XXI. — LES SOBRES SOTZ 6l
Je me tairay ? Jean, je ne say.
Vous estes tous sos, n'estes pas ?
Le .V. Sot.
Ouy vrayment.
Le Badin.
A! voiecy le cas.
Sy vous estes sos en tout temps, v» Fault que soyés, comme j'entens, 120
Sos par nature ou par usage.
Un sot ne sera pas un sage; Vous ne le serés donq jamais.
Le .IIP. Sot.
Povre badin, je te promais Qu'il ne t'appartient pas de l'estre. ' i25
Le Badin.
Non vrayment, car il fault congnoistre C'un badin, qui ne pense arien, Sçayt plus d'honneur ou plus de bien C'un sot ne sçayt toute sa vye.
Le .IIP. Sot.
Pour ce mot j'airoys grand envye i3o
De te soufleter a plaisir.
Le Badin.
Vous n'en avriés pas le loisir.
Ne faictes poinct sy lourde omosne :
J'ey maincte foys esté au prosne, Mais le curé n'en disoyt rien. i35
Or ça, messieurs, vousvoyés bien Quelle prudence gist en eulx.
Soufleter, dea ! Aies, morveulx !
Un badin vault myeulx en chiant,
1 16 le me tairay ien ie ne say