SOTTIE
' PAR PIERRE GRINGORE " [Paris, liiaï-di 2S février l5i2.]
Dès que. l'imprimerie, eut commencé à propager les .livrer écrits en langue vulgaire, les rois s'en servirent comme d'un instrument de gouvernement des plus puissants. L'expédition de Charles VIII en Italie donna lieu à la publication de nombreux livrets, destinés à justifier la politique royale et à exciter l'enthousiasme populaire ' . Louis XI I usa des mÉmes procédés que son prédécesseur. .Au moment où la ligue de Cambrai fut signée, la France fut inondée de factums dirigés contre les Vénitiens. La poésie tenait dans ces écrits de cir-
I. Les pièces réimprimées par M. de La Pitorgerie souf ce titre: Campagne et Bulletin de la grande ariKée d'Italie eommamlée par Charlts l'/f/ (Nantes et Paria, 1866, in-ii) ne sonipai tes sevlu qu'on puisse cUcr ; nous en connaitaons encbre quelques
constance plus de place que la prose, et les poètes en vogue furent chargés de prêcher la nouvelle croisade. Jehan Le Maire composa La Légende des Vénitiens \ André de La Vigne rima Le Libelle des cinq villes d'Ytallye contre Venise * et les Ballades de Bruyt commun sur les aliances des roys, etc. ' ; Pierre Gringore fit paraître L'Entreprise de Venise *, puis La Chasse du Cerf des Cerfs *; un poète de Chalon-sur-Saône, dont nous ignorons le nom, fit imprimer Le grant Credo de Venise ^\ d'autres anonymes lancèrent dans le public La Lamentation de Venise \ Là Complainte de Venise^ ^ etc. En même temps, des poètes italiens à la solde du roi : Betuzzo da Cottignola, Simeone Litta, dit Simeone da Milano, Graziano da Lucca et d'autres encore, s'adressaient aruz sujets ou aux alU^ 4^ la. France audelà des Alpes ^.
Quand la ligue de Cambrai eût été rompue et que Louis XII n'hésita pas à entrer en lutte ouverte contre Jules II, les factums devinrent encore plus nombreux. Il s'agissait de dissiper la crainte superstitieuse que le pape inspirait à la foule. Ce fut alors que Jehan Le Maire composa Le TraïcHé ihtiiu}ëdt la différence des scismes et des concilies de V Eglise^ etc; Non seulement l'auteur de ce livre prenait, sur le titre môme, la