‹ Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine (volume 5)Chapitre 20 sur 50 · LUNEVILLE · texte numérisé non relu

LUNEVILLE

4704. Fragment de groupe de provenance inconnue, difficilement régionale. «Don de M, Germain aîné a

[wien.J. Au Musée lorrain. Marbre blanc. Hauteur, o m. 6o.

Wiknkr, Catal. (1890), p. 84, n" i63.

Lutteurs. Art gréco-romain.

4705. « L'on asseure que quand on voulut fortifier Lunéville, apparemment vers l'année i58o, lorsque les

proteslans d'Allemagne vinrent au secours de ceux de France, le baron d'Haussonville, colonel de l'infanterie lorraine, qui éloit chargé de l'exécution de cet ouvrage, transfera dans la ville l'Abbaye de Saint-Remy et la Commanderie de Saint-Georges, qui en étoient proches, et qu'on trouva dans les terres où étoit située celte Commanderie une ancienne statue de pierre représentant un homme portant une espèce d'enseigne où étoit gravée la figure de la Lune; et près de là, une autre statue comme d'une femme aiant sur sa teste un grand croissant qui lui venoit tomber sur les épaules n [calm.].

Dom Cauiet, Œuvres ined., publiées par Dinago, 1, p. 96 = Bull, de la Soc.philomat. losgienne, II (1876), p. i'i-j. — Lejeune, Mcm. de la Soc. des Ant. de France, VII (18-26), p. 216.

4706. Fragment de provenance inconnue. Au Musée lorrain. Calcaire grossier. Hauteur, 0 m. 66; largeur, 0 m. 6/1; épaisseur, o m. 98.

Restes d'un homme et d'une femme drapés tenant, l'un de la main droite, l'autre de la main gauche, probablement un flacon. L'homme, placé à droite, porte, de la main gauche, des tenailles. Au-dessous, une ascia. Monument funéraire.

ih.

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Dufresne a déjà fait observer qu'il est extrêmement rare de trouver, à Toul, des objets antiques de quelque importance. 11 en voit la raison dans les bouleversements du sous-sol. ce Par un motif d'économie, dit-il, les débris des constructions primitives servirent d'auxiliaires aux nouvelles bâtisses (').■» Mais à cette raison, dont on ne saurait méconnaître la valeur, car il est certain que des pierres ont été retaillées, notamment en 1700, quand on démolit l'ancienne enceinte de la ville, peuvent s'en ajouter d'autres. Ce n'est, sans doute, qu'au iv° siècle et peut-être seulement après la destruction de Naix, que Toul est devenue la métropole des Leuques. Or, à cette époque, la misère publique était déjà grande et le nombre des monuments figurés s'en ressentait. Quoi qu'il en soit, le Musée archéologique de Toul ne possède presque pas de sculptures gallo-romaines. On n'y rencontre guère que des poteries et des monnaies.

BIBLIOGRAPHIE

Olry(E.). Répertoire archéologique de la mile, des Jaubourgs et du territoire de Toul. Toul, 1870; in-8°, 99 pages.

4707. Chapiteau découvert à Toul, en 1826, «à environ 8 mètres de profondeur, en creusant un puits, près du cloître de la Cathédrale » [beaul.]. Au Musée

lorrain, à Nancy. Selon Beaulieu, sce curieux fragment d'antiquité n aurait été « presque entièrement détruit en i83o v. Calcaire grisâtre. Hauteur, 0 m. 60.

Dessin tiré de Beaulieu. — Beauliec, Mém. des Ant. de France, IX (i83o), p. 353 (gravure); Archéol. de la Lorraine, I, p. i&5 et pi. 1, n° 6. — Difresne, Notice, p. 6 — Mém. de l'Acad. de Metz, do' année (18/18-18^9), p. 900 et 360. — Leborne, Catal. (i85i),p. 19, n° i83; 9' ëdit. (i85a), p. i3, n* 37; 3e édit. (t855),p. 7,n°3G. — Olrv, Répert., p. i4. — Wiener, Catal. (i8g5),p. 38, n' 280.

Neuf personnages, dont sept entièrement nus, sont figurés sur ce chapiteau. La plupart pourraient être des anguipèdes, reconnaissables aux têtes de serpent de leurs membres inférieurs. Des deux personnages vêtus, l'un, casqué et cuirassé, est sans doute Mars, l'autre est une femme paraissant, de la main gauche, tenir une

Ditresse, Notice, p. k.

