‹ Recueil dramatique;Chapitre 56 sur 106 · Scène XL · texte numérisé non relu

Scène XL

Lâdt Marie, Windham:, ladt Sophie, Elisabeth Luke, Talgol, Pembel, Henri, Popi.

Henri, s'avance fièrement, enveloppé, ornai que Pope, d'un grand manteau, — Je n'attendrai pas que vous veniez me chercher.

Ladt Sophts, reconnaissant la voip de Henri. — Ciel ! qu'entends»je î (d'une voix étouffée.) Mon fils ! (Elle tombe évanouie dans les bras cf Elisabeth, qui la conduit vers un fauteuil.)

Windh am, s* empressant de lui donner dot secourt ; bas à ÉLisABETH.--Gardez-vou8 de - nous trahir : (Luke, Pbmbêl et Talgol considèrent un moment Henri avec un air de surprise et tPirrésolution.)

Luke, tf avançant enfin vers lui. — Qui êtes-vous î

Henri, avec fierté. — Avez-vous eu l'audace de croire que je m'abaisserais jusqu'à vous répondre ?

Luke, insolemment. — Qui êtes-vous, vous dis-je ?

Henri. — De quel droit osez-vous m'interroger 1

Luke. — Au nom du parlement, dont je vous apporte les ordres.

Henri.— Moi ! reconnaître un parlement dominé par un rebelle ?

Luke. — Cromwcll saura bien vous y contraindre. H

n'est qu'à dix milles d'ici. (Test en sa présence qu'il voua fendra parier.

Hxvri. — Vous n'aurez donc plus qu'un mot de ma bouche. Conduisez-moi devant lui.

Pembel. — Hâtons-nous avant que les paysans ne se rassemblent, et ne viennent peut-être nous disputer notre capture. /

Luki. — Marchons. (H fait un mouvement pour entonner Haïrai.)

Hsvmr, lui en imposant d'un signe tFautùrité.-'-Un instant (à Wiir dham.) Milord, j'espérais rendre mes jour» utiles à la patrie. Si ma mort peut lui épargner un sang précieux, je m'y dévoue sans regret, et même avec joie. Recevez, et vous aussi, milady, ma profonde reconnaissance pour les sentimens que vous m'avez témoignés, et surtout pour la haute opinion que vous avez eue de mon courage. (Wiitdham et lady Maris s'efforcent d'étouffer leur douleur,.1î'Rxni cherche des yeux sa mère, et la voit évanouie. Il se précipite sur sa main, qu'il couvre de baisers.) . Dans quel état affreux la jette un intérêt trop tendre! Faut-il que je sois contraint de l'abandonner dans une si déplorable situation ? Milord, milady, et vous, Elisabeth, au nom du ciel, je vous en conjure, prodiguez-lui tous les soins de votre tendresse. Parlez-lui souvent de moi. Peignezlui l'effort que je fais sur moi-même pour me séparer d'elle. Je n'oserais répondre de ma résolution, si je voyais un moment ses larmes, si j'entendais sa voix gémissante. (R se relève, presse tendrement la main d Elisabeth, pousse un profond soupir, en jetant

pour la dernière fois Us yeux sur sa mire ,« et tout-â* coup enfonçant son chapeau sur ses yeux, et s'envekf pont Je visage de son manteau, de peur d? être recorm par les paysans, en traversant le village,, il s* éloigne à grands pas, et fait signe aux soldats de le suivre,)

Lukb, Paccompagnant, tépée nue sur V épaule, crie aux soldats .• — Allons, amis.. v

Pembsl, à Popb qui s y enveloppe de son manteau.*— Marchez, Cromwell va bien savoir aussi qui vous êtes-

Pope»— Se né craindrai' pas de Vous le dire tout haut à vous-même : un serviteur fidèle du roi, qui se lait gloire de mourir peur IuL (Les soldats- les entraînent, €t sortent avec des cris confus.}

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Ladt Marie, Windham, ladt Sophie, Elisabeth..

Wijtdham-i — Je puis donc enfin me livrer en liberté à ma douleur. .0 ma mère, quel sacrifice !

Ladt Marié. — C'est pour moi qu'il, est le plus douloureux, moi, que le sort a forcée de préparer et de conduire les victimes..

