‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 29 sur 97 · Ibid,^ n · texte numérisé non relu

Ibid,^ n

8. Montaigloa, Recueil de Poésies françaises, V, pp* 120, 126.

9. Voy. Catat. Rothschild, I, n«* .1039, 1040, 2691 et Antonio Medin, Z^ «Storkz délia repubblicA di Vene^iâ nella poesia^ 1904, p. 5io,'n*' 242 et suivants.

qui4ité d* « ÎQdiciaire et bystoriographe de la royne », mais il fit précéder son ouvrage d'une épitre au roi. La presse ne suffit pa$ à Lo^is XII et à ses ministres pour combattre le pape ; ils eurent recours à un moyen de propagande etKore plus actif: le théâtre.

Il n'est . pas douteux qu'une pièce bien connue, que nous ayons cru pouvoir restituer à André de La Vigne,

Le nouveau Monde^ avec VEstrif ' Thi Pourveu et de VElectify

n'ait déjà été composée par ordre*. Il ne s'agissait alors que de démêlés ecclésiastiques : les membres du haut clergé et le roi lui-même voulaient ressaisir Tautorité que le Saint-Siège s'était arrogée depuis que Louis XI avait cru devoir abolir la Pragmatique (27 novembre 1461). Les attaques dirigées contre le pape devinrent bien plus vives lorsque Jules II, après avoir fait cause commune avec les Français, trahit ses alliés et s'efforça de soulever contre eux l'Italie entière. Il n'est pas de moyen qui ne fût bon pour le combattre. La représentation donnée par' Pierre Gringore le mardi gras, 25 février i5i2, eut précisément pour but de dénoncer au peuple cette papauté qui prétendait exercer tous les pouvoirs et qui était en réalité le refuge de tous les abus. Nous avons déjà mentionné cette représentation qui nous fait voir dans quel ordre se succédaient les diverses parties de spectacles variés, tels que les entendaient les joueurs de farces de profession ' ; nous n'avons à nous occuper ici que delà sottie. Le public aurait sans doute été indigné si le poète s'était permis d'abreuver d'injures le chef de TÉglise romaine dans une moralité

I. Voy, Bulletin de la Société de Vhist, du Protestantisme français^ XXXVI (1887), pp. 181 -190, et ci-dessus, p. 5.— !.« Nouveau Monde fut joué à Paris le dimanche 1 1 juin i5o8.

a. Voy. tome I, p. xj.

sérieqse ; mais le masque de la folie permettait toutes les audaces; aussi la sottie a-t-élle - plus d'knpor^ tance que la moralité et que la farce. En voici le sujet en quelques mots : -

Le prince des sots, qui personnifie Louis XH^ veut passer une revue générale de ses suppftts. Aprèâ le défilé de divers sots, en qui s^incarnent les grands seigneut^ laïcs, on voit arriver divers abbés grotesques, qui ont pour cortège l'Ignorance, la . Dissipation et la Paillardise. Les sots qui composent la suite du prince reçoivent, non sans surprise, ces hauts dignitaires ecclésiastiques. Mère sotte arrive, à son tour, revêtue des attributs de la papauté et suivie de ses ministres, Sotte Fiance et Sotte Occasion. Elle pousse les sots à la révolte contre .le prince ; mais ceux-ci veulent rester^ fidèles à leur .chef: seuls les abbés sont entraînés à la trahison. Alors « se fait une bataille de prelatz et de princes »; Mère sotte est dépouillée de ses ornements sacrés; on la reconnaît pourtant et tout le monde l'abandonne,

La mordité, qui est plutôt un dialogue qu'une action dramatique, a un caractère plus sérieux que celui de la sottie. Au début le Peuple françois constate que, si son territoire n'est pas ensanglanté par la guerrey il n'en supporte pas moins de lourdes charges, qui rendent l'épargne impossible; le Peuple ytaliquê énumère les maux -que la guerre et l'anarchie font peser sur lui.. Un débat s'engage entre les deux peraonnages : le Français se plaint que les biens qu'il amasse sont portés chez son voisin; l'Italien répond que son rival est plus heureux que lui, grâce aux; vertus du prince qui le gouverne. Le premier reproche, au second ses trahisons ; l'Italien n'essaie pas de nier; mais, objecte-t-il,

Il n'est rien pire, par ma foy, Qu'est un François ytaliquê.

Doit-on voir dans ces vers une attaque contre les Italiens et contre l'influence italienne, qui, on l'a vu pré-

PAR PIERRE GRINGORE log

cédemment ', était assez peu populaire ? Nous ne le pensons pas; aous croyons plutôt que le « François ytaliqué > désigne ici le Français qui tremble devant le pape et se laisse corrompre par lui. Les deux acteurs restent, en effet, sur ce traita et cèdent la parole à l'Homme obstiné, c'est-à-dire à Jules II. Si l'on songe que l'auteur chargé de ce rôle devait paraître en scène revêtu de la tiare pontificale, on sera surpris de la hardiesse de Gringore. L'Homme obstiné récite une ballade où il s'accuse lui-même de tous les crimes. Peuple ytalique l'engage à changer de propos, à se montrer humble, courtois et doux, pour calmer la colère des Français ; mais le pape refuse de céder. Alors paraît Pugnicion divine,» hault assise en une chaire et élevée en l'air ». Pugnicion fait le procès du parjure, qui agit « par conseil judaîcque », et le menace du châtiment qu'il a mérité. Le pape ne se laisse pas émouvoir ; ses conseillers, Symonie et Ypocrisie, le fortifient dans son entêtement. L'un et l'autre se vantent d'étendre leur pouvoir jusque sur la France. Dans un habile développement, Gringore tâche de dis* créditer Jle clergé français en général et d'ôter ainsi toute valeur aux arguments qu'il aurait pu faire valoir en faveur du pape. Pugnicion divine s'en prend également à Peuple françois, à Ypocrisie, à l'Homme obstiné, à Symoniei Peuple français s'excuse en rejetant les torts sur l'Église. Un personnage nouveau vient mettre fin à la querelle. Ce personnage, appelé Les Démérites communes, avoue que l'homme obstiné n'est qu'un fourbe et un simonîaque, gouverné par un juif*; que Peuple ytalique subit les conséquences de la politique inau-

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