‹ Recueil général des sotties (volume 2)Chapitre 52 sur 181 · XXI. — LES SOBRES SOTZ · texte numérisé non relu

XXI. — LES SOBRES SOTZ

Mais a vous tous je m'en raporte, Tout le monde est de telle sorte ; Y n'en fault poinct prendre d'ennuy.

Chantés ; c'est asés pour meshuy

Finis.

IIIl^'^ l lignes.

474 raport

FARCE NOUVELLE

A CINQ PERSONNAGES

c'est assavoir : Troys Brus et deulx Hermites.

[Rouen ^ vers i536.]

Dans cette pièce, qui est un « jeu nouveau » (voir le V. 3oi), les sots sont transformés en ermites. Les ermites sont mis en présence de brus, c'est-à-dire de filles galantes ' obéissant à une entremetteuse dite « la vieille bru ». Malgré leurs vœux de chasteté, les dévots personnages sollicitent les faveurs des filles; mais celles-ci doivent croire qu'ils n'ont rien ; elles repoussent les avances qui leur sont faites jusqu'au moment où les ermites se décident à sortir de beaux écus de leurs bourses :

Qui a argent, il a des brus.

1 . Ce sens est indiqué par A. Héron dans le glossaire qui termine son édition de La Muse normande de David Ferrand,

8o XXII. — FAKcr; nuuvim.ij: lu-.s brus

La pièce doit ctrc une coniposiiiDii roucniiaise. Au début de la roprcscntatioii, la vieille bru fait une longue énuméraiion de tous les pays par lesquels elle a passé et où elle s'est acquis tant de science et d'expérience. Dans cette tirade qui rappelle les énumérations de fous et de sots qui se trt)uveni dans le Monologue des nouvcaulx Sots de la joyeuse bande ', dans le Monologue des Sot\ joyculx de la nouvelle bande ', dans la Farce de Folle Bobance \ dans le cri qui précède le Jeu du pi-ince des sot^, de Gringorc \ dans le couplet initial de la Sottie des Trompeurs ^ etc., les villes et même les petites localités de Normandie tiennent la plus grande place. Arrivée à la fin, la vieille bru s'écrie (v. loi) :

Oc Rouen, je n'en parle point,

ce qui prouve bien qu'elle parle devant des Rouennais. Nous croyons voir la date de la pièce dans les vers suivants (289-290) :

Tant en Piedmont comme en Savoyee, Argent [si] faict partout la voyee.

Le stvle général de la composition ne permettant guère de la placer après le règne de François I^"", il est probable qu'il y a ici une allusion à la conquête de la Savoie et du Piémont par ce prince au commencement de l'année i 536,

Notre sottie n'a pas été jouée par des basochiens, mais par des comédiens de profession qui terminent le spectacle par une collecte (v. 299) *. Ces comédiens

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