VACHÈRES
P. 37, n° 34. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, Provence historique, IV, 1954, p. 65-6.
Le pilier, utilisé comme support de bénitier ou de chaire, n’est pas antique. Il appartient à la fin du xx ou au début du x1v® siècle.
P. 38, n° 35. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, L’art primitif méditerranéen, pl. LXIII. — J.-J. Harr, Esquisse d’une histoire de la sculpture dans la Gaule romaine..., dans Revue des Études anciennes, LIX, 1957, p. 79-85. La fibule date le monument du règne d’Auguste.
LA GAYOLLE.
P. 40, n° 40 — 7636. Ajouter à la bibliographie : H. STERN, Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1956, p. 250-256. — Du MÊME, Gallia, XV, I, 1957, p. 73-85-
On doit à M. H. Stern des précisions nouvelles sur le sarcophage vu et acquis par Peiresc en 1628 et détruit environ 1787. M. H. Stern a retrouvé dans un dossier des papiers de Peiresc, conservés au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale, une dizaine de dessins, vraisemblablement l’œuvre d’un professionnel, permettant de reprendre la description des sujets décorant le sarcophage disparu.
Dans la Revue archéologique (1959, I, p. 124-128), M. Charles Picard a repris l’examen de ces figurations, empruntées à la tragédie (Eschyle), qui représentent la vengeance d’Oreste et d’Électre, le massacre de Clytemnestre et d’Égisthe, illustrant la face antérieure de la cuve. Les conjurés, placés en arrière, à gauche, ont disparu dans la brisure. Tout à gauche, un pan de draperie appartient à l’un d’eux (Pylade). De l’autre côté sont groupés les spectateurs.
Sur le petit côté droit, on ne peut reconnaître un prologue, mais le développement de l’action : Oreste, Électre et Pylade se retrouvent pour se concerter après le massacre des coupables. On voit « deux hommes à chlamyde, Électre assise au pied du cippe funéraire d’Agamemnon, sommé non de l’urne funéraire, mais d’une plémochoé, vase éleusinien familier des nécropoles. Électre tient l’æœnochoé qui a servi aux libations pour l’Atride vengé, auquel on vient d'offrir le sacrifice expiatoire ».
Sur la face arrière, il ne s’agit pas, comme le proposait M. E. Stern, de l’épisode, au moins étrange sur un sarcophage de « fêtards rentrant d’un banquet nocturne ». La présence des Sabazios, personnages barbus, aux lieu et place des Caryatides féminines, à l’arrière du sarcophage, associés aux scènes où apparaissent des Bacchoi enfants, servants du Dionysos Pais, célébrant l’« orgie » symbolique des mystères hellénistiques, interdit cette interprétation, au moins étrangère aux sujets figurés sur la cuve.
Le décor en losanges couchés appartient à l’ornementation de la kliné, dont les fulcra portent des têtes de dauphins. Les gisants devaient constituer un couple d’époux, l’un tenant un volumen.
MARSEILLE
P. 48, n° 49. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, L'art primitif méditerranéen, pl. I.
P. 58, n° 61. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, Sculptures d’art provincial du Bas-Empire à Marseille, dans Provence historique, I, 1950, p. 19, fig. 25. — Du MÊME, Sarcophages paléo-chrétiens d’Arles et de Marseille, 1954, p. 29. — Du MÊME, La légende de Médée à Arles et Marseille dans Revue archéologique, 1959, 2, p. 139-141.
P. 63, n° 70. Ajouter à la bibliographie : W. FRŒHNER, Musée de Marseille. Catalogue des antiquités grecques et romaines, 176.
L’urne a été trouvée en 1804, à Pascon, près de La Galinière, commune de Rousset, et a fait partie de l’ancienne collection du château Borély. Voir : Catalogue des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, etc., qui se trouvent au château de Bonneveine (Borély) près Marseille, ms. vers 1820, à la Bibliothèque du Musée d’Archéologie.
Renseignement communiqué par M. F. Benoit.
P. 66, n° 74. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, Sculptures d’art provincial, p. 18.
P. 67, n° 77. Ajouter à la bibliographie : Ibid., p. 18.
P. 70, n° 82. Ajouter à la bibliographie : Ibid., p. 18-19.
P. 83, n° 105. Ajouter à la bibliographie : F. BENOIT, L’art primitif méditerranéen, pl. XVII, 2.
P. 89, n° 111. Ajouter à la bibliographie : François CHAMOUX, Les Antiques de Saint-Remy-de-Provence, dans Phoibos, VI- VII, 1951-1953, p. 98-102. Du MÊME, Observations sur l’arc de triomphe de Glanum (Saint-Remy-de-Provence), dans Études d’archéologie classique, 1, 1955-1956 (Annales de l'Est, Mém. n° 19, p. 55-63, pl. XVI-XX).