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torche. Selon Beaulieu, il s'agirait de ïriptolème protégé par Cérès. L'hypothèse est peu vraisemblable.

4708. Autel «trouvé à Toul, dans les démolitions des anciennes murailles de la ville, avec quantité de tombeaux et d'autres figures, en 1700» [M*.]. Perdu.

Bibl. nat. , ms. fr. n° 1 5 6 3 4 (Dessins et gravures pour les monuments de la monarchie française) , f. 276 (avec le dessin ici reproduit envoyé à Montfaucon par Dom Calmet). — Adrien Blan-

chet, Renie archéol. , 1 888 , II , p. 1 1 k et pi. XXI (calque du même dessin) = Mélanges d' archéol. gallo-rom., I, p. 19 et pi. IV (d'où Journal de la Soc. d'archéol. lorraine, [ 1890], p. 89; — Salomon Reiyich, Répert. de reliefs, II, p. 307, n° 6).

Personnage barbu, debout, de face, vêtu d'une tunique courte serrée à la taille par une ceinture, et d'un manteau flottant noué sur l'épaule droite, chaussé, tenant de la main droite un petit vase sans anse, de

l'autre main, un maillet à manche long. A sa droite, un animal, peut-être un chien, qui semble flairer deux fruits ronds; à sa gauche, deux tonneaux couchés, superposés. Dieu au maillet connu sous le nom de Dispater.

4709. Stèle découverte à Toul, en 18^6, «en creusant le canal de la Marne au Rhin» [dufr.]. Au Musée de Metz. Pierre commune. Hauteur, 0 m. 3 6 ; largeur, 0 m. 25; épaisseur, 0 m. i3.

Photographie communiquée par le Musée de Metz. — Dukresse , Notice, p. 1 3 = Mém. de l'Acad. de Metz, 3o* année (1 848- 18/19), P- al a e* pl- VII.

Mercure et Rosmerta. Le dieu, coiffé du pétase, tient de la main droite une bourse; à sa droite est un bouc couché. La main gauche manque. La déesse, drapée, norte de la main droite une patère et s'appuie, de Faulre main, sur une corne d'abondance remplie de fruits.

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4710. wj'ay veû à ïoul, derrière la cathédrale, dans les tems qu'on travailloit aux fortifications de la ville, une statue de Trivio, à trois corps de Divinités différentes fort bien faites, mais mutilées et maltraitées par les ouvriers. J'en avertis M. Paris l'aîné, qui demeuroit alors dans la ville de Toul. Il envoya sur le champ chercher la statue et la fit amener dans la cour de la maison où il logeoit; mais, comme elle em-

barrassoit, on l'en ôta bientôt et on la mit en pièces»

[cAUI.].

Dom Calmet, Œuvres inéd., publiées par Dinago, 1, p. 99 = Bull, de la Soc. philom. twgienne , II (1876), p. i4o.

4711. Bloc mutilé provenant de Toul. Au Musée lorrain, à Nancy. Pierre commune. Hauteur, 0 m. 72; largeur, 1 m. £5; épaisseur, 0 m. 2 5.

CoLRNAELT, Cat(ll. ( 1 863), p. 5, 11° 19. WlENER , Catttl.

(1 8g5) , p. 38, n° 279. — Salomon Reinàch, Réperl. de reliejs, II, p. a3o, n° 5.

Archer. Le personnage, vêtu à l'asiatique, est debout, la main droite sous le menton. Il porte en bandoulière un arc et un carquois. De la main gauche disparue, ce personnage tenait une lance. Sur le bord gauche de la pierre est un pilastre (non reproduit) décoré de cannelures. Peut-être Attis.

4712. Stèle «trouvée brisée en trois fragments, dans les fondations de la maison qui touche le cloître Saint- Gengoult, sur la place du Marchés [save]. D'abord à Toul, chez M. Clairier, rue Gambetta, contre l'église Saint-Gengoult ; ensuite à Paris, chez un marchand, où

je l'ai vue en 1913. Calcaire commun. Hauteur, 1 m. 55; largeur, 0 m. 90 ; épaisseur, 0 m. 20.

Photographie communiquée par M. Salomon Reiwcii. - C. 1. L., XIII, 4673. — Save, La Lorraine artiste, 19 mars 1893, p. 180 (planche).

