Ibid., fol. Bi
Dieu gard de mal l'essence de la visne '.
Nous ne voulons pas insister sur ce détail ; nous le ferons d'autant moins, que le mot que nous croyons être une signature se rencontre, non dans la sottie, mais dans la moralité. Ce qui, à nos yeux, met Tattribution hors de doute, ce sont les bizarreries tout à fait caractéristiques du style, ces vers qui à tout propos sont comme un défi Jeté au bon sens.
André de La Vigne n'a été l'objet Jusqu'ici d'aucune étude critique ' ; aussi ne sera-t-il pas hors de propos de résumer ici les notes que nous avons eu l'occasion de recueillir sur ce personnage.
Le poète nous apprend lui-même qu'il était originaire de La Rochelle ■, La première pièce de lui qui nous soit connue, la Ballade sur la prinse de Foiigiei'es étant de 1488, on peut supposer qu'il avait alors environ vingt ans, en sorte qu'il avait dû naître vers 1468 '. Il est permis de croire qu'il entra dans la maison d'Octavien de Saint-Gelais et lui servit de secrétaire. Ce puissant personnage, devenu évêque d'Angoulême en 1494, l'aurait fait connaître à Louise de Savoie, mariée en 1488 au comte d'Angoulême, et, grâce à cette princesse, André aurait pu entrer au ser-
ï.Lc Vergijr d'lionneii)\ fol. Dnï/« : ballade adressée au poète sur ce refrain.
2. On ne peut guère consulter sur lui que La Croix du Maine (I, p. 22), Du Verdier (I, p. 78) et les notes de La Monnoie reproduites par Rigoley de Juvigny; Montaiglon et Rothschild, Recueil de Poésies françaises, XU, p. io5; Petit de Juileville, Z-es Mystères, I, p. 328 ; II, pp. 67, 535 et 53g.
3. Dans le procès-verbal dressé à Seurre, après la représentation du mystère de saint Martin, au mois d'octobre 1496, il se qualifie : « maistre Andrieu de La Vigne, natif de La Rochelle, facteur du roy » (Petit de Julleville, loc. cit.. Il, p. 68;. Cette origine maritime du poète explique l'emploi du mot moriihou au v. 222.
4. André devait être du même âge qu'Octavien de Saint-Gelais, né en 1468. Voy. Romania, XXI, p. 596.
vice du duc de Savoie, puis de la reine Anne de Bretagne. C'est là une hypothèse qui ne paraîtra pas invraisemblable à ceux qui auront étudié Le Vergier dlioyineur et les Epistrcs d'Ovide.
Voici,, par ordre chronologique, la liste des œuvres d'André de La Vigne qui nous sont connues. Ces renseignements permettent de fixer les dates principales de sa biographie :
1488. — Ballade sur la pj-inse de Fougiei'es .
Cette pièce est imprimée à la suite du Testament de monseigneur des Barres, capitaine des Bretons {Montaiglon, Recueil^ VI, p. 11 3). Le Testament, qui est écrit en faveur du roi de France contre les Bretons, est peut-être, lui aussi, l'œuvre d'André de La Vigne ; nous n'en avons aucune preuve. La ballade intitulée : La Prophecie de Bretagne [toc. cit., p. 114) est empruntée à Eustache Des Champs, mais elle a été remaniée pour la circonstance '.
1492 — André de La Vigne se confond peut-être avec « meistre Andrieu, l'escripvein », qui, en juillet 1492, reçut une indemnité des consuls de Valence « pour une moralicté qu'il fist pour la venuee de monsieur de Valence [Jehan d'Espinay] ' ».
1494. — André obtient du roi la permission de suivre l'armée française en Italie. Il tient un journal, en prose et en vers, de l'expédition, journal qui commence au départ de Grenoble (29 août 1494) et se termine au retour à Lyon, où Charles VIII arriva le