‹ Recueil des travaux scientifiquesChapitre 92 sur 179 · SUR L'EMPLOI DE L'INTERRUPTEUR A MERCURE · texte numérisé non relu

SUR L'EMPLOI DE L'INTERRUPTEUR A MERCURE

(Sans date.)

- L'interrupteur à mercure remplace avec avantage le marteau distributeur des appareils d'induction en tou tes les circonstances où l'on veut employer des courants intenses. 11 s'adapte sans difficulté aux machines de M. Rubmkorff, et il permet de les réunir par paire sans qu'il soit nécessaire d'y apporter aucun changement.

Supposons d'abord, pour plus de simplicité, qu'on fasse rexpérience avec une seule machine : on commence par supprimer le marteau que l'on remplace par un fil à demeure.

Pour compléter le circuit du courant inducteur qui dans l'appareil se termine par deux boutons d'attache, on met l'un d'eux en contact avec l'un des pôles d'une pile formée au plus de six couples de Bunsen; on relie l'autre bout à l'interrupteur par un fil qui va se rendre en A (fig. 13), et en face, entre le boulon P marqué pile et la pile elle-même, on établit une

dernière communication. L'interrupteur présente encore deux boutons, A' et F, marqués condensateur^ pour recevoir les fils destinés à conduire l'extracourant au condensateur à taffetas gommé qui doit rester en dehors de la machine et présenter une grande surface.

Figure 13.

Tout étant disposé de la sorte, on verse du mercure dans le verre D jusqu'au tiers de sa hauteur et de l'alcool par-dessus presque autant qu'il peut en tenir. Ce verre repose sur un support qui s'élève ou s'abaisse à volonté par le moyen du bouton B : on arrive ainsi à mettre la pointe delà lame du bouton en contact avec le mercure. Alors on ferme le circuit, l'interrupteur entre aussitôt en mouvement et il exécute une suite de vibrations plusou moins étendues. Dans le cas où ces vibrations ne présenteraient pas l'amplitude convenable, on aurait recours à l'action du large bouton G qui est destiné à faire varier la distance à laquelle l'électro-aimant agit sur le fer de la lame vibrante. On voit enfin un bouton marqué C qui, étant desserré, glisse dans sa coulisse et sert à rendre les vibrations plus ou moins précipitées. Quand l'appareil est bien réglé, il donne un jet d'étincelles à la distance de 0™,015 à 0™,018.

Mais en réunissant deux machines on obtient des effets beaucoup plus saillants. On commence comme précédemment par supprimer les marteaux pour les remplacer par' des conducteurs fixes, après quoi on remet enséries

les fils inducteurs et les fils induits. La réunion des deux fils inducteurs s*opëre de la manière la plus simple; les deux machines étant placées côte à côte Tune auprès de l'autre, on fait communiquer ensemble par un fil de cuivre les deux boutons voisins, après quoi les deux boutons extrêmes sont reliés comme précédemment l'un à la pile, l'autre à l'interrupteur. Chaque appareil conserve son commutateur, mais la fonction qu'il faut leur donner se subordonne à la manière dont il faut réunir les fils induits. Chacun de ces fils se termine par deux bouts dont l'un émane de la couche superficielle et l'autre de la couche profonde de la bobine ; ce qui fait en tout quatre bouts que pour abréger on nomme les bouts externes et les bouts internes. La condition à remplir pour obtenir des deux machines tout l'effet qu'elles peuvent donner est de réunir ensemble les deux bouts internes et de placer les commutateurs de manière à obtenir dans les deux bobines des effets concordants.

Au reste, il n'y a pas à s'y tromper. Si les commutateurs sont placés de manière à mettre les machines en opposition, les effets sont nuls ou presque nuls et alors en intervertissant le courant inducteur dans Tune quelconque d'entre elles, on rétablit l'accord qui se révèle par l'énergie des effets produits. Deux appareils de Ruhmkorff réunis comme il vient d'être dit supportent douze couples de Bunsen grand modèle et donnent l'étincelle à 0",030 ou O^OSS; l'adjonction d'un condensateur dont les armatures communiquent respectivement aux extrémités du fil induit, augmente comme on sait l'éclat des étincelles; avec le concours de deux machines et de Tinlerrupteur, les effets deviennent tels qu'on ne peut les considérer longtemps sans s'exposer à ressentir quelques heures après les atteintes d'une douloureuse ophthalmie. Il est utile, dans ce cas, de protéger les yeux par l'interposition d'un verre d'urane.

Quatre machines réunies suivant le même système don^nent l'étincelle à la distance de 0°^,07, mais alors il faut modifier la construction des deux bobines extrêmes, afin d'établir entre les deux hélices concentriques du fil inducteur et du fil induit un isolement plus parfait qu'on n'a l'habitude de le faire pour les machines actuelles.

A la suite de ces iDdications fournies par L. Foucault à différentes reprises, nous croyons devoir les compléter en quelques points sur lesquels nous n*ayons trouvé aucun renseignement qu'il ait laissé.

Après avoir construit l'interrupteur décrit précédemment sous deux formes légèrement différentes, L. Foucault adopta une disposition qui est celle qui est maintenant la plus fréquemment employée et dont la description se trouve dans la plupart des ouvrages classiques. Nous reproduisons ci-après des descriptions de l'appareil primitif que nous extrayons du Traité d'électricité de J. Gavarret^ dont l'auteur a fait exécuter les dessins sous les yeux de L. Foucault :

a U U, U' U', (âg. ilx) sont deux larges planches de bois entre lesquelles est placé le condensateur d'extra-courant. Pour former ce condensateur, on fait une pile de lames d'étain rectangulaires, en ayant soin de séparer chaque lame métallique de celle qui la précéder et de celle qui la suitpar une feuille de taffetas gommé. Les lames d'étain de rang pair

Figure 14.

font saillie sur une des petites faces de la pile, et communiquent toutes entre elles; les lames d'étain de rang impair font saillie sur la lame opposée, et communiquent aussi toutes entre elles. L'ensemble de ces lames métalliques et de ces feuilles isolantes constitue un condensateur dont une armure est représentée par les lames de rang pair, et la seconde armure par les lames de rang impair. Ce système est logé entre les planches de bois U U, U'U'. Aux extrémités de la planche supérieure UU se trouvent deux colonnettes de bois G, H, traversées par des flls métalliques destinés à faire communiquer les armures du condensateur avec deux points du circuit inducteur. A cet effet, l'un de ces flls communique avec les lames métalliques de rang pair, et l'autre avec les lames de rang impair.

Les diverses pièces de l'interrupteur sont fixées à une planchette de bois I placée sur le condensateur. L est une forte lame de cuivre rouge horizontale et solidement fixée à un support de bois X, qui lui-même fait corps avec la planchette I. Cette lame déborde le support X et se continue par une lame de cuivre rouge R rigide, étroite et recourbée. Sur la partie de la lame L qui déborde le support X, est soudée une tra-

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