Portraits de deux femmes debout, de face, dans une niche. Leur vêtement se compose d'une tunique longue et d'un manteau en forme de saie. Celle de gauche a, de plus, autour du cou, une bande d'étoffe (cache-nez), qu'elle tient de la main gauche. Sa main droite est armée d'un coutelas. L'autre femme, plus jeune, porte des deux mains un coffret dont elle soulève le couvercle. Les coiffures sont différentes mais basses et, sans doute, du second siècle. Au-dessus de la niche, l'inscription : [#(»*)] M(ambu*)\ ... Nebniccae , j[iliae). Monument funé-

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raire d'une mère et de sa fille. Le nom de la mère manque; les lettres qu'elle contient du côté gauche sont quelune cassure l'a fait disparaître. La stèle a été" restaurée; conques. Je ne puis rien préciser, mais je crois que cette

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stèle provient de Soulosse. Elle a, du reste, tous les caractères des monuments funéraires trouvés en ce lieu.

Je ne connais aucun autre exemple de femme portant un coutelas.

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4713. Stèle découverte à 'Foui, en 1700, alors des fouilles considérables qui furent entreprises pour élever l'enceinte fortifiée actuelle» [olry|, à l'angle du bastion Saint-Mansuy, «à cinq ou six mètres du parapet et à huit ou dix au-dessus du fossé toujours rempli par les eaux de la Moselle» [mow. ]; employée au même endroit comme pierre de revêtement; moulage au trésor de la cathédrale de Toul. Calcaire commun. Hauteur, 0 m. 60; largeur, 0 m. 35.

C.I.L., XIII, 667a. — Denis, Voies rom., Il, fol. i44. — De Ladoucette, Mém. des Anl. de France, X ( 1 834 ) , p. 99. —

Thierry, llist. de Toul, (i84i), I, p. 34 (gravure). — Dufresne, Revue d'Auslrasie, IX (i84a), p. 399 (d'où Lepage, Statist. de la Meurthe, II, p. 577); Notice, p. 7 = Mém. de l'Acad. de Metz, 3oc année (1868-1849), p. ao6. — Gdillai'me, Hist., I (1866), p. 88. — Olry, Répert., p. i3 = Mém. de la Soc. d'archéol. lorr., XII (1870), p. ao5. — Daulnoy, Hist. de Toul, I (1881), p. 5. — François, Etudes, p. a3g. — Mowat, Rull. des Anl. de France, 1889, p. 25 1 (gravure) = Journal de la Soc. d'archéol. lorraine, XL1 (1892), p. 80. — Benoît, La Lorraine artiste, XII (i8g4), p. 11 4.

Buste à mi-corps d'une femme drapée, dans une niche, tenant de la main gauche une mappa, de l'autre main peut-être un miroir. Au-dessous, dans un cadre, l'inscription : Carosae, Melindijil(iae). Les mêmes travaux procurèrent d'autres bas-reliefs qui ne furent pas conservés. (Voir le numéro suivant.)

4714. Fragment de table « trouvé à Toul , en Lorraine , dans les démolitions des anciens murs de la ville, lors-

qu'on en commença les fortifications, en 1700». [Pap. de montf.]. Perdu.

Dessin lire de Montfaucon. — C. 1. L., XIII , 4676. — Montïaucon ( Papiers de) , Bibl. nat., fonds lat., 1191a, fol. 110.

Amour ailé soutenant un cartouche ; du côté gauche , un petit personnage symétrique a dû disparaître, en même temps que la majeure partie de l'épitaphe contenue dans le cartouche.

