‹ Recueil général des sotties (volume 2)Chapitre 45 sur 181 · XXÎ. — LES SOBRES SOTZ · texte numérisé non relu

XXÎ. — LES SOBRES SOTZ

Sy sa femme ne se contente,

Y sera badin en tout poinct. i65

Le .111^ Sot.

Pour vray, je ne l'entendes poinct ; Je ne le pensoys pas si sage.

Le Badin.

Un sot, retends se pasage, P'ust il au nombre des neuf preux, Sy d'avanture y vient aulx lieux 170

Ou il soyt congneu seulement, On luy dira tout plainement.

Un sieur d'ays, luy, c'est un sot ; Mais, d'un badin, on n'en dict mot, Car partout on l'estime et crainct. ij5

Le .111^. Sot.

A ce coup tu as bien atainct.

Or parlons des fos ' maintenant.

Le Badin.

Je veulx bien, le cas avenant.

Que sy ma parole est despite, Je seray tousjours franc et quicte, 180

Comme le jour du mardi gras '\

Le .V^ Sot.

Tu mérites le tour du bras ; Quicte seras, je t'en assure.

Je vous veulx compter en peu d'heure Un cas qui puys huict jours an sa i85

Est avenu, et de pieça,

178 le le veulx — 181 com — 182 mérite

1. C'est-à-dire des fols. Cf. v. 2i3, 2i5, 220, 225, 226, 282, 265, 271, etc.

2. La pièce était jouée le mardi gras, jour où les basochiens s'arrogeaient le droit de tout dire. Cf. v. 288.

04 XXI. — l.KS SOUIŒS SOT/

Dun grand lourdauli qui porte barbe '.

Coiure luy sa femme rebarbe, Luv laici balier la maison ; Souvent cl vous preni un tison, 190

i'" Luv i;ectant au travers la teste,

En luy faisant telle tempestc, 'rellemcnt qu'i fault qu'i s'enfuye,

Li; PKiiiMviou Sot.

C'est un des docteurs de Sirye ; 11 a souvent des poys Landrin. iqd

Dictes, a il poinct nom Sandrin ?

Si je pouvoys sçavoir son non, Je luy feroys un tel rcnon, l^ar Dieu, qu'i seroit croniqué.

Ou, grand deable! s'est il fiqué? 200

Se va il jouer a son maistre ?

Lh av. Sot.

Mais, dictes moy, peut il poinct esire De nos paroisiens en somme?

Luy, mon amy, c'est un bon homme; ^' n'est pas grain de Sainct Vivien ". 2o5

Je vous dis en bon esien Qu'i n'y demoura de sa vye.

190 elle — 19G a il non poinct sandrin

1. Notre auteur, qui s'est déjà moqué des barbons au v. 76, considère ici la barbe comme «n des attributs de la virilité, et s'indigne qu'un homme qui en est pourvu soit l'esclave de sa femme. On a vu dans une note précédente que les magistrats attachés aux anciennes coutumes blâmaient le port de la barbe.

2. L'église Saint Vivien est située dans le quartier populaire de Martainville. La pièce qui suit notre sottie dans le ms. 24341 est intitulée : Les Langues esmoulues pour ravoir parlé du drap d'or de Saint Vivien.

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