‹ Recueil dramatique;Chapitre 66 sur 106 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Gerct, Germain.

Germain.— Dans quel état le voilà ! Quel sommeil agité! Ah! mon jeune maître! Vous qui donniez de si belles espérances ! Tous les officiers sont depuis une heure sur la place d'armes. Jamais il ne sera prêt pour l'exercice. Quand il devrait se fâcher encore, il faut que je l'éveille. (Il le tire doucement par h bras*) Monsieur Gercy ! monsieur Gercy^

Gebcy, dormant toujours. — Sept et le va*.

Germa îw. — Il croit être encore à son maudit pharaon. Monsieur Gercy ! mon cher maître !

€teBCY.r~Paroli.

Germair, le secouant de nouveau.~-C&X bien, de paroH qu'il s'agit ! . C'est de l'exercice. Voulez-vous le manquer ? r

Gebct, à demi réveilU»-r- Laisse-moi donc tranquille, l'aurai tout le temps.

Gerhair. — Non, vous- ne* l'aurez pas. Voilà là manœuvre commencée. Bntendez-vous le tambour ?

Gèrct, se relevant tout-àrcoup en se frottant les yeux, et regardait le jour avec étonnement. — Quelle heure est-il donc 1 .

Gbrmair. — Onze heures.

Gerct. — Onze heures ? Àh ! malheureux, pourquoi r ne m'avoir pas réveillé plutôt î

GERKA$NVr^Bon ! je. vous ai crié vingt fois aux oreil-lès. Vous ne m'avez répondu que par des injures. Je ne vous ai jamais vu si violent que lorsque vous dormez. .

Gerct. — Il faUaifrine réveiller malgré moi.

Germain. — Oui, de l'humeur dont vous étiez ; vous . V auriez passé votre épjée au travers du corps.

Gerct. — Que va dire. M^ Verneuil ? Après tout^ ce n'est que le premier exercice, où je manque.

Germain. — n y a bien de quoi se vanter de cette exactitude, depuis un mois que vous êtes au service ! En manquer un, c'est beaucoup.. M r . votre père n'en manquait pas deux en six mois. Combien de fois il lui est arrivé de traîner sa fièvre sous les armes ! C'était^ un homine, lui ! toujours le premier à soa.devoir..

Gerct.— Eh bien ! vas-tu me gronder 1 * Germain. — Je voudrais en avoir le droit Je n'ai par malheur que des représentations à vous faire. Oh! je ne vous les épargnerai pas. Vous en ferez ee que vous voudrez ; mais tant que je serai à votre service, il ne sera pas dit que vous vous soyez perdu faute d'un avis raisonnable.

Gehct. — Je vous prie, monsieur Germain, une fois pour toutes, de ne plus trancher* avec moi du précepteur. Vous devriez savoir que vous ne Têtes pas.

Germain. — Ah! si je l'étais, je ne vous aurais pas laissé passer une nuit dehors. Et où Favez-vous passée 1 Si c'était au bivouac, je n'en dirais mot Gomme vous voilà fait* ! Vous ne seriez pas revenu si pâle de la tranchée.

Gerct, avec humeur* — Te tairas-tu t

Germai*. — Je n'ai plus qu'un mot L'exercice est fini, et vous n'y étiez pas.

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