Scène X
M™ e de Detmoxd, le Page.
Le Page, &-yantson inquiétude. — Mon oncle est toujours de mauvaise humeur. Mais laissez-le dire, maman, et ne craignez rien.
M 1 ? 6 de Detmond. — Tais-toi, mon enfant. Tu ne sais pas. ...
Le PjLGE.^Oh ! j'en sais plus que lui. Il s'en faut* que le prince soit comme il le dit. Il ne fait de mal à personne. Au contraire, voyez, voyez l (Il lui montre 20*
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les douze huis qu'il a dans la main.) Tout cela. . . Eh bien ! c'est lui qui me Fa donné.
M? di Detmovd, «wrprwc.— Est-il possible? Le prince 1
Li Page.— Il Ta tiré d'une grande, grande bonne remplie d'or, un instant avant que vous Tinssiez. Ah ! ai le prince voulait, maman, s'il voulait ! .... Oh ! il est riche, lui !
M 1 ? 8 de Detmokd. — Mais pourquoi? Je n'y comprends rien. Il faut pourtant qu'il ait eu un motif.
Le Pagb. — Certainement 8a montre s'était arrêtée. H a chassé hier toute la journée, il avait oublié de la monter, et ce matin. ...(// court au cabinet, et en ouvre là porte.) Tenez, c'est là qu'il était couché. Il m'appelle, me dit de regarder à ma montre-: et comme je n'en avais pas. '
M?" de Detmoxd. — Il t'a donné cet argent ?
Le Pag». — Oui, il me l'a donné pour en acheter une. (1/ lui montre l'argent de nouveau.) Douze louis, ma chère maman !
, M™* de Detmosd. — Regarde-moi. Dois- je te croire ?
Le Page. — Assurément ! mais je^e suis pas pressé d'avoir une montre. Il s'en trouvera toujours une pour moi. (// prend la main de sa mère.) Prenez cet argent, maman ! mettez-le dans votre bourse.
M"" de Detmobtd, émue. — Comment, v mon fila, comment ? . . . .
Le Page.— Je souffre tant devons voir toujours dans les larmes ! Ah ! ma mère, je voudrais avoir bien de
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lofent, et Tout ne, pleureriez plus. Tout, oui, tout ce que j'aurais, je vous le donnerais de bon cœur.
M? de Detmond, se baissant sur lui, — Quoi ! tu voudrais, mon fils ?.. ; .
Le Page.— Que j'aurais de plaisir à vous voir heureuse et contente !
M™ e de Detmond, Vembrassant, — Je le suis, mon ami* . Je ne donnerais pas le bonheur que je goûte en ce momenl pour tout l'or de ton prince. (Elle Vem-, brasse une- seconde fois.) Ah ! tu ne sens pas l'impression que fait la tendresse compatissante d'un fils sur le cœur d'une mère infortunée !
Le Page reprend la main de sa mère, — Vous prendrez cet argent au moins 1 Je vous en prie, ma chère maman, ne me refusez pas.
M*" de Detmond.— Oui, mon ami, je le prends.
Comme on pourrait te tromper, c'est moi qui me charge. . » .
I^s Page. — De quoi! de m'avoir une montre ?
M™ e de Detmond. — Si tu restes avec le Prince, il t'en faute une.
Le Page. — Eh! non, non. Le Prince a des montres partout, et il m'a dit lui-même que je n'en avais pas besoin.
M 1 ™ de Detmond. — Cependant, ee qu'il t'a donné, c'est pour en avoir une 1
Le Page. — N'importe : il me l'a dit.
M?* de Detmond. — Tu me trompes, mon enfant ; et tu ne devrais pas faire un mensonge, même par amour pour ta mère.
Le Page.— On mensonge î Vous ne me croyez donc pas] Eh bien! je voudrais que le prince fiât présent Je voudrais qu'il vînt (1/ se retourne,) Ah ! le voici lui-même.