Scène XVI
Fairfax, Capell, Arthur, Mordait, Surrxt, Kingston, dieux soldat*.
Un rideau se iêve au fond de la tente. On voit Arthur enchaîné* Deux soldais sont à ses cotes, lui tenant chacun un poignard sur le sein. Derrière eux est Morgan.
Gapell.— -Ciel ! que vois-je ! (17 se laisse tomber dans ks bras de Kingston.)
Fairfaxj — Le reconnaissez-vous 1 # Oapsli^ se relevant avec indignation* — Mon fils en ton pouvoir ! Ah ! lâche, tu ne le dois pas du moins i, tes armes.
Fairfax. — Rendez-moï les vôtres, et il est à vous. C'est le seul moyen qui vous reste. Voulez-vous lui sauver la vie ?
Cap*ll.— Oui, traître, par ta mort (Il saisit impétueusement son épie pour en frapper Fairfax.)
Morgan. — Si vous faites un pas, milord, vous et vetre fils vous êtes perdus.
02 LB SléGE I>E COLCHESTER.
Arthur. — Que rien né vous" arrête, mon' pare? Vengez-vous. Je ne crains pas de mourir. Je aida votre fils. ' ' * V
Cafxll, faisant rentrer dans & fourreau son épée à demi-nue, et s' adressant à Fàirïax.— Barbare J je ne te parle point de notre ancienne amitié: il n'en reste plus entre nous, depuis la révolte criminelle. Je ne veux rien de toi. Mais que fa fait cette innocente victime!
Fairfax. — Il vient 4e me braver, il n'y a qu'un instant, avec autant de hauteur que son père. (
Capell. — Entends-le braver encore tes menaces et tes bourreaux. O mon cher Arthur ! que ne puia-je t'embrasser, lorsque je te vois sr digne de ma tendresse !
Kikostobt, à Fairfax. — Eh quoi! milord, voulezvous souiller à jamais votre renommée par le meurtre d'un enfant ? ' .
Fairfax.— Ce n'est pas moi qui l'immole, c'est son cruel père. Il ne doit s'en prendre qu'à sa farouche opiniâtreté. Qu'il me rende une place qu'il ne peut défendre, et je lui rends son fils; sinon, il faut qu'il meure pour la terreur de ces esclaves pusillanimes qui voudraient anéantir la liberté, quand elle rétablit son empire. ^
Capell, <Fun ton pathétique à Arthub^— Mon fils, Pieu, ton prince, et l'honneur !
Surret,,<£ part. — Je ne laisserai point achever cet horrible sacrifice, quand il devrait m'en coûter la vie.
(Il sort)
UE fltéOE ©E CéLCHE&TÉfc, M
Sèhtà XVÎI.
Faixfàx, Capell, Ahthur, Morgan, Kingstou, /» ckua; soldats.
Cafell.— Arthur, mon cher ^rthur! que dirai-je à ta mère désolée 1
Kingston.-— Ah! milord, le laisserez- vous ainsi massacrer ?
Capell. — Que faites-vous, Kingston 1 Voulez-vous ^ébranler ma constance, quand U faudrait la soutenir 1 .C'est bien assez- d'avoir à combattre la nature.
Fajkfax. — Vous n'avez plus qu'un instant, lord Capell.
Cajpell.*— Pourquoi prolonger mon supplice ? Laissemoi sortir. ' Je ne voudrais pas expirer sous tes yeux.
Morgan. — Arthur, n'avez-vous rien à dire à votre pèreî
Aâthub, avec fermeté.— -Rien. Il sait tout ce qui «e passe dans mon cœur. '
Capsil.— Adieu, mon fils. Encore -une fois, Dieu, ton prince et l'honneur ! Je ne te survis un moment que «jour te venger. (iZ se détourne, et se dispose à sortir.)
Faixfax, à part. — Inflexible vertu, que je suis forcé t'admirer malgré moi-même! (Haut.) Mais que vois-je?
SCKNE XVIII.
Faibfax, OajbSli, Enaioirn, AnTïrea, Morgan,
KnrveTosy Scrbkt, les deux soldatè.
Edrcoîcd, accourant avec la plus grande précipi* lotion, et jetant les bras autour du jeune Capxmw*-
§4 LE SIEGE DE COLCHBStBIU
Arthur, 6 mon ami ! non, vous ne mourrez point sens moi.
Faihïax. — Que faites-vous, mon fils ?
Edmond. — Ne me donnez plus un nom que je déteste, Assouvissez votre barbarie. Vous avez une victime de plus.
Fautas. — Insolent, qui vous a conduit ici î
Surrbt.— Moi, milord. J'ai forcé sa prison et je m'en glorifie.
Edmokb, à Faiufax. — Vous êtes le seul qui ne connaissiez pas la pitié. (Aux soldats.) Ce n'est pas la vôtre dont j'ai besoin. Hâtez-vous de frapper. De quoi tremblez-vous 1
Arthur, cherchant à se dégager de tes ftrcw.— Laissez-moi, cher Edmond. Pourquoi me rendre la mort plus douloureuse î
Edmond.— Je ne Vous quitte point Je ne veux pas survivre à mon ami, quand J'ai perdu celui qui dut être mon père. , '
Capill„— Tu veux m*arracher mon fils : le tien te renonce. Je suis vengé;
Edmoicd, à Arthur. — Laissez-moi vous serrer pras étroitement encore, mon cher Arthur. Je veux mourir du même coup que vous.
Cavkll. — Tu les vois, Fair&x. Il ne te reste plus qu'à frapper toi-même.
Fairfax.— C'en est iait, Capell, je suis vaincu. Edmond, ôtez les fers à. votre ami, et rendez-le à son père. Mes mains ne sont pas dignes de toucher ce jeune héros. (Morgan et les deux soldais se retirent»)