I. Jeu de mots SUT papillon et soldat du pape
PAR PIERRE GRINGORE l65
Si VOUS vouliez estre des siens; Par elle avrez de grans gardons.
Le Seigneur de Joye.
Comment?
Fol Ci Sotte Fiance.
El trouvera moyens Vous deslyer de tous lyens 5o5
Et vous assouldra par pardons.
Le Seigneur de La Lune.
Elle nout promet de beaulx dons Se voulions faire sa plaisance.
Le Seigneur du Plat- Voire, mais c'est Folle Fiance.
Sotte Occasion.
Nostre mère, pour bien entendre, 5io
Doit sur tous les sotz entreprendre ; Vêla ou il fault regarder.
Se le prince ne luy veult rendre Tout en sa main, on peult comprendre Qu'el voudra oultre procéder, 5i5
Et, qui n'y vouldra concéder, On congnoistra l'abusion.
Le Seigneur du Pont Alletz.
Vêla pas Sotte Occasion ?
Le Seigneur de Joye.
Qu'en dis tu ?
Le Seigneur du Pont Alletz.
Je tiendray ma foy.
Le General.
En effet sy feray je moy. 5 20
504 b Elle — 519 {en vedette) b porte simplement Le seigneur
v» Le Prince de Nates.
Au prince je ne fauldray point.
La Lune.
En effet, a ce que je voy, Ma mère, obeyr je vous doy.
Servir vous vueil de point en point.
La Mère.
Je voys mettre mon cas a point, 525
Je le vous prometz et afferme.
Le Seigneur du Plat.
Et dea ? quelle mousche la point?
Le Seigneur du Pont Alletz.
^ Je n'entens pas ce contrepoint :
Nostre mère devient gendarme '.
La Mère sotte.
Prelatz, debout ! Alarme, alarme ! 53o
Habandonnez église, autel !
Chascun de vous se treuve ferme !
L'Abbé de Frevaulx.
Et ! vecy ung terrible terme !
L'Abbé de Plate Bource.
Jamais on ne vit ung cas tel !
Croulecu .
En cela n'y a point d'appel, 535
Puis que c'est vostre oppinion.
Sotte Occasion.
Fol.Cij El veult que l'espirituel
523 b day — 527 b le poingt — SSy b Et veult
I . On voit qu'il y avait ici un changement de costume. Mère sotte, tout comme Jules II, ajoutait à son costume ecclésiastique des attributs guerriers.
Face la guère au temporel, Et par vous, Sotte Occasion.
Le premier Fol.
Il y a combinacion Bien terrible dessus les champs. 540
Le .11. Sot.
L'Eglise prent discention Aux seigneurs.
Le .IIL
La division Fera chanter de piteus chans.
La Commune.
Bourgeois, laboureurs et marchans Ont eu bien terrible fortune. 545
Le Prince.
Que veux tu dire, la Commune ?
La Commune.
Afin que le vray en devise,
Les marchans et gens de mestier
N'ont plus rien : tout va a l'Eglise.
Tous les jours mon bien amenuyse ; 55o
Point n'eusse de cela mestier.
Le Premier.
Se aucuns vont oblique sentier, Le Prince ne le fait pas faire.
La Commune.
Non, non, il est de bon affaire.
Tu parles d'ung tas de fatras 555
Dont ne es requise ne priée.
l68 XI. — SOTTIE CONTRE LE PAPE JULES II
La Commune.
Mon oye avoit deux doigs de gras, Que cuydoye vendre en ces jours gras; Mais, par Dieu, on l'a descryee '.
Le .IIL
Et puys ?
La Commune.
Je m'en treuve oultragee; 56o
Mais je n'en ose dire mot.
Non obstant qu'el soit vendengee, Je croy qu'el ne sera mangée Sans qu'on boyve de ce vinot.
Le PREMIER Sot.
Tu dis tousjours quelque mot sot. 565
Le .IIL El a assez acoustumé.
La Commune.
Je dis tout, ne m'en chault se on m'ot ; Enfin je paye tousjours l'escot.
J'en ay le cerveau tout fumé.
Le dyable ait part au coq plumé *; Fol. Ciij Mon oye en a perdu son bruyt. 570
56o a oultrage — 569 ab y ait