‹ Recueil général des bas-reliefs de la Gaule romaine (volume 5)Chapitre 22 sur 50 · EPINAL ET LOCALITÉS DIVERSES DE LA HAUTE LORRAINE · texte numérisé non relu

EPINAL ET LOCALITÉS DIVERSES DE LA HAUTE LORRAINE

Le Musée départemental des Vosges, où sont réunies un grand nombre d'antiquités de provenance régionale, a été fondé en 1822. Antoine Laurent, peintre d'histoire, l'organisa d'abord dans une salle de la Préfecture, ensuite, à partir de 1828, dans les bâtiments qu'il occupe encore, sur l'emplacement de l'ancien dépôt de mendicité (hôpital Saint-Maurice). Ce directeur, décédé en 1882, fut remplacé par son fds, Jules Laurent, déjà sous-directeur du Musée depuis 1826. Celui-ci eut la bonne fortune de pouvoir s'occuper pendant quarante-sept ans des collections confiées à sa garde et le mérite de les accroître inlassablement. Sans négliger les séries artistiques, Félix Voulot, qui lui succéda en 1878, s'attacha de préférence à recueillir les débris antiques que le sol des Vosges livrait aux chercheurs. C'est en giaude partie grâce à ses efforts que s'est formée la collection lapidaire. Jules Laurent et Félix Voulot furent, du reste, constamment aidés par la Société d'émulation des Vosges dont il serait injuste de ne pas rappeler le rôle efficace. Les fouilles qu'elle a fait entreprendre n'ont jamais profité qu'au Musée. Après Félix Voulot, mort en 1899, le Musée départemental des Vosges fut dirigé par Paul Chevreux. M. André Philippe, archiviste départemental, l'a remplacé.

BIBLIOGRAPHIE

I. F[riry] (Ch.). Recherches sur les origines et antiquités de l'arrondissement de Remiremont (Vosges). Remiremont, i835; in-8°, 3 9 pages, une planche.

II. Jollois (J.-B.-Prosper). Mémoire sur quelques antiquités remarquables du département des Vosges. Paris, f 843 ; in-4°, ig5 pages, 4o planches. Les manuscrits de Jollois, formant quinze volumes, ont été' offerts en 18G9, par la veuve de ce savant, à la Socie'té nationale des Antiquaires de France. Un des volumes se rapporte aux antiquités de Grand, de Soulosse. de Lamerey, de Blem-ville, du Donon et d'autres lieux (Escles, Liffol-le-Grand. etc.); il contient un certain nombre de dessins qui ont été utilisés pour la préparation du Mémoire. (Cf. Pol Nicard, Rullelin des Antiquaires de France, 18G9, p. g5 à 100.)

III. Laurent (Jules). Catalogue des objets exposés au Musée départemental; Antiquités. Épinal, i85o; in-8°, 38 pages. Extrait des Annales de la Société d'émulation du déparlement des Vosges, t. VII, i8ùg[-i85i], p. 228 à 276. — 2e édition. Epinal, 1869; in-8", 116 pages.

IV. Voulot (Félix). Les Vosges avant ïh'istoire; étude sur les traditions, les institutions, les usages, les idiomes, les armes, les ustensiles, les habitations, les cultes, les types de race des habitants primitifs de ces montagnes; résumé de leurs travaux, 2" édition. Paris et Mulhouse, 1876; in-4", 222 pages, 78 planches. — Catalogue des collections du Musée départemental des Vosges; s' partie, série lapidaire. Épinal, 1880; in-8°, 48 pages.

V. Favier (J.). Découverte archéologique faite près de Xerligny-en-Vosges , en iy55. Épinal, 1 896 ; in-8°, 8 papes, •! planches, par G. Save. Extrait du Rullelin de la Société philomathique vosgienne, 20e année, 1894-1895, p. 99 à io3.

VI. Chevreux (Paul). Le Musée départemental des Vosges; origine, description. Épinal, 1900; in-8°, 28 pages, 10 planches.

VII. Haumontk (J.-D.). Plombières ancien et moderne, édition refondue et augmentée, par Jean Parisot. Paris, igo5; in-8°, 423 pages, 35 planches.

URIMÉNIL, THUNIMONT.

4762. Fragments découverts, en 1755, «en creusant [dans un marais], auprès d'une grange, entre les villages d'Uriménil et d'Uzemain» [beaul.]. Perdus.

Dessins tirés de Favier. — Favier , Bull, de la Soc. philom. vosgienne, XX (1896-1895), p. 101 (planche et lettre de Nicolas Marquis à dom Calmet). — Beauliec, Archéol. de la Lorraine, II, p. [17 (commentaire inédit de dom Calmet).

Homme nu, de «plus de six pieds de roi de hauteur, et gros à proportions. «Les pièces qui lui manquent,

dit Marquis, je veux dire la tête, les bras et les jambes, sont encore dans le marais. Le curé d'Uriménil a fait couper la marque du sexe; cependant, on l'a mise de côté pour la cimenter. » Si la main tenant un bâton (massue?) et la dépouille de lion provenaient de la même statue, il s'agirait d'Hercule. Le dessin du torse, reproduit par Favier, semble d'ailleurs indiquer que le personnage portait un carquois.

