Scène VIL Veesac, Gerct
ViasAC. — EH mais, Gercy ! comme vous voilà tranquille ! H sied* fort mal de se faire attendre. Vous ne songez pas que nos camarades s'impatientent! Allons, venez, •suivez-moi.
Gbect.— Non, Terme ; j'ai changé de dessein. Je ne veux pas sortir.
v Vebsac — Comment donc ! ne m'en^vez-vous pas donné votre parole ?
Gxbct. — Il est vrai. Mais vos importantes me l'ont arrachée dans un moment de faiblesse. J'ai fait mes réflexions dans l'intervalle. Je reste chez» moi
Vkesac. — Vous n'y pensez donc pas, Gercy 1 Je vous promets que vous aurelxlu plaisir..
Gsbct. — Et si j'en trouve ici davantage 1
Veb8ac, d'un air sérieux. — Écoutez donc~- Ge n'est pas de votre plaisir seulement qu'il s'agit
Gibct.— Que voulez-vous dire ?
Vbrsac— Je croyais n'avoir pas besoin- de voua* Ifexpliquer.
Gebct. — Mais qu'est-ce donc, enfin ?
Tzbsac. — Vous savez bien que vous nous avez gagné cette nuit C'est moi qui ai le plus souffert dans lâ> perte commune: et vous ne devez pas ignorer qu'un homme d'honneur n'a jamais refusé la revanche.
Gxbct. — Ah! j'entends maintenant C'était donc au jeu que vous vouliez m'entraîner, sous prétexte de me procurer de l'amusement !
V ibsac— C'était une tournure honnête que j'employais.
Gebct. — Je suis fitché qu'elle vous devienne inutile.
Vibsac* — Elle ne le sera pas, je vous en réponds. Je m'en rapporte à vous-même. Vous connaissez assez les lob de l'honneur,
GxBCT^-Je ne vois pas en quoi l'honneur est inté-
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fessé' dans cette aflaire. Est-ce moi qui vous ai sollicités, cette nuit, à jouer î JPTesfc-cepes vous au contraire oui m'y ares en quelque sorte forcé, malgré ma répugnance 1
Versac— Qu'importe î tous avez joué, vous àvex notre argent ; il- faut nous donner le moyen de nous acquitter.
Gkrcy.— Et si je vous gagnais encore, il me faudrait donc jouer toute ma vie ?
Versac— Je ne dis pas cela. Mais nous, si nous vous avions gagné, nous ne vous aurions pas refusé t l'occasion de réparer votre perte.
Gsrct, avec fierté. — Je ne l'aurais pas demandée.
Versac. — Chacun a sa manière de penser. . Il nous la faut, à nous.
Gercy. — Non, non, je sais un moyen plus court J'ai eu vingt louis de profit. Comme je ne me suis pas mis au jeu pour les gagner, je n'ai pas de regret- à m'en défaire : les voici. Je consens volontiers à regarder notre partie comme un badinage. Que chacun de ceux qui ont perdu, reprenne le sien.
Versac. — Vous ne sentez pas que vous nous insultes par cette proposition 7
Gerct.— -Ce n'est sûrement pas mon dessein. Mais enfin, que feut-il faire 1
Versac. — Je vous l'ai dit: nous donner notre revanche. Quand vous nous offrez notre argent d'une autre manière, vous devez bien savoir que nous ne le prendrons pas. Voulez-vous nous laisser croire que Vous ne songiez qu'a profiter de notre malheur 1 81*
Gircy. — C'en est assez. Je cours vous satisfaire. Mais je dois vous en prévenir. Je n'emporte que les vingt louis que je vous ai gagnés : ne vous attende» pas que je hasarde un écu du mien.
Vxrsac. — Nous n'en demandons pas davantage.
Gkrct.— Allons. C'est moi qui vous presse mainte nant de me suivre. Je fais des voeux pour que la for tune vous ait bientôt favorisés.