‹ Recueil général des sotties (volume 3)Chapitre 69 sur 96 · Une chanson de l'année 1543 com.n-:e par ces vers · texte numérisé non relu

Une chanson de l'année 1543 com.n-:e par ces vers

Vive le le roy et sa noble puissance,

Venant en bruyt, en triunfle et crédit...

(Montaiglon, Recueil de Poésies françaises, IX, p. 309) ; il se pourrait que les mêmes vers aient été le début d'une chanson de i3i3.

236 XIII. — SOTYE NOUVELLE DES CRONIQUEURS

Premier.

Je treuve icy que le consille ' Peult estre nous sera utille; 23o

Mais, en lieu de théologiens On y mect astrologiens ^ Pourquoy esse ?

Le Mère.

Sans plus enquerre, Tousjours a la chaire sainct Pierre Vient le bixeste. Il faut noter 235

Que a Romme on l'a cuidé oster :

Mais ilz n'ostent point Simonve De l'Eglise.

Premier.

Cella m'ennuye, Car maintenant el règne en France Comme a Romme; la congnoissance ' 240

En avez, messieurs les prelatz,

Le Tiers.

Ils entendent assez le cas, Mais remède n'y veuUent mectre. ^"^

Le Second.

Hz n'ayment pas si bien leur cloistre

Qu'ilz font le deduict de la chasse '. 245

244 croistre — 245 Le ms. ajoute au-dessous : cinq™"

1. Le concile de Latran pour la réforme de l'Église avait commencé le 10 mars i5i2, il ne se termina que le 16 mars iSiy après douze sessions. La dixième session s'ouvrit le 4 mai iSiy, au moment même où nous pensons que notre sottie a été représentée.

2. Nous ignorons quel est celui des pères du concile que le poète accuse de se livrer aux pratiques de l'astrologie.

3. Le pape Léon X lui-même se plaisait à la chasse au point de négliger les aftaires les plus importantes. Le 16 janvier i3i5, le cardinal Giulio de' Medici écrit, de Rome, à la seigneurie

v" Le Quart.

Ponrtant s'ilz appetent la grâce Des dames, qu'en voulez vous dire?

La Mère.

Rien, rien, je ne m'en faiz que rire.

Je congnois leur intencion :

La Pragmatique Sanxion 25o

Est en France, jamais n'en bouge ',

de Florence qu'il ne sait pas le premier mot d'une expédition projetée par le nouveau roi de France en Italie, et il ajoute : « Di poi ci troviamo qui alla Magliana, dove il papa è venuto a caccia per pigliare qualche recreatione, e intermesso un poco le facende » (Abel Desjardins, Négociations de la France avec la Toscane, II, p. 689). Un des compagnons de chasse du souverain pontife était le cardinal San Severino, qui était alors protecteur des affaires de France à Rome. Voy. L. Madelin, Le Journal d'un habitant français de Rome au xvi' siècle, dans les Mélanges publiés par l'Ecole française de Rome, t. XXII. 1902, in-8 p. 27g. I. La Pragmatique Sanction, rendue par Charles VII, à Bourges, le 7 juillet 1438, avait, malgré l'opposition suscitée par des points secondaires, comblé les vœux de l'Eglise gallicane. Elle avait proclamé la supériorité des conciles sur le pape, admis la libre élection des évoques et des abbés par les chapitres et les communautés, et n'avait laissé au souverain pontife qu'un droit de veto, en cas d'indignité ou d'abus. De son côté, le roi s'était engagé à ne pas imposer sa volonté aux électeurs; il avait promis de leur recommander simplement ceux des candidats qui auraient ses préférences. Louis XI vit dans ces restrictions une atteinte portée à l'autorité roy le; aussi l'un de ses premiers actes fut-il d'abolir la Pragmatique Sanction (27 novembre 1461). Depuis lors, le clergé n'avait cessé de revendiquer les privilèges que Charles VII lui avait reconnus, et soutenait que la Pragmatique n'avait pu être abolie. Lors de la lutte engagée entre Louis XII et le pape, la question fut agitée avec passion. Nous avons parlé déjà de la moralité représentée à Paris le 1 1 juin 1 5o8,

Le nouveau Monde, avec l'Estrif

Du Pourveu et de l'Electif,

pièce que nous avons cru pouvoir attribuer à André de La Vigne (voy. ci-dessus, p. 5); Gringore, de son côté, avait traité le même sujet. Les Abus du monde, imprimés en iSog, contiennent (v. 345-563) un long passage relatif à Pragmatique, Grant Bénéfice,

238 XIII. — SOTYE NOUVELLE DES CRONIQUEURS

Sy ce n'est par un Chappcau rouge'.