"Windham, se penchant vers lad» Sophib.i— Chère épouse! hélas! dois-je désirer de lavoir sortir de ce paisible évanouissement. Ah î s'il pouvait se changer en un long et profond sommeil l Le cœur déchiré de mes propres blessures, comment pourrai-je soutenir encore son désespoir %

Ladt Sophie, reprenant peu-àspeu ses esprits, d'une voix affaiblie ; — Mon fils !

WirtDHUÉ^-C'eft en V» qoe vous l'appelez, ce fils si cher! C'est lorsque «se montre le plus digne de notre amour, que nous sommes condamnés à le perdre.

Ladt Sophie, se ranimant, eVune voix plus forte.— Mon fils ! (Elle promené de tous côtés ses regards.) Où est-il ? ( Elle se Une avec précipitation.) Qu'ave*voua fait de mon fils? (Wikdham abattu ne peut encore répondre.)

Ladt Mini, avec un effort violent sur cUe-mème. — Un héros, l'honneur de notre nom, le sauveur de son roi, le gage du salut de sa patrie !

Ladt Sophie, avec Vouent du <#awpo*>.— Barbares ! vous avez pu l'immoler ! *

Windhax. — Voulieweus me voir me déshonorer par une lâche trahison, et livrer aux bourreaux une tête sacrée? Réduite à choisir d'un époux vivant pour l'infamie, ou d'un fils mourant pour la gloire, parlez, quel choix auriez-vous fait t

Ladt 8o*Hir,.— Que puis-je vous répondre ? Mais mon fils!

WiHDHAJf . — Il était aussi le mien. Je le voyais seul échappé des ruines d'une nombreuse famille, pour en relever la gloire. Il annonçait dès sa première jeunesse, les espérances les plus flatteuses. Il les a toutes surpassées en un moment Avec tant de droits à mon amour, croyez-vous que la nature me laisse gémir moins vivement que vous sur sa perte ? Prenez donc aussi pitié de mes souffrances. Vous me croyez insensible, parce que je veux adoucir votre douleur. Que vous dirairje ? Ce n'est pas une âme, comme la vôtre que

l'on ternie par de vîmes consolations. Mai* il -en est que l'on peut vous offrir. Voyez Totre file, déjà plen de vertus à la fleur de son âge, «quérir an renom immortel en «avant son prince etvon pays. Occupez on 'moment votre tendresse de ces nobles pensées. Quand il faudra, le regretter, je vous offre une grande espérance que la fesoefté de Cronrweil ne rendra pas ▼aine; c'est d'être enveloppés tous à la Ibis dans la même proscription.

Lut 6oruli.— Je l'embrasse avec ardeur, cette espérance horrible. Que ferais-je de la vie, s'il me Mait survivre i mon fils? (Plus vivement,) Mais où est-il 1 je veux le voir. Ramenez-le-moi, que je reçoive au moins ses derniers embrassemens.

Wiitdpax.— Il vient de s'arracher de ,vos bras, fi craignait l'excès de votre tendresse.

Last Bofhis.— Il ne l'a point connue, s'il n'a vu que mon évanouissement. La frayeur d'une femme à l'aspect de farouches soldats pouvait le causer. C'est du désespoir de sa mère qu'il me fallait le rendre témoin. A-t-il vu ruisseler mes larmes brûlantes ? A-t-U senti mon cœur palpiter contre le sien, dans mes étreintes maternelles T Vous voulez qu'il expire sans savoir à quel excès il m'est cher! Non, cruels, laissez-moi le suivre ; j'irai, je traverserai la fouie de ses satellites et de ses bourreaux; je veux l'embrasser mille fois; je veux m'étouflêr contre son sein, et mourir de douleur devant lui (Elk i élance d'un pas égaré, Wurmux la retient. Elle ne peut que tendre et agiter set bras, en décriant d'une vous doubureuee.) Mon fils ! mon

fis! (Chablis accompagné de Béret, rentre en a moment, Us* arrête dans une muette surprise* Wihbn r.Ait r aperçoit, et t'avance vers lui* Ladt Sophib jefforte de calmer ses mouvement en présence du rot/ et pour éviter sa vue, elle se détourne sur le sein (f Elisabeth.)

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