La restauration proposée pour l’arc s’inspire de celui des
Gauii, à Vérone, qui s’en rapproche le plus par la disposition architecturale de la façade : une arche unique encadrée de deux pylones ornés de colonnes corinthiennes, rendant vraisemblable, à Saint-Remy, la présence d’un fronton au-dessus de la porte. Architecture et décoration suggèrent une date augustéenne, aux environs de l’ère chrétienne. Une précieuse indication est apportée par la présence, sur la face interne de l’archivolte, de rinceaux symétriques évoquant les meilleures productions de l’art augustéen. Sur la face externe apparaît un motif qui se retrouve à l’arche centrale de l’arc d'Orange et qui paraît propre à ces monuments provinciaux : large guirlande de fruits et de feuillages méditerranéens. La vigoureuse exécution, autant que le réalisme de ces motifs végétaux, rappelle certaines œuvres de la toreutique, gobelets d’argent de Boscoreale et de Bernay et, plus encore, les guirlandes ornant l’intérieur de l’Ara Pacis à Rome entre 13 et 9 avant notre ère. Ce sont encore à des monuments augustéens, cuirasse de l’Auguste de Primaporta, autel des Lares du Vatican, qu’on peut comparer les Victoires placées dans les deux tympans au-dessus de l’archivolte. Les mêmes conclusions s’imposent pour les deux faces de chaque pylone : la captive assise sur un tas d’armes, la tête dans ses mains, est figurée comme sur le camée de Vienne, dit Gemma augustea, et les groupes de prisonniers enchaînés au pied d’un trophée reparaissent aux arcs de Carpentras et d'Orange. Malgré l’absence de l'inscription dédicatoire, l’are de Saint-Remy, comme la plupart des monuments analogues de Narbonnaïise, commémorait vraisemblablement un épisode définitif de la soumission de la Gaule par les armées romaines. Quant aux captifs gaulois, ils sont inspirés du motif pergaménien du Galate, les Gauloises captives des « Pleureuses » des stèles funéraires attiques du ve siècle avant notre ère ou des statues tombales hellénistiques. L'intérêt de ces édifices narbonnais est de faire connaître l’existence de sculpteurs utilisant le procédé de la sculpture cernée.
Ainsi dans l’interprétation de ces décors, ce serait une erreur de souligner trop fortement une inspiration naturaliste et provençale. Les motifs purement décoratifs, guirlandes et rinceaux, peuvent être aisément replacés dans la tradition hellénistique. Il en est de même de la frise à reliefs très plats, représentant des objets de culte, qui ne relève pas d’influences locales et dont l’origine est à rechercher à Rome. Thème hellénistique encore que les Victoires des écoinçons, et quant aux hauts-reliefs représentant des captifs au pied d’un trophée, ce n’est déjà qu’un thème banal, déjà traditionnel, qui ne peut intervenir dans une interprétation locale du monument.
P. 92, n° 1114. Ajouter à la bibliographie : Ibid., p. 102-111.
Le mausolée des Julii, famille provinciale ayant reçu le droit de cité et adopté, à cette occasion, le nomen du prince, appartient à une série de monuments funéraires dans les provinces de l’Empire, ayant leur origine dans le mausolée d’Halicarnasse (milieu du 1v° siècle avant notre ère).
Déjà, F. CHamoux (Comptes rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1945, p. 177 sqq.) avait donné une exacte interprération des bas-reliefs, scènes de batailles ou de chasses, les premières ne pouvant être aucunement rapportées à des combats entre Romains et Gaulois, ni même à des sujets proprement historiques, les sculpteurs de Saint-Remy ayant fait appel aux thèmes de la décoration funéraire des Grecs : lutte autour du corps de Patrocle (face Est) ; Amazonomachie (face Ouest). Plus complexe est le bas-relief méridional, combinant deux sujets distincts, la chasse de Calydon et le massacre des fils de Niobé, dans la forêt du Cythéron, deux thèmes propres à
faire réfléchir sur la fragilité de la destinée humaine. C’est à la grande peinture hellénistique que le sculpteur a demandé ses modèles. Lorsque cela est nécessaire il n’a pas hésité à juxtaposer (Amazonomachie) à ces thèmes picturaux des motifs plastiques du répertoire traditionnel. De même que sur la grande frise d'Orange, il a utilisé des« cahiers de modèles». Ce serait une erreur de supposer que les sculpteurs gaulois n’étaient que de simples copistes. Celui du mausolée témoigne d’originalité, meublant au maximum le cadre de ses tableaux, multipliant les plans en profondeur, cherchant les raccourcis, soucieux de l’harmonie des lignes et de l’équilibre des masses, en possession du « sens graphique ». Ce sont les praticiens de ces ateliers méridionaux qui ont travaillé au monument de Saint- Remy et à l’arc d'Orange, et ces premiers en date de nos sculpteurs ne sont point des inconnus : ils ont signé leurs œuvres sur l’arc d'Orange.