I. On a déjà vu le mot donder au v
Si en riens vous avons forfaict, iSjS
Pardonnes nous, car nul meffaict Ne prétendons en faiz ne diz.
A Dieu, qui vous doint paradiz !
Deo gratias.
L'imprimé ajoute à la fin : Et a donné le roy nostre sire audit Guillaume Eustace, libraire et relieur de livres juré de l'université de Paris, lettre de previlege et terme de deux ans pour vendre et distribuer sesditz livres, afïin de soy rembourser de ses fraitz et mises ; et défend ledict seigneur a tous imprimeurs et libraires de ce royaulme de non imprimer ledict livre jusques au temps dessusdit, sur peine de confiscacion desdictz livres et d'amende arbitraire. Ainsi signé : dk Landes.
SOTTIE
[Paris, mardi 25 février i5i2.]
Dès que l'imprimerie eut commencé à propager les livres écrits en langue vulgaire, les rois s'en servirent comme d'un instrument de gouvernement des plus puissants. L'expédition de Charles VIII en Italie donna lieu à la publication de nombreux livrets, destinés à justifier la politique royale et à exciter l'enthousiasme populaire '. Louis XII usa des mêmes procédés que son prédécesseur. Au moment où la ligue de Cambrai fut signée, la France fut inondée de factums dirigés contre les Vénitiens. La poésie tenait dans ces écrits de cir-
I. Les pièces réimprimées par M. de La Pilorgerie sous ce titre : Campagne et Bulletin de la grande armée d'Italie commandée par Charles VIII (Nantes et Paris, 1866, in- 12) ne sont pas les seules qu'on puisse citer ; nous en connaissons encore quelques autres.
constance plus de place que la prose, et les poètes en vogue furent chargés de prêcher la nouvelle croisade. Jehan Le Maire composa La Légende des Vénitiens \ André de La Vigne rima Le Libelle des cinq villes d'Ytallye contre Venise ^ et les Ballades de Bruyt commun sur les aliances des roys, etc. ^; Pierre Gringore fît paraître L'Entreprise de Venise \ puis La Chasse du Cerf des Cerfs '■'; un poète de Chalon-sur-Saône, dont nous ignorons le nom, fit imprimer Le grant Credo de Venise ^\ d'autres anonymes lancèrent dans le public La Lamentation de Venise \ La Complainte de Venise^, etc. En même temps, des poètes italiens à la solde du roi : Betuzzo da Cottignola, Simeone Litta, dit Simeone da Milano, Graziano da Lucca et d'autres encore, s'adressaient aux sujets ou aux alliés de la France audelà des Alpes ^.
Quand la ligue de Cambrai eût été rompue et que Louis XII n'hésita pas à entrer en lutte ouverte contre Jules II, les factums devinrent encore plus nombreux. Il s'agissait de dissiper la crainte superstitieuse que le pape inspirait à la foule. Ce fut alors que Jehan Le Maire composa Le Traictié intitulé de la différence des scismes et des concilies de VEglise, etc. Non seulement l'auteur de ce livre prenait, sur le titre même, la