I. Sans doute la Folle
II 63 tout — 1166 et desbas — 1174 fornye — 1177 Le com^ mencement de ce vers est suppléé; Védition parte seulement : le endormye myc. ...
Sotte folle.
En ceste place N'avrés autrement que tempeste. i i8o
Le diable luy a faict la teste ; Je ne veiz oncq tel luciffer.
Sotte.
Mieulx vous vauldroit estre en enfer Fol. Dv Si je n^ay ung pilUer pour moy.
Sot ignorant.
Escoute donq et parle quoy. 1 185
Je te diz que..«
Sotte.
Merde en ta gorgé !
Va, villain a semer ton orge.
Te faultil mesler de mon cas?
Abuz.
Tu ne faiz que amener traquas, Quaqueter et mener barbotes, 1 190
Et jamais n'entendz ne escouttes Riens qu'on dye, maulgré ma viel
Sotte.
Qui t*a t'a; je séray scrvye.
Abuz.
Se pousera ung petit en despH, puys dit :
Ton cas n'est que une diablerie.
Sotte, quant et quant.
Point ne fault tant de ralherie. 1 1^5
Escoute ung peu^ de par le diable I
SOTISB A HUIT PER80NNAIÇBS 85
SomSt quant et ^Mont.
AleZ). vieulx matin miserabU!
Sot GLORlËtTLX.
Escoute nous ung peu parler.
Sotte, Je vous feray vouler par Pair.
Sot dissolu. '
Ha, le champ me demourera! 1200
Sot corrompu.
Sang bieu! ,qul ne rhonnpferai ,
Jamaiz tayre ne la feron.
V® Abuz, en faisant une .reverance .
Vous Tavrez, madame,
Sotte.
Bon?
Abuz.
Bon.
Sotte.
Gentilh ?
' ■■■ Gentilh.
Sotte.
Tout a mon ayse ?
Sotte, ridendo.
A cesteheure est temps que me tayse. 1 20 5 Je t'ayme, puis que j'ay crédit.
Sot trompeur.
Nul ne t'en avoît contredît ;
Sans rayson t'en metz hors de ternies.
1200 (en vedette) Sotte — 1302 iamas; ne la ferons ta^r
Sot igkorànt.
Tantost riz, tantost pleurs et 1er mes, Tantost courroucer^ tantost paix; 1 2 1 o
Autrement ne fut il jamais Des femmes : il vient de nature.
ÂBUZ.
Or sa, pour faire Touverture De ton pilier, que veulx tu mectre?
Sotte.
Sur tous qu'il soit de main de maistre ; 1 2 1 5 Autrement arons question.
Sot dissolu.
Icy avez Modestidn,
Qu'est aux femmes treshecessaire.
Fol. Dvj Abuz.
Voyons dbnqùes.
Sotte.
Je n'ay que fere D'elle, pour parler rondement. 1220
Sot glouibulx.
Ha, veez cy ton droit fundement, Par mon serment.
Abuz.
Qu'est ce?
Sot glorieulx.
Folye,
Abuz.
Et fut elle d*icy saillie,
Honc piesse mieulx ne demoura.
1209 Tanstost riz
SOTISB A'HUIT FESSONNAIfiES 87
• Sotte; '''
Cest celle que mon amour à^ ' 1225
Je Tayme bien, je vous promectz.
Sot côRitôkpu.
Yeez cy Franc CûeUi', '^ui a jamaiz Des'famtttéis'cloit avoir Tesdit.
Nichilmiet.' !••"•• •''• •■^'^■^o*-: ^ -w^ Sot. coRudMPU.
.••'-¥eea'cy'Despiiî.i«"| î^-'A
•••"•■"ATIU55. ^"^
Droit eslpressemem le çoi^^t' / > . . ; 1 23o Pour mectre îcy: fao^ ! qu'il est bieal •
SOT.IGia3(kANT.
FoUye et Despit, vray lien > • . / - v :
Pour randre.faiQjD;i^& opportunes I
.1. 'Sot>0issouj:) V* Veez cy Vergonne . ■>• • >
•Abuz.
' •» A'p^ourié!
Sotte.
Unes Piesseâ sçay de meilleur conquest. ' 1 2 3 5
' Sot GLORIEULX.
Mectezy maistre : veez cy Caquet.
Doubtés VOUS qu^aux famés ne joigne?
Abuz.
Il joinct comme le vray aquest Des femmes. Ho, quelle apparence ! 1 240
I. Cf. p. 75, y. ioi3. — Dans les Complaintes et Epitaphes du rqy de la Basoche, d'André de La Vigne, on lit {v, 6q5> : Je n'alis pas pier.
