‹ Recueil général des sotties (volume 2)Chapitre 42 sur 181 · XXI. — LES SOBRES SOTZ bg · texte numérisé non relu

XXI. — LES SOBRES SOTZ bg

J'entens de ceulx que vous voyés Qui sont gris par la couverture.

Tous ensemble.

Pour quoy cela ?

Le Badin.

Car de nature 80

Y sont prodigues de propos '.

Or, Dieu vous gard, les Sobres Sos !

J'avoys oublyé a le dire ; Mais dictes moy, avant que rire, Vous apelle on pas ainsy '? 85

Le .IIIP. Sot.

Ouy vrayement, ailleurs et icy Tousjours les Sobres Sos nous sommes.

Le Badin.

Fol. 35g ie le croys; mais estes vous hommes Ainsy c'un aultre, comme moy?

Le .V^ Sot.

Nennyn, dea.

Le Badin.

Nennyn ? Et pour quoy ? 90

Que j'en sache l'intelligence.

1. Une blessure au visage que François I''' avait reçue au mois de janvier i52i l'avait amené à porter la barbe, et la mode avait été adoptée tout aussitôt par Charles Quint et par les grands seigneurs des deux cours. Beaucoup de magistrats avaient voulu, eux aussi, adopter les façons nouvelles : cheveux courts et barbe longue; mais les procureurs généraux insistaient sans cesse dans leurs mercuriales pour que les magistrats conservassent l'usage de se raser. Ce n'est qu'en novembre 1544 que les conseillers au parlement de Rouen eurent la « liberté de porter les barbes ou de les oster » (voy. Floquet, Histoire du parlement de Normandie, 1840, pp. 87-88). Les basochiens pouvaient à leur aise se moquer des vieilles gens et spécialement des barbons.

2. Le vers n'est pas faux, car on prononçait : appeUe-t-on. On peut citer bien d'autres exemples de ce t euphonique ajouté à la lecture. En voici un tiré de Coquillart (éd. d'Héricault, [, p. 41) :

Et le laisse on pendre au clou.

60 \XI. — I.F.S SOBRliS SOTZ

Li: Pui;mykr Sot.

pour ce »-iu"y a bien clitrerencc Entre badins, sages et sos ; Les badins ne sont pas vrays sos, Mais ils ne sont ne sos ne sages. 93

Je n'cntens pas bien vos langages.

Vous estes de ses sieurs d'ais, Vous me semblés ascs naudès Pour estre sortis de leur engc.

Le .IP. Sot.

Ne nous faict/. poinct telle ledenge, 100

Ou tu te feras bien Iroter.

Qu'esse que tu viens barboter?

Dis nous tost que c'est qui te maine.

Le Badin.

Par la benoyte Madalaine,

Y sont tous de la grand frarye io5 Des scieurs d'ays. Saincte Marye,

Que j'en voys devant moy deboult!

Deçà, delà, en bas, par tout, Tout est parfumé de Sirye.

Le .IIP. SoT.

Tu es plain de grand mocquerye. iio

Le deable en emport le lourdault !

Le .IlIIe. Sot.

Mais gectons lay de bas en hault ' ; Dois ge dire de hault en bas ?

Le Premyer Sot.

Y fault bien qu'i parle plus bas,

S'y ne veult se taire tout quoy. 1 1 5

92 Pour ce quil y a

Page 1