JOUÉE LE DIMANCHE APRÈS LES BORDES
EN l524
[Genève 14. février 1524.]
Cette pièce est une continuation de la sottie jouée en i523. Les Enfants de Bontemps se retrouvent coiffés du bonnet ridicule qu'ils ont coupé dans la chemise de Mère Folie; mais ils portent encore le deuil. Antoine Sobret, qui jouait le rôle de la Mère est mort récemment et, quant à Bontemps, leur père, c'est en vain que l'on a pu espérer son retour. Cette allusion discrète au gouvernement du duc de Savoie explique bien pourquoi les sots de Genève s'abstiennent de toucher à la politique. Il s'en tiennent à une satire générale contre le Monde à qui les livre Mère F'olie. Le Monde s'éver-
324 XVil. — SOTTIE DU MONDE
tue à les faire travailler tous de leurmétier, mais il n'est content de rien. Le Médecin, que l'on consulte, déclare que le Monde est fou.
Comme nous l'apprend une note placée en tête de la pièce, la représentation devait avoir lieu devant le duc et la duchesse de Savoie; aussi les acteurs se montrent prudents. Ils se permettent cependant certaines allusions à la messe (v. 191-207) et à la Bible (v. 210) qui nous montrent qu'ils inclinaient vers la Réforme. Le Conseiller déclare le texte 'de la Bible « chose irrépréhensible w. Quand le Médecin s'élève contre les abus qui se sont introduits dan? l'Église, le Monde répond (v. 260-261) : ~ . " ^ ~
Ce sont des propos du pays De Luther reprouvez si faulx;
mais c'est là sans doute une ironie.
BIBLIOGRAPHIE
abcd. Voy. ci-dessus, no XV, p.
e. Mémoires et Documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, I (1841, in-8), i, pp. 164-180,
/. Deux Sotties Jouées à Genève... Genève, 1868, in-i6.