‹ Recueil dramatique;Chapitre 55 sur 106 · Scène IX · texte numérisé non relu

Scène IX

WlNDHAM, LADY SOPHIE, ELISABETH, LuKE, PeM- BEL, T ALGOL. ,

Làdt Sophie, bas 'à Elisabeth, avec un air consterné* — Quel est donc le dessein de ma mère ? t

Elisabeth.— Je n'ose le pressentir. (Elle* se jettent dans les bras Pune de Poutre,)

Lubie. — Milord, ignorez-vous tes peines prononcées par le parlement, contre ceux qui refuseraient de remettre Stuart en sa puissance 1

Wikdham.— Jgnorez-vous rinfamie attachée à .ceux qui violent les droits de l'hospitalité 1

Lukx. — Vous êtes rebelle à la loi de la nation.

WiHintAM.— Je n'en connais point qui puisse me faire oublier celles de l'honneur,

Luke\— Gomment l'honneur peut-il vous engagei envers un proscrit, déclaré l'ennemi de la patrie 1

Wiitdhaji.— L'ennemi de la patrie est à mes yeux celui qui en renverse le gouvernement, et qui rarit au peuple son roi légitime. Quand une erreur de mon esprit m'aurait entraîné dans les principes abominables dont vous faites profession, si Charles était venu me demander un asile, j'aurais cru devoir respecter son malheur. Jugez maintenant si je suis capable de le trahir, moi qui le regarde toujours comme mon souverain, et sa personne comme sacrée. La violence peut l'arracher de mes braa; mais l'aspect d'un écha&ud dressé pour mon supplice, n'eût jamais pu me porter à le trahir lâchement

Luki. — Vous reconnaissez donc quo Stuart «et l'un des deux hommes que l'on va nous amener 1

WnrnBAX. — Lorsqu'ils seront en votre présence, vous le saurez de leur propre bouche, s'ils daignent vous l'apprendre.

Luks. — Il faudra bien qu'ils le confessent, ou ce fer me fera* raison de leur refus.

Wikdbax.— "Qu'osez-vous dire 7 N'attendez pas que je vous laisse impunément exercer votre rage. Ce château est, depuis trois cents ans, la demeure de l'honneur ; vous ne le .souillerez point par un meurtre exécrable. Craignez de me pousser au désespoir. Vous voyez un soldat moins' vieilli par l'âge que par les fatigues de la guerre, et qui, pour vons punir, peut retrouver un moment les forces de sa première jeu-

ScÈjra X.

LADT MaBIS, WlFUBAK, 1ADT SoMIl, ÉlISABXTB,

Luxe, Pbm ait, Talgol*

Lukx, à ladt Mabii qui 8 y avance. — Où sont mes prisonniers 7

Ladt Mabii. — Us me suivent Avant de les remettre en vos mains, j'ai voulu d'abord vous déclarer combien je déteste l'action que vous me forcez de commettre. Je sens qu'elle outrage l'humanité. Le Ciel voit le fond de mon cœur. C'est à vous qu'il demandera compte du sang que jfexpose à votre furie. (En leur tendant des mains suppliantes.) Mais si vous êtes encore sensibles à la voix db la nature, ne rejetez pas mes tendres

supplications en faveur de ces infortunés. Je leur ai promis que vous respecteriez leur misère.

Luke,— C'est trop long-temps écouter de vaines lamentations. Où sont-ils î

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