LE CHATELET

Les ruines dites du Châtelet sont celles d'une localité gallo-romaine d'une certaine importance, dont on ne connaît pas le nom. Elles occupent un plateau boisé de vingt-deux hectares, sur le territoire de la commune de Gourzon, entre Joinville et Saint-Dizier. Ces ruines ont été explorées pour la première fois, de 1772 à 1776, par Jean-Claude Grignon, maître de forges aux usines de Bayard. Les antiquités recueillies par Grignon et les dessins inexpérimentés que son fils avait faits de certaines d'entre elles furent acquis, en 1786, par l'abbé Campion de Tersan. Ce savant s'était proposé de tirer parti des découvertes faites au ChAtelet pour un grand ouvrage, dont il n'eut que le temps de faire graver cent planches. Sa mort, survenue en 1819, fit passer ces plancbes entre les mains de Grivaud de la Vincelle qui les utilisa dans son travail sur les Arts et Métiers des Anciens. Les antiquités recueillies par Grignon furent dispersées avec toutes celles de la collection Campion de Tersan. On ne sait pas ce que la plupart sont devenues et il se peut que quelques-unes, retrouvées ailleurs, existent avec une fausse indication de provenance dans des collections particulières ou des musées. Le petit autel que j'ai publié ci-dessus, sous le numéro 3g22, a été dessiné par Grignon (Dissert., fol. 180). L'origine qu'on lui attribue n'est donc pas exacte. Quant aux dessins du fils de Grignon, complétés par d'autres commandés par l'abbé de Tersan, leur destinée fut plus heureuse. Après avoir fait partie, pendant longtemps, d'une bibliothèque privée, ils sont entrés, depuis quelques années, à la Bibliothèque nationale. — A partir de 1780, et pendant plus d'un demi-siècle, l'abbé Phulpin, curé de Fontaines, fit des fouilles au Châtelet. Elles n'eurent jamais pour objet que l'accroissement d'un médaillier; les fragments sculptés de toute nature, rencontrés au cours de ces fouilles, n'ont pas été conservés.

BIBLIOGRAPHIE

I. Grignon (J.— Cl.). Bultin (sic) des fouilles faites, par ordre du roi, dune ville romaine, sur la petite montagne du Châtelet, entre Saint-Dizier et Joinville , en Champagne, découverte en ijjs. Bar-le-Duc, 1774; in-8", 80 pages. — Second Bulletin, etc. (môme titre). Paris, i 776 ; in-8°, 1 04 pages (numérotées de 8i à 244), un plan. — Dissertation sur les ruines de la ville de Châtelet, en Champagne, ÎJJQ- Bibliothèque nationale, nouvelles acquisitions, f. (t., n" 6269. Ms. in-folio, 206 feuillets. Sur ce manuscrit, cf. Henri Bordier, Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, année 187O, p. 74 à 82, et Héron de Villefosse, ibid., p. 160 à i(i5.

II. Vincelle (Grivaud de la). Catalogue des objets d'antiquité et de curiosité qui composaient le cabinet de feu M. Habbé Campion de Tersan, ancien archidiacre de Leiloure. Paris, 1819; in-8°, i4o pages. — Arts etméliers des anciens représentés par les monuments, ou recherches archéologiques servant principalement à l'explication d'un grand nombre d'antiquités recueillies dans les ruines d'une ville gauloise et romaine, découvertes entre Saint-Dizier et Joinville, département de la Haute-Marne . . . Paris, 1819- 1823; in-folio, 34 pages, i3o planches.

III. Phulpin (Abbé Ant.). Notes archéologiques sur les fouilles faites et les monuments découverts sur la montagne du Châtelet, située jwes de Fontaines (Haute- Marne). Neufchateau, i84o; in-12, vui-i ^7 pages, une carte. Ce travail a été rédigé par Girault de Prangey et C. Mougin, sous l'inspiration et peut-être même sous la dictée de l'abbé Phulpin.

IV. Pothier (L.-A.-G.). Série d'articles dans La Haute-Marne, revue champenoise, année 1 856.

V. Nicaise (Auguste). Etude sur un buste antique en marbre ; Jupitcr-Serapis , buste en bronze, découvert à Cernaij-les-Reims (Marne). Paris, 1886; in-8°, 1 1 pages. Extrait des Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ,

BAS-RELIEFS. — VI. l5

IMl'lUMERfE >ATIU>ALB.

LE CHATELET

4e série, t. XIV, 188C, p. 262 à 270. — Sur un buste antique en marbre trouvé au Chatelet (Haute-Marne). Paris, 188G; in-&°, G pages, une planche. Extrait de la Gazette archéologiqite , t. XI, 1886, p. 254 à 256.

VI. Foi'rot (Abbé). L'oppidum du Chatelet, avec plan des fouilles de Grignon et chromolithographies représentant les principaux objets trouvés au Chatelet. Saint-Dizier, 1887; in-8°, 108 pages, 9 planches et un plan. Extrait des Mémoires de la Société des lettres, des sciences, des arts, de l'agriculture et de l'industrie de Saint-Dizier, t. IV, i885-i886, p. 1 à io3.

4715. Statue mutilée découverte en 1773 Pierre de Savon nières. Disparue.

Dessin tiré de Grignon. — Grignon, Bull., p. io,5; Dissert., fol. 37.

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