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LONGUEURS D'ONDES DES RAYONS CALORIFIQUES

(Société Philomathique, 11 décembre 1847 i )

M. FizEAu fait une communication relative aux longueurs d'ondes des rayons calorifiques invisibles qui prolongent le spectre solaire au delà des rayons rouges. La mesure directe de ces longueurs n'a pu être tentée jusqu'ici et présenterait d'ailleurs les plus grandes difficultés ; l'auteur a cherché à déduire cet élément de la considération des spectres à bandes d'interférence qui ont été décrits et étudiés dans un précédent travail fait avec M. Foucault sur les interférences des rayons calorifiques. Dans ce travail, les auteurs ont constaté que les bandes d'interférence qui sillonnent les spectres dans toute leur étendue sont communes à la chaleur et à la lumière; ils ont trouvé, de plus, qu'il existe des bandes semblables dans la partie invisible du spectre située au delà du rouge, et ont fixé la position de ces bandes invisibles en mesurant leurs distances aux bandes visibles ; la position de ces dernières a été fixée elle-même par rapport aux raies du spectre. En considérant ces phénomènes, d'après les principes des interférences posés par Fresnel, on trouve une relation entre les longueurs d'onde de trois rayons, et le nombre des bandes qui les séparent ; ces longueurs ayant été mesurées très-exactement par Fraunhafër pour sept rayons

4. Voir ProcèS'Verbaux de la Soc, Philom,, 1847, p. 408; — Vinslitut.

du spectre B, C, D, E, F, G, H, on peut introduire dans la formule ces valeurs pour deux rayons ; elle donne alors la longueur d'onde d'un rayon en fonction du nombre des bandes que l'on peut compter dans le spectre entre ce rayon et l'un des deux pour lesquels celte valeur est regardée comme connue.

La position des bandes calorifiques invisibles n'a pu être étudiée que, dans le cas où l'interférence est produite au moyen d'une lame cristallisée parallèle à l'axe placée entre deux polariseurs; dans cette circonstance, il entre dans le calcul un élément qui présente de l'incertitude, c'est la dispersion de double réfraction. Cet élément n'a pu être introduit qu'au moyen d'une hypothèse que l'auteur regarde comme suffisamment justifiée par les résultats obtenus lorsque l'on applique la formule aux rayons pour lesquels la longueur d'onde est connue, la concordance étant alors trèssatisfaisante. Pour que cette cause d'incertitude pût influer sur les nombres trouvés» il faudrait admettre des anomalies extraordinaires et peu probables dans la dispersion des rayons de chaleur invisible.

L'auteur donne les résultats du calcul pour les points principaux de la région obscure ; ceux qui présentent un maximum, un minimum ou une raie ; parmi ces nombres, nous rapporterons les suivants : ce sont des millionièmes de millimètre; la longueur pour le violet extrême U était, d'après Fraunhofër, 393, et pour le rouge B, 688; on trouve pour les rayons calorifiques invisibles, 1 011, 1 196, 1 320, 1 445; ce dernier nombre correspond au point occupé par une raie remarquable ; pour un point plus éloigné : 1 7&5; enfin, pour la limite de la chaleur sensible, lorsque le spectre est formé au moyen d'un prisme de flint : 1 9li0.

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