à la dose ordinaire, mais elles sont devenues aptes à donner une épreuve complète et détaillée des sujets qui présentent les plus grandes variétés de tons. On en jugera par rinspection du petit tableau que nous présentons et qui a été fait par un temps de soleil. On y voit, à la fois, des nuages au ciel, des maisons blanches avec des ombres portées transparentes et des arbres dont le feuillage se dessine par groupes, à peu près comme un artiste les aurait indiqués.
Nous recommandons de tripler la quantité de brome parce que si l'on n'observait pas franchement ce nouveau dosage, si l'on se tenait en deçà, on
serait presque sûr d'obtenir une image complètement voilée; il ne faudrait pas non plus aller au delà : la plaque aurait de la peine à condenser le mercure et limage serait moins apparente.
Cette propriété nouvelle et bien constatée qu'un excès de brome communique aux plaques iodées pourra fournir quelques applications utiles ; mais, en outre, il nous a semblé qu'au point de vue physique et chimique ces faits n'étaient pas sans intérêt; c'est ce qui nous a engagés à les communiquer à l'Académie.
NOTE
SDR