DISPOSITION DE LA PILE DE BUNSEN
(Société Philomathique, 12 mai I8i9.)
M. Foucault met sous les yeux de la Société une pile de Bunsen disposée de manière à rendre le service plus facile et plus prompt.
La pile est partagée en séries de vingt couples. Dans chaque série, les vases poreux sont rendus solidaires et fixes par des demi-colliers sur un support commun en bois.
Les parties inférieure et supérieure de ces vases poreux ont été imbibées de cire pour les rendre aptes, d'une part, à conserver sans perte une couche liquide de 1 centimètre de hauteur, et d'autre part pourempêcher ce liquide acide de monter par capillarité jusque vers le support.
Tous les vases poreux communiquent entre eux et avec le réservoir commun d'acide sulfurique par des siphons qui posent sur les fonds sans le laisser obstruer, parce que leurs extrémités ont été taillées obliquement ou en sifflet. Entre les vases poreux on a fixé sur la monture en bois des contacts-ressorts mis en communication permanente avec l'élément charbon par des conducteurs en plomb.
Aux zincs cylindriques généralement employés on a substitué des zincs plats dont la monture fendue s'engage dans le contact-ressort.
Par ce moyen tous les vases poreux peuvent être descendus du même coup et plongés dans l'acide nitrique au centre des charbons, et si l'on sup-
4. Voir Procès-verbaux de la Sociélé Philomalhique, 4 849, p. 48; V Institut, n*» 803.
pose tous les siphons amorcés à Tavance, rabaissement du niyeau du liquide dans tous les vases poreux à la fois déterminera Tafflux de l'acide étendu contenu en réserve dans le réservoir, et en peu d'instants la pile sera prêle à fonctionner. La manœuvre opposée suffit pour la remettre au repos et pour faire rétrograder l'acide vers le réservoir. Dans cette attitude, la partie inférieure et cirée des vases poreux reste engagée dans les charbons et joue le rôle de bouchon en prévenant d'une manière certaine l'évaporatlon de l'acide nitrique.
L'amorcement des siphons par un liquide acide n'est pas une difficulté. Il s'opère par insufflation et non par aspiration. On remplit à moitié les vases poreux de deux en deux, puis en posant sur leur bord libre un obturateur en liège évidé pour laisser passer les siphons et traversé au centre d'un tube de fort diamètre, on délimite entre la surface du liquide et l'obturateur lui-même un espace à peu près clos dans lequel on fait naître, en soufflant rapidement, un excès de pression qui sollicite l'ascension du liquide dans les deux siphons à la fois.
Toutes les parties qui constituent la pile, sauf les zincs, devant rester perpétuellement en présence, on a assuré l'inaltérabilité des colliers attenant aux vases poreux et aux charbons en les recouvrant d'une épaisse couche de cire.
Les vis elles-mêmes qui établissent les contacts ont été mises à l'abri de l'oxydation, soit parce qu'elles demeurent sous un enduit de cire, soil parce qu'elles sont totalement engagées dans la masse d'un écrou qui les protège.
L'inamovibilité des couples a encore rendu nécessaire de pratiquer à travers les charbons un orifice destiné à introduire l'acide nitrique. Cette opération se fait encore pour chaque couple isolément. On remédiera plus tard à cet inconvénient qui, du reste, est minime, car le liquide où baigne le charbon se renouvelle rarement et s'emploie jusqu'à épuisement complet de l'acide nitrique.
SUR LA