Montaiglon, Recueil de Poésies françaises, VII, p. i
pine aux grands jours de Moulins '. Entre deux pendaisons, les graves délégués du parlement de Paris prenaient plaisir à voir jouer quelque farce. Un poète qui était alors à Moulins raconte que, chassé de la cour par l'ennui, il est allé voir les « pois pillez » où se tient le tribunal
De Pont AUays, roy et prince des sotz : La il estoit, garny de ses suppostz, Hault eslevé en chaire magnifique, Enluminé, visage deificque, Tenant sa court, corrigeant les forfaictz ^
Nous ne savons plus rien de Jehan de l'Espine après cette époque. Il est cité, soit sous le nom de Songecreux, soit sous le nom de Pont Alais par divers écrivains du XVI* siècle, notamment par Rabelais ^ par Mellin de Saint Gelais \ par Bonaventure Des Périers ^ par Théodore de Bèze ^, par l'auteur anonyme des Satyres chrestiennes de la cuisine papale \ etc. ; mais ces mentions, si elles témoignent de l'extrême popularité de notre comédien, ne nous fournissent pas de renseignements biographiques. Exceptons pourtant un détail rapporté par Des Périers. Le conteur nous apprend que Jehan de L'Espine était bossu. Il tirait sans doute des
I. Les grands Jours eurent lieu «n i534 et en 1540, du i" septembre au 3i octobre. Voy. Catal. des actes de François I",\\, n» 7188; IV, n° 11574.
2.Biblioth. de Soissons, ms. 1891, fol. ^bv"; Marot,éd. Guifih-ey, III, p. 287, en note.
3. Liv. I, ch. XX (éd. Jannet, I, p. 67). — Un dixain qui se lit à la suite du prologue du livre II dans les éditions de 1542 et i553, contient aussi une allusion à Du Pont Alais.