Œuvres complètes de Gringore^ t. II
raît assez plausible. Si Gringore quitta Paris, pu n'y revient que momeatanément, s'il joue ou organise des représentations dans les provinces, c'est qu*il a perdu la faveur de la cour. Il semble qu'il y ait été supplanté par les comédiens italiens. Une curieuse gravure qui se voit, en i525, dans la première édition des Heures de Nostre Damé mises en vers par Gringore, nous montre une scène de la Passion fort profane. La place du Christ y est occupée par un personnage à longue robe qui doit être le poète lui-même ; les bourreaux qui le bafouent et le flagellent doivent être ses heureux rivaux, les bouffons italiens. Ce qui est certain, c'est -que la figure à laquelle nous faisons allusion causa quelque scandale Qt fut remplacée dans une des éditions de x528 et dans celle .4^ 1 534 par ^^^ autre gravure parfaitement orthodoxe '. .
i534. — Gringore donj^e encore des représentations devant le duc de Lorraine avec cinq compagnons joueurs de farces ; c'est du moins ce qui semble résulter d'une mention relevée par Lepage dans les comptes de Nancy *.
Notre poète mourut à la fin de i538, ou au commencement de I 539.
Le nom de « Mère Sotte » que prend Gringore sur le titre de plusieurs de ses ouvrages et qui lui est donné par de nombreux documents était son nom de théâtre; c'était celui sous lequel il s'était fait connaître dans la confrérie des Sots parisiens, où il occupait une place éminente à côté du prince. A Compiègne, ce même nom de « Mère sotte 9 fut pris par le chef d'une com-
1. Pierre Gringore et les Comédiens italiens; Paris, 1898, in-8'. —* Cet opuscule aurait besoin d'être rectifié et complété sur beaucoup de points.