XXI. — LES SOBRES SOTZ
Le .IIP. Sot.
On n'en parlons pas par envye, Certainement, je vous aseure.
Le Badin, Avant qu'il soyt la demye heure 3io
Tout aultre vous m'estimerés Que ne pensés et penserés.
Venons a ces fos ; il est temps.
Le premyer Sot.
Nous avrons nostre Pase Temps Pour le moins.
Le Badin.
Nous avons des fos 21 5
Qui n'ont cervelle ne propos.
Car, s'y vous trouvent en la rue, Gardés vous d'un coup de massue, Ou pour le moins de leur point clos.
Ceulx la sont tresdangereulx fos, 220
Et ne s'y frote qui vouldra.
Le .I^. Sot.
Pasons oultre, il m'en souvyendra D'icy a long temps, sy je puys.
Le Badin.
Or ça, ou esse que j'en suys ?
A! j'estoys aux fos dangereulx. 225
Il est des fos qui sont joyeulx.
Fol.36 1 Comme Jouen, Pernot ou Josse, Qui n'ont pas la teste plus grosse C'une pome de capendu;
De ceulx la on en a vendu 23o
Cent escus ou deulx cens la pièce.
Ces fos la sont plains de lyesse; Ce sont singes en la maison ;
229 com pome
66 XXI. — I.F.S SOBRUS SOTZ
Ils OUI moins de sens c'un oyson, Toutcloys si sont les meilleurs, 235
Et volontiers les grans seigneurs En ont qu'i gardent chèrement '.
Li: .111^ Sot.
Hz sont iraictés humainement Par le commandement du niaisirc.
Le Badin.
Par le cors bieu! je vouldroys cstre 240
De ses folz la en compaignye, Ou pour le moins de la lygnye, Car ilz sont en tout temps requis.
Quant on voyt un sot bien exquis Et qui est des sotz l'outrepasse 245
On en veult avoir de la race, Ne plus ne moins que de lévriers.
Le .III<:. Sot.
Ceulz la sont logés par fouriers.
Quelque temps qui puise venir.
Le Badin.
Y m'est venu a souvenir 25o
Qu'un homme, il n'y a pas long temps, Qui de sa femme eust sept enfans, Tous maies, ainsy le fault il croire, Vendist le plus jeune a la foyre
23i Dun homme
I. Allusion aux fous en titre d'office. C'est vers l'époque où nous plaçons notre sottie que Jean-Antoine Lombard, dit Brusquât, entra au service de François !«■■ (voy. nos Français italianisants, I, 1906, p. 226). Quelques années plus tard, en octobre i55o, Bruquet accompagna Henri II à Rouen et prononça dans le grand'chambre du palais, en présence de Catherine de Médicis, de Marie de Lorraine, reine douairière d'Ecosse, et de toutes les dames de la cour, une plaidoirie facétieuse que le greffier a mentionnée soigneusement dans son registre (voy. Floquet, Histoire du parlement de Normandie. II, 1^40, pp. 197-200).