Ç8 1. -^ L-B MONDfE'CT ABD8
Sot pQiMi^aiiPù.
.; , Maistre,yecy.
Quoy,?,
Elle n'a point de compawôisç.::;/;;/
■ "Son».! r*.
Aussi poin€ itti Pliy :deiii^dé .
Sot :niQ¥PEnR.
(j j. Veez cy'cèUe que a commanqlé • '^
Li»iammes etleut natibn;;!.:. ; i 1245
Ou est ce ? - • " ■ ' • ■ ' .1 - - . * ! «m ■!...'.
' " - 'S6t^'T^o*l[*Ètiit^ î ' -• - ■'•■'•
Quo]r?::Vanation.
Mectés. . :'" : sV v'< :
.Abuc.
C'est .tout ce que failloit Fol. Dvij Au nouveau Monde.
Sot ignorant.
Veez cy Subjection, Facoxide ;
Toutes deux vallent elles riens ? 1 25o
Sotte ..
Qu'en raige te seront les chiens!
Quieulx espisses pour amoureuses !
Ces pies3^ icy sont cy creuses.
Qu'elles ne tiendront pas en piesse.
1344 a est suppléé -^ 1249 et faconde *— isSimaige — 1254 ne tiendront en piesses
SOTISB A HUIT . 9BRS0NNA|0BS 89
SOX .DISSOLU. /
Geste icy mieux^vanlt r: c'^t Foiblesse 1 2 S 5 Qu'ez fammté si fort.k foy blesse Que, encores que ayeut compromis, Renyront Dieu, disâns simple : c Est ce Moy que i>y dlt^l>, ct.'pât sinlplesà^ *
Janrays n^ki^ ce que ont promis. 1 260
Abto.
'EstlIpromysT* • ' Geste piess6 trésbién advient '
SôTtSLOklEUtÂ.
Gelluy qui par ces motz soubsiieàt ^ ' Que les femmes meoaigent, ment.
Gouvrés donq tout d'Anraigement ; 1 265
Point n'y avez piesse meiiheure.
Sôtté.
Voyons quieulï piessès a ceste heure Font le pilierou j^ay aquest.
Folye, De^pjt et Quaquet, Vaiiaitioji^psii^Foibka^et 1270
Enraigement : honc tel noblesse
1255 Ccst îqr— 1265. dsur*igcineat-r 136S jtont^le pilier (Font est une correction) — 1270 et puis
I . Cette question paraît répondre à Tëquivoque grossière contenue dans les vers isSy.et 1260. La'in6ine équivoque, répétée deux cents fois, et les méfies combinaisons de Tecs;ainguliers se retrouvent dans un recueil des plus bizarres, Les Controverses des Sexes masculin et féminin, de Gratien Du Pont, seigneur de Drusac (Toulouse, Jacques Colomiés, janvier i535, n. s., in-fol.; édition suivie de plusieurs réimpressions en petit format). On serait tenté de se demander si Gratien Du Poht n'a pas connu, à Toulouse môme, notris Sùtise restée célèbre dans les traditions de la basoche, et s*il ne s'en est pas inspiré dans son ouvrage avant de publier lui-môme son Art de rhétorique (Toulouse, 1539).
N'eust femme du Nfènde encien.
y^' L Tii.ds tresbon pràncien^
Abuz;^ceite8y jet'ayine bcaub
SoTmssoLtJ.
Parfaîct est le Monde nouveau ; • * 1275 C^estiipg. plaisir d'y pouvoir .viyrç, . r
Puisque moa.û&uvj:e e(^t^fii| délivre, Or sa, m(^ sot^, que:Cer.9n^ açus,?
SoT.m^6p^u>p
Gaudir^ > ...^ ^ ..• ^m . ip • * • . •• '• f>
Sot GLORIEDtX;
Tuçr;
Sot corrompu.
Gripper,.,
Trancher du^ <»àsteà'u â'dèux* vaws ! ^ 1 280
Sot ignorant .
A nous chassQr des chatz huans I J*€lri sçay Uhe pléynië rîvîere;
SOTTP FOLLE.
Faisons acloure la barrière Du paliZj jouant deux et deux.
SoT &ISSOLD. >
Sotte folle, certes je veulx 1285
Estre ton unique amoureulx Pour gayement t'entrctcnir.
1279 Gaudio — 1284 du paliz ionant — 1286 estre le vniqz
( — - > t » • J lit
SOTISE A HUIT t»ERSONNAIGES gi
Sot GLOKisutx.
Je sois mieuix potir te nraiménff ' ' En loz, en prii et en hoftnéliïfV N'est ce pasmoy qui suis seigrietrr' ' 1290 FoLDviij Auquel mainct ung vient faire homnlaige ?