Autres foys, comme on peult noter,

Pour telz cas la cuida oster *;

Mais Conseil domina en court. 255

Ung temps fut, ung autre temps court;

Par adventure ung temps sera

Que encor on se resjoyra

Ainsi comme en l'aage dorée.

Le Tiers.

La Paix, qui estoit emmurée, 260

De venir avroit bon mestier

Le Quart,

Nous en avons eu ung quartier Tant seullement en ung costé \

Le Second.

Voire, qui a beaucoup cousté ".

Election et Nomination. L'édition originale est même ornée d'un bois symbolique destiné à illustrer le poème. Depuis le couronnement, de Léon X, la France négociait un concordat avec le Saint- Siège. Le concile de Latran en approuva les termes avant de se dissoudre, mais le parlement se montra d'abord hostile au traité; il ne consentit à l'enregistrer que sur les vives instances du roi {22 mars i5i8). On trouve dans le Journal de Jean Barrillon (II, pp. 1-107) un long mémoire rédigé par le chancelier Du Prat en faveur du concordat.

1. L'opinion publique accusait toujours ceux qui dirigeaient la politique de sacrifier les intérêts du royaume pour obtenir la dignité cardinalice.

2. L'abolition de la Pragmatique Sanction, abolition que Gringore considère comme nulle et non avenue, avait été notifiée à la cour de Rome par l'évêque d'Arras, Jehan JoufFroy, et avait valu à ce prélat le chapeau de cardinal (1462).

3. Ces vers font allusion au traité d'alliance et de mariage conclu à Londres, le 7 août î5i4, entre Louis XII et Henri VIII.

4. Henri VIII s'était engagé à donner une dot à Marie d'Angleterre; mais Louis XII avait dû promettre de verser au roi Henri VIII un million d'écus en dix ans. Dès le 5 février i5i5,

l'AR PIERRE GRINGORE 289

CiNQUIESME.

Je ne sçay s'il durera guiere. 265

Premier.

A quoy tient que la paix entière On a forgée depuis huit ans, Veu que gens, si preux et vaillans, Ont traversé montaignes et vaulx ' ?

La Mère.

Fol.60 C'est faulte de bons mareschaulx 270

Qu'on a forgé la Paix en France ; Mais maintenant j'ay congnoissance Que nous en avons de nouveaulx, Par quoy villaiges et hameaulx Seront desormès supportez 275

Et les biens en France apportés, De toutes nations estranges '.

François I»"" confirma Austremoine Faure, élu sur le fait des aides en Auvergne, dans la commission qui lui avait été donnée d'eft'ectuer le paiement promis à Henri VIII et de régler les pensions accordées à différents personnages d'Angleterre {Cat. des actes de François I", I, n° 80.)

1. Au mois d'octobre i5o8, une trêve avait été signée entre Louis XII et les Impériaux; le 10 décembre suivant, le pape, Maximilien, les rois de France et d'Aragon, avaient conclu la ligue de Cambrai. En iSog avait eu lieu la campagne contre Venise (c'est alors que tant de gens « si preux et vaillans » avaient passé les Alpes); en i5io, la France avait rompu avec les Suisses et avec Jules II; en i5ii, i5i2et i5i3,la guerre avait continué en Italie ; en i5i3, Louis XII avait perdu contre les Impériaux la bataille de Guinegate ; il avait dû accepter le traité signé par Louis de la TrémoïUe avec les Suisses à Dijon; enfin, en i5i4, il s'était vu menacé d'une alliance entre l'empereur, le roi d'Angleterre et le roi d'Aragon. Le poète est l'interprète du sentiment populaire quand il déplore ces huit années de guerre qui n'ont pas abouti à une bonne paix.

2. Dès le lendemain de son avènement, le 2 janvier i5i5, François I" créa maréchaux de France Odet de Foix, seigneur de Lautrec, et Jaques II de Chabannes, seigneur de La Palice. Voy. Jean Barrillon, Journal, éd. Vaissière, I, p. 4.

240 XIII. — SOTYE NOUVELLE DES CRONIQUEURS CiNQUIESME.

Croniqueurs mèneront vies d'anges.

Le Tiers.

Hz s'esjoïront aux villaiges.

Le Quart.

Hz chanteront dans les bocaiges, 280

Chassant dehors melencollye.

Premier.

Et quoy

//^ chantent :

Pastourelle jolye '.

I . Cette chanson figure parmi les Chansons du xv" siècle publiées par Gaston Paris et Auguste Gevaert (1875), n" II, p. 2. En voici le texte (le second couplet est visiblement altéré) :

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