4763. Stèle trouvée à Thunimont. Au Musée d'Épinal. Grès. Hauteur, 0 m. 77; largeur, 0 m. 53; épaisseur, 0 m. 2 5.

Homme imberbe, à cheveux longs, debout, de face, vêtu d'un manteau; sa main gauche est armée de trois

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flèches ou javelines qu'il appuie contre son épaule. La main droite manquante était baissée. Le bas-relief, de style barbare, représente peut-être Apollon.

4764. Fragment de groupe de provenance non indiquée. Au Musée d'Epinal. Grès. Hauteur, 0 m. 39; longueur, 0 m. 63.

Enfant nu, monté sur un dauphin. Le petit personnage tient des deux mains une coquille. Ornement de fontaine. L'eau sortait par la bouche du dauphin.

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4765. Fragment de groupe de provenance non indiquée. Au Musée d'Epinal. Calcaire commun. Hauteur, o m. 19; longueur, 0 m. 36.

Cavalier et anguipède. On ne possède que le corps, sans la tête et les jambes, du cheval, et le cavalier, depuis la ceinture jusqu'aux mollets. Ce cavalier, vêtu

d'une cuirasse, portait la jambe droite en arrière. Le cheval avait une housse. L'anguipède a complètement disparu.

4766. Stalue mutilée, de provenance non indiquée. Au Musée d'Epinal. Grès rouge. Hauteur, o m. 5i.

Aigle aux ailes éployées. La tête, aujourd'hui manquante, était rapportée. Les pattes, sauf les serres, sont restaurées. Cette statue a pu former le couronnement d'un monument funéraire. (Voir le numéro 3 7 4 a . )

4767. Fragment de colonnette de provenance inconnue. Au Musée d'Epinal. Hauteur, 0 m. ho; diamètre, environ 0 m. 20.

On trouve successivement, de gauche à droite : Hercule nu, s'appuyant de la main droite sur sa massue;

un autre dieu nu; une déesse drapée tenant de la main gauche une corne d'abondance; Mars casqué et cuirassé,

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à côté d'un petit autel. Les personnages, très dégradés, sont empâtés de plâtre et rendus méconnaissables. Je n'ai fait reproduire que la déesse.

4768. Groupe mutilé découvert, en 1870, dans le lit de la Moselle, entre Châtel et Portieux «à l'emplacement d'un gué pavé» [voul.], au moment d'une baisse

extraordinaire des eaux. Au Musée d'Épinal; moulage au Musée de Saint-Germain. Grès. Hauteur, 1 m. 07; largeur, 0 m. 95.

QoiCHËBAT, Revue des Soc. sav. des dép., 187a, I, p. 108 = Mélanges d'archéol. et d'histoire, p. 383 (gravure). — A. Bertrand], Revue archéol., 1880, I, p. 588. — Voulût, ibid. , II, p. n3 et 2(12; 1881, I, p. 10& (gravures); Calai., p. 5,

E PIN AL

n" 1 et a. — Trévf.dv, Bull, archéol. de l'Associât, bretonne, 3' série, VIII (1888), p. no (gravure); Le cavalier et l'anguipède, p. 18 (gravure) = Bull. hisl. et 'archéol. de la Mayenne, 2' sér., I (1889), p. 102. — E. Wagner, Westd. Zeitschr., 1

(1882), p. 62. — Freidhof, Die sogen. Giganlensâulen , p. 26 et pi. V, n" 1 et 2. — Salomon Reinàch, Be'pert., II, p. 529, n" 1 ; Guide illustré du Musée de Saint-Germain, p. 118 (gravure). — He.ttlei.x, Die Juppitergigantensâulen , p. 2 4.

Cavalier et anguipède. Le cavalier est barbu; une cavité remplie de plomb, sur le sommet de la tète, semble indiquer qu'il portait un casque métallique. Son vête-

ment se compose d'une cuirasse collante et d'un manteau agrafé sur l'épaule droite. Il est chaussé; ses jambes paraissent nues; celle de droite est ramenée en arrière,

comme pour presser le flanc du cheval près de la cuisse. Le personnage tenait, de la main gauche, la hride de sa monture. Le bras droit manque; mais on peut conjecturer du mouvement de l'épaule qu'il était levé et iégè-

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rement tendu en avant. Sur la tête du cheval est une seconde cavité contenant du plomb. Le scellement, à cette place, a pu avoir pour objet d'assurer la fixité d'un javelot. L'anguipède, s'appuyant à terre de la main gauche,

supporte le cheval, dont il saisissait, de la main droite disparue, l'une des jambes. Sur la tête de serpent qui termine le membre postérieur droit du monstre est posé le pied correspondant du cavalier. On découvrit en même temps les principaux éléments d'une colonne qui supportait le groupe. Voulot s'en est servi pour reconstituer le monument, qui ressemblait à celui de Merten (ci-dessus, n° kizcj), et avait environ 6 mètres de haut.

4769. Stèle découverte, en 1755, «en creusant [dans un marais] auprès d'une grange, entre les villages d'Uriménil et d'Lfzemain ». Hauteur, « 3 pieds et demi»; largeur, « dix-huit pouces». Perdue.

Dessin tiré de Favier. — Favier, Bull, de la Soc. philum. vosgienne, XX (1894-1895), p. io3 (planche, et lettre de Nicolas Marquis à dom Calmet). — Beauliec, Archéol. de la Lorraine, II, p. 48 (commentaire inédit de dom Calmet).

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