XXII. — FARCE NOUVELLE DES BRUS bl
devaient être des partisans de la Réforme. La pièce, en effet, n'est pas seulement destinée à montrer le pouvoir de l'argent, c'est en même temps une oeuvre de propagande. L'auteur s'est proposé d'affaiblir le respect accordé aux religieux, bien qu'il ménage ses expressions et qu'il ait soin de remplacer les moines par des ermites. Nous avons vu ci-dessus que vers l'époque à laquelle nous plaçons notre sottie la Réforme avait fait de nombreux prosélytes en Normandie, spécialement à Rouen. Les joueurs de farces eux-mêmes inclinaient vers les idées nouvelles, témoin ce Jean Bourgeois, dit Hector, « enfant sans soucy », originaire de Rouen, qui fut arrêté quelques années plus tard à Noyon, comme hérétique, envoyé à Paris et condamné au feu le 8 mars 1549".
du théâtre ou du tréteau, et tendait la bourse aux spectateurs (voy. notamment Watelet de tous mestiers, v. 19g, ap. Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies franc., XIII, p. 168; le Sermon d'un Cartier de mouton, v. 292-297, ap. Leroux de Lincy et Michel, Recueil de farces, I, n" 5, p. i5; le Sermon joyeulx des Quatre Vens, v. 40, ibid., I, n» 4, p. 7). Dans les représentations qui ne comportaient pas de monologue, il est naturel de penser que la quête se faisait après la sottie. Aujourd'hui encore, dans nos fêtes foraines, le « bobèche » ne manque jamais de parcourir les rangs des spectateurs dès qu'il a terminé son boniment.