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Ainsi, indépendamment des pilastres qui servaient d'appui à l'archivolte, la Porte Noire comptait huit colonnes sur chacune de ses grandes faces. Il n’en reste plus que six, en tout, dont trois seulement sont décorées de personnages. Les autres sont restaurées. Le pilastre du côté de la ville a des bas-reliefs répartis, sur toute sa hauteur, en six registres. On y distingue, de haut en bas, sur des culots : L. Un personnage nu courant
vers la gauche. — 2, Une femme nue, debout, de face, les jambes croisées, devant un feuillage stylisé, paraissant de la main droite tenir un serpent; à sa droite est un personnage plus petit, vêtu d’une tunique, le côté gauche de la poitrine à découvert, marchant vers la gauche; à sa gauche, d’autres restes peu reconnaissables : ceux peut-être d’un autel drapé. — 3. Un jeune homme debout, à cheveux longs, le torse et les jambes nus, les
reins ceints d'une sorte de court Jjupon, cueillant des fruits; une corbeille à sa droite est destinée à les recevoir. — #. Un homme assis, le torse nu, la jambe gauche couverte d’un manteau, tenant de la main droite une grappe de raisin; à sa droite un pied de vigne. — 5. Un personnage à cheveux longs, debout, n'ayant pour vêtement qu'un manteau couvrant le dos et les épaules, précédé d’un enfant portant sur la tête un far-
deau qu'il tient des deux mains; le personnage touche de la main gauche une grande bourse posée sur un piédestal, et tient de l’autre main peut-être une seconde bourse plus petite. — 6. Un homme debout, vêtu d’une tunique courte, levant la main droite et, de l'autre main, paraissant porter deux oiseaux. Vaissier admettait, sans aucune preuve, que farce était dédié
à « Jupiter vainqueur des Titans» et voyait dans ces
six bas-reliefs des symboles des mois. Le personnage du haut serait « Hercule chasseur» et figurerait juillet; août, au-dessous, serait représenté par «la Vierge» ; septembre, par «un éphèbe cueillant des fruits »; octobre, par «Bacchus tenant une grappe de raisin»; novembre, par «une offrande de prémices agricoles »; décembre, par +un paysan rapportant chez lui les provisions de l'hiver». « Ces interprétations, dit M. Salomon
Reinach, valent certes bien mieux que celles de Chifflet (par exemple, pour le n° 5, Romulus et Aurélien) ; mais elles laissent subsister des difficultés. Je ne pense pas que le signe de la Vierge ait jamais pu être figuré, au 1° siècle, comme on le voit sur le n° 2.» De fait, les explications de Vaissier ne sont nullement satisfaisantes. Mais je n’en trouve pas de meilleures.
La colonne la plus voisine du pilastre a aussi des‘bas-
reliefs étagés, séparés l’un de l’autre par une frise (voir p. 11). On en compte cinq où l’on reconnaît, de haut en bas, les scènes suivantes : 1. Dédale ajustant les ailes d’Icare; Dédale, vêtu d’une exomide , est assis; Icare nu, le bras droit levé, est devant lui et déjà pourvu d'ailes. D’autres personnages, qui complétaient le tableau, sont devenus complètement frustes. L'interprétation est due à Vaissier; elle lui a été suggérée par Hettner et n'est pas douteuse (voir le n° 4065). — 2. Vaissier a été
BAS-RELIEFS. — VIl.
moins heureux pour l'explication des figures de ce second registre, où 1l reconnaissait « Hercule occupé à terroriser des animaux». M. Salomon Reinach suppose que c’est bien plutôt la folie d’Ajax. Cependant les animaux ne sont pas morts : on en distingue deux, de taille inégale, dont l'un est mis en fuite et l'autre, à la gauche du registre, baisse la tête. Ajax, si c'est bien de lui qu'il s’agit, est nu, son manteau sur le bras gauche, et se di- 3. Thésée et
rige Vers la gauche, armé d'une épée.
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le Minotaure. Cette interprétation, proposée par Vaissier, est certaine, Les deux personnages sont nus; le Minotaure vient d'être abattu; Thésée, vu de dos, a son manteau sur le bras gauche et lève la main droite armée d'une massue. La scène se passe dans une chambre dont le mur du fond est décoré d’une draperie; à gauche est un arbre sous un arc supporté par deux pilastres. — 4. Des explications proposées pour le bas-relief de ce re-
gistre, la meilleure pourrait être celle de Vaissier, sui-
vant laquelle il s'agirait de l’apothéose d'Hereule. Le dieu serait nu, debout, légèrement tourné vers la droite, son manteau sur le bras gauche, entre deux arbres, devant un pelit autel. Autour de l'arbre de gauche s’enroule un serpent; un carquois et une massue sont suspendus à l'une des branches de l'autre arbre, qui n’a pas de feuilles. Vaissier croyait distinguer le dieu déposant sa dernière flèche sur l'autel. M. Salomon Reinach a fait remarquer que «cela n’est pas dans l'esprit romain ». Mais
le personnage tient sûrement une flèche dont on dislingue la pointe acérée. Hercule ne regarde pas l'autel. — 5. Andromède ou Hésione. L’héroïne, debout, de face, à demi nue, est attachée au rocher, les bras en croix. À sa droite, au pied d'un arbre, probablement un coffre dont le couvercle est levé; à sa gauche est le monstre sortant des flots. Le personnage, Persée ou Hercule, qui doit délivrer l'héroïne n’est pas figuré.
Les frises qui séparent les tableaux sont ornées d'attributs ou de figures. La plupart sont devenus frustes, Audessus de Dédale sont deux monstres marins aflrontés; au-dessous, peut-être la pioche et la corbeille dont Hercule se servit pour le nettoiement des écuries d’Augias. Audessus de Thésée, deux Tritons affrontés. Au-dessus d'Hercule, des masques. Au-dessus d’Andromède ou d'Hésione, probablement deux griffons affrontés gardant une urne.
Dans l’entre-colonnement, Marnotte reconnaissait «une | et, au-dessus, « Hercule entre Mars et Minerve», puis femme enchaînée avec ses enfants au pied d’une vasque » | «une conque marine entre deux dauphins ». La « vasque »
n’est en réalité qu'un culot de forme particulière, et m'échappent totalement. En haut, le personnage du la «femme» est sans nul doute une Victoire ailée. | milieu étant de même beaucoup plus grand que les Mais les petits personnages drapés qui l’accompagnent | deux autres, l'hypothèse de Marnotte est inadmissible.
I ne peut s'agir que d'un dieu ou d'un personnage | de la colonne la plus voisine du pilastre sont moins dé-
héroïsé placé entre deux mortels, probablement des | gradés. Ils se suivent de haut en bas, de cette manière :
soldats. 1. Hercule, Nessus et Déjanire. Le Centaure, fuyant vers Du côté opposé (en face Saint-Jean), les bas-reliefs | la droite, emporte sur son épaule gauche Déjanire, qui
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