Deliz et solaige^ ':
Fuyant tout oultraige,
De tresbon couraige
Par moy tu avrfts. . 1295
Sot GORR(Hia»u*-
Ha, sotte, ne te donne es ras Qui sont pour te frotter la teste ; Aymer me doy$, car bpnne feste Te feray, je te le promès. .
En toy n^oncueur jnetz 1 3oo
Sans muber jamaiz, . Car es le vray maiz.
D'aymer; dôulce amye.
Sot trompeur.
Je veulx que puisses estrê unye ^ A moy. De :ma vie 1 3ob
Ne seras bannye
Du fons fde mon caeur.
Laisse ceuU c;y et sans rigueur Veulhe mu seul amy tenir Suis je pas pour te soubstenir 1 3 1 o
Mieuix que homme qui soit a la bande?
Sot IGNORANT.
Sotte folle, je te demande, Le gros jeu, le feras tu point ?
1290 ce est suppléé'-^ i3o4 V imprimé porte simplement \t veulx estre vnxc— i3o8 sans rcucr
Ha, ha» ha ! Chacuxi vient aU pomct ' Dont ma mère me fiât huner . 1 3 1 5
Qui mieux me sera exhorter, Mon iimoMr en appourtera.
v^ Sot dissolu.
Qui confortera Ou supportera " Mon cuer que toy, belle ? 1 320
Alors 5e tayra
Xîuant confort ara î
, Dessus ta /nameUe. '
Sot glokiéulx.
One n'en flif de telle,
Dont pry sans cauthelle i325
Ton cuéur cl'amourettes ;
C*est toy qu'on appelle
D'amours pastorelle,
Deease. ea^ .violettes.
Tes plaisâns fouettes, i33o
Doulces et dehettes ',
Ton pénétrant vîz
Et les babinettes
Qu'as tant popinettes
M'ont faîct tout ravîz. 1 3 3 5
i3i4 veult au poinct — i394 0^^ Q^P fut — iSBoLes plaisans ionettes
I. De het, de hait, ordinairement écrit en deux mots (cf. t. I, p. 343, y. 79; t. II, p. 33, y. 243; 65, y. 831) est une locution signifiant « de bon cœur », qui 8*est maintenue jusqu'au XVII* siècle. Nous ayons là un rare exemple du féminin dehette, indiqué théoriquement par le Dictiùnnaire générai, article dehait. Cf. Thomas, Nouveaux Essais de phil. franc*, p. 337.
SOTISE A HUIT PERSONNAIGBS g3
Sot trompeur.
En joyeulz devis
Les mors et les vifz
Tu faiz esveilher ;
En tous mes conviz
Ne prans aultre adviz 1 340
Qu'en toy sommeilher.
Sot ignorant.
Par toy veulx velher, Chanter et railher^ Sauter par les champs.
Fol Ei De fleur ung millier 1 345
Feray je allyer A toy par mes chantz.
ÂBUZ.
Vous avez trouvé voz marchansi
Sotte, il ne fault que une responce.
Or sa^ desployés moy une once 1 35o
Du sçavoir que on dit feminique.
Qui voulez vous?
Sotte folle.
Tous.
Abuz.
Ha, unique Fault que soit l'amoureulx de dame.
Mais vous monstres comment la femme Veult tout tenir sans riens lascher. 1 355
Dy moy icy qui est le plus cher Des sotz etqiii s'en vantera.
Sotte folle.
Veulx tu qui ^ Qui inieulx chantera Ara mon amour toute toute .
1348 marfaaiife -^ 1349 oRe eti suppléé — 't353 faut
Or sus doncquesy bien les escoute* i36a
Chantez, riffaulx, gaignez la dame '.
Abuz.
Qui dit le mieulx?
Sotte folle.
Non, par mon asme^ Hz ne se sçaroyent accorder.
Chantant n'ont garde de accorder Le cueur d'ung gracieulx àymant. 1 365
î/* J'ay veu plus gracieusement
Cryer au murtre en my la guerre.
Abuz.,
Donner t'en fault d'ung autre varre; Mieulx a ton gré je le cognoiz :
Si te fault il prandre le cheoiz. 1 370
Que veulx tu dire?
Sot dissolu.
Sot trompeur, vous arez du pire, Car par vous Amour est blesie.
Sot TROjfPEUR.
Pour quoy cela ?
Sot glorieulx.
Par jalozie Que vous maintenez, cocardeau ! 1 375
Vous apartient il, marchandeau, . .
De fere les tours qu'avez faiz?
, Sot corrompd.
Faict as mener dans le palaiz Par jelouzie ua^ prisoQnier ;
i365 lecueur — 1378 dedans le palaiz