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PROCÉDÉS PHOTOGRAPHIQUES EMPLOYÉS

DANS l'exécution DE CET ATLAS

C'est à la belle découverte de M. Daguerre qu'on a eu recours pour obtenir les dessins originaux d'après lesquels ont été copiés fidëlenaent les planches qui composent cet Atlas. Mais une application aussi spéciale demandait quelque chose de plus que les méthodes qui suffisent chaque jour entre des mains exercées à produire les plus belles épreuves. Il fallait, pour remplir notre cadre, des moyens photographiques presque sûrs et donnant des résultats assez prompts pour que les objets délicats soumis à l'expérience n'eussent pas le temps de s'altérer ni même de se déplacer. Il fallait, en outre, un appareil optique susceptible de donner de belles images d'un grossissement déterminé, depuis 20 jusqu'à liOO fois.

Au point où en est parvenue la photographie en fait de système, on n'a vraiment que Tembarras du choix. Pour fixer le nôtre, nous nous sommes attachés à bannir autant que possible l'incertitude et le tâtonnement. Nous nous sommes efforcés de réunir un ensemble de procédés qui

4. Un vol. in-folio de iO planches comprenant 86 figures. Paris, J.-B. Baillière, 4845. En collaboration avec M. Al. Donné.

Cet atlas, qui est le complément du Cours de tnicroscopie de M. AI. Donné, comprend la reproduction gravée d'images obtenues par le microscope-daguerréotype et se rapportant à un certain nombre d'objets divers dont la connaissance complète est nécessaire aux médecins.

nous permit de profiter du beau temps dès qu'il se montrait. Après avoir fait quelques essais sur des objets faciles et préparés d'avance, nous nous sommes mis à l'œuvre, en procédant de la manière suivante :

La plaque, placée sur quelques doubles de papier, est polie à la ponce et à l'essence de lavande au moyen d'un fort tampon de coton ; quand, après quelques instants, la formation d'un cambouis noir indique que l'action a été suffisamment prolongée, on change le tampon et le papier; puis, avec de nouvelle ponce, on fait reparaître le brillant de la plaque; il suffit alors de continuer à polir légèrement à sec pour amener la plaque à un état parfait en moins de cinq minutes.

De là, cette plaque, montée sur la planchette, est portée sur la boite à l'iode et menée jusqu'à la teinte jaune légèrement rosée.

C'est alors qu'il faut appliquer la substance dite accélératrice. Malgré tout ce qu'on a proposé, nous nous en sommes tenus au brome et au brome seul, c'est-à-dire simplement dissous dans l'eau à la dose d'un dixmillième. Avec cette substance, on peut facilement, et dans la pratique ordinaire, centupler la sensibilité de la plaque iodée. Il suffit pour cela d'employer l'appareil que nous avons décrit^ sous le nom de boite à brome, et de pousser l'absorption jusqu'au maximum de sensibilité.

Quand on est arrivé là avec la plaque et l'objet que l'on veut reproduire, il faut mettre l'instrument au point avec précision, en faisant la part de la différence existant presque toujours entre les foyers des radiations lumineuses et chimiques ; puis on substitue à la glace dépolie la plaque nouvellement préparée, et on laisse agir la lumière pendant un temps qui, dans nos expériences, s'est trouvé compris entre k et 20 secondes.

Après cela, il ne reste plus qu'à mettre la plaque au mercure, et, dans le cas où l'expérience a réusfd, à la laver et à la fixer par le procédé si copnu du chlorure d'or.

L'appareil optique n'est, à vrai dire, qu'un microscope solaire à court foyer.

Le miroir plan réflecteur» la lentille destinée à faire converger les

4 . Voy. Nouvelles instructions sur l'usage du daguerréotype.

rayons sur Tobjet et la platine du microscope sont tous trois portés sur une colonne verticale, sur laquelle ils peuvent occuper des distances variables. Ces différentes pièces se meuvent suivant Taxe commun des lentilles objec* tives, montées au-dessus d'elles d'une manière fixe. D'après cela, l'image semblerait devoir se faire dans un plan horizontal; mais aussitôt après leur sortie dos lentilles objectives, les rayons éprouvent une réflexion totale à l'intérieur d'un prisme rectangle, comme dans le microscope de M. Amici, et continuent leur marche horizonlalement pour aller former leur image au fond d'une chambre obscure ordinaire, à la distance variable de 2 à l\ décimètres.

Trois jeux de lentilles de rechange servent à varier le grossissement; en outre, une lentille achromatique concave, située à une petite distance des premières, sert, en augmentant la divergence des faisceaux lumineux, à accroître le grossissement et à remédier aux aberrations. La distance de cette lentille influe sur le pouvoir amplifiant aussi bien que celle à laquelle on reçoit l'image; et la possibilité de les varier toutes deux, combinée avec le changement des jeux de lentilles, permet toujours d'obtenir avec précision un grossissement quelconque et un champ d'une étendue convenable.

Au reste, avant d'arriver sur le miroir propre du microscope, la lumière solaire est déjà réfléchie dans une direction constante par un héliostat; et, dans les beaux jours d'été, malgré ces deux réflexions, la chaleur qui accompagne la lumière est parfois ^assez vive pour désorganiser les particules placées au foyer, ou tout au moins pour exciter des mouvements dans les liquides où elles sont plongées. Pour parer à cet inconvénient, nous avons été forcés de placer sur le chemin de ces rayons un écran en verre bleu foncé, qui arrête avec la chaleur rayonnante une portion de lumière peu active et laisse passer le bleu et le violet, qui possèdent presque à eux seuls le pouvoir photographque.

D'après ce mode d'observation, il est évident que les résultats obtenus de la sorte sont doués d'un grossissement absolu, et que, si l'objet a des dimensions connues, la comparaison de ces dimensions avec celles de son image donne le pouvoir amplifiant de l'instrument. C'est pourquoi nous avons fait; avec deux des grossissements les plus employés dans le cours de

cet ouvrage, les épreuves de deux micromètres; et en nous arrangeant de manière à ce que telle division dans l'image occupât un espace de 200 ou liOO fois plus grand que celui qu'occupe réellement la même division du micromètre, il est clair que les épreuves reproduites dans les mêmes circonstances représentent aussi l'objet grossi 200 ou 100 fois. Par suite, connaissant le grossissement de ces images, on comprend avec quelle facilité on en déduit les dimensions réelles des objets qu'elles représentent.

Au lieu de la lumière solaire, on peut aussi se servir, pour obtenir les images daguerriennes au microscope, d'une lumière artificielle très-vive, telle que celle qui résulte de l'incandescence du charbon sous l'influence d'un courant électrique. Nous avons produit des images de cette manière, que nous donnerons comme échantillons, à l'aide d'un appareil analogue à celui dont nous nous servons pour certaines démonstrations dans nos cours de microscopie.

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