‹ Recueil Général des Bas-Reliefs de la Gaule Romaine (volume 2)Chapitre 88 sur 184 · VIEUX, LISIEUX · texte numérisé non relu

VIEUX, LISIEUX

de l’autel, un servant, en tunique courte sur laquelle est posé un manteau tombant presque jusqu’au bas du mollet, tient dans la main gauche un objet rond, peut-être une patère. — Sous le bandeau inscrit se détachent les têtes de cinq personnages, dont les épaules seules subsistent. L’absence de tout objet ou attribut rend très difficile l’interprétation du sujet représenté ici. Il semble cependant qu’on puisse reconnaître une figure centrale plus grande que les quatre autres, la tête tournée vers la gauche et portant une tunique échancrée à la naissance de la poitrine. De part et d’autre de celui-ci, les têtes et les épaules de profil de deux jeunes hommes, dont la chevelure disposée en mèches plates encadre le visage. La tête d’un dernier personnage occupe l’extrémité droite du relief exactement au-dessous de l’officiant, la chevelure

épaisse encadrant un visage aux traits juvéniles.

Ces trois fragments appartiennent à une colonne votive du type de celles de Mayence (E., VII, 5887), de Merten (E., V, 4425), d’'Ehrang (E., VI, 5233). On rapprochera de ces tambours l’Ara Lexoviensis, connue par Peiresc (E., XIV, 8324), recueillie à la cathédrale de Lisieux et décorée des figures des quatre divinités, qui constituait le soubassement de la colonne, élevée sur le port de Noviomagus Lexoviorum.

Les rapprochements qu’on peut établir entre le choix des scènes représentées et le faire des basreliefs permettent de dater la colonne du deuxième quart du 11° siècle de notre ère, moment où la technique et le style du réalisme gallo-romain de l’époque antonine, originaire de la Gaule orientale, pénètrent jusque dans l’Ouest du pays.

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