SCÈNE n
WlNDHAM, JACQUES.
Jacques, fe regardant d'un aùr attendri, et n'osant rinterrwnpre. — Devais-je m'attendra à le trouver dans cette désolation 1 Quel prix il reçoit de ses vertus! (H s'approche, et rappelle en tremblant.) Milord !
Wiitdhah, sortant tout-à-coup de sa rêverie, le reconnaît et â!une voix empressée* — Ah ! mon ami, que venez-vous m f annoncer ? A-t-on un vaisseau pour le roi ?
Jacques. — Oui, milord. Le colonel Lane, à mon départ, en tenait un tout prêt à mettre à la voile au premier instant de son arrivée.
Windham, avec un rayon de joie qui perce à travers tes larmes.— Grâce au ciel, je sens du moins une partie de mes peines adoucies.
Jacques.— Je ne sais s'il faut -encore vous livrer à la joie.
Wiitdhax. — Que dites-vous 1
Jacques.— En revenant ici, je n'ai trouvé qu'à .trois milles du port la voiture de milady. . . .
Wikdham.— Eh t>ien î
Jacques. — Mais en m'avançant sur la route, j'ai vu des soldats courant de tous côtés avec de nouveaux ordres de Cromwell.
WuroHAK. — H est donc déjà détrompé sur sa victime. O Dieu ! s'ils allaient atteindre le roi !
Jacques. — Je crains qu'ils n'aient poursuivi leur route vers le bord de la mer, et peut-être vers Shoteham.
CHAULES, SECOND. 203
Whcdhax. — Ainsi, me voilà replongé dans de plus cruelles alarmes !
Jac<ujbb. — Milady m'a chargé de vous prévenir qu'elle vous dépêcherait Thomas, où qu'elle viendrait elle-même, aussitôt que le roi serait embarqué.
Wihdhax.— Qu'ils viennent donc me tirer de cette affreuse incertitude ! Allez, laissez-moi, je vous prie, si vous n'avez rien de plus à m'apprendré.
Xa.cq.uesv — Pardonnez, milord ; mais je ne puis vous abandonner ainsi à vous-même. Je n'ai que trop de regrets de m'être éloigné de vous. Je ne vous aurais pas laissé sacrifier mon jeune maître. J'aurais rempli sa place ; trop heureux de vous conserver un fils digne de tant d'amour. Je m'en revenais si content d'avoir rempli mon message ! L'espoir de vous trouver satisfait des bonnes nouvelles que je vous rapportais, me rendait ai joyeux! Ah! milord, que suis-je devenu quand j'ai appris ce qui s'était passé en mon absence ? Et maintenant que je vous vois souffrir, vous qui me traitiez avec tant de douceur et de bonté, je ne sais comment je puis résister à ma douleur.
Wiïtbham. — Par pitié, mon ami, n'aggravez point les maux que j'endure.
Jacoijxs, lui baisant la main, — Mon maître* mon digne maître !
WiirnHAir. — Je vous remercie de votre attachement; mais ce témoignage que j'en reçois, ne sert qu'à m'affliger davantage. Pourquoi me parler de moi-même 1 J'ai besoin de n'être occupé tout entier que de mon fils. (Jacqjjss tort, en levant les bras vers le ciel, et en regardant Wixdhàx avec tristesse,)