‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 36 sur 97 · Mémoires de la Société des Sciences... de Nancy · texte numérisé non relu

Mémoires de la Société des Sciences... de Nancy

PAR PIERRE GRIN60RB Il5

pagnie d'enfants sans soucis appelé Jehan Jennesson ; mais nous ne savons rien de Jennesson, ni de « ses enffançons, sotz, sottelettes et sotteletz », mentionnés en i539 '.

Un autre acteur de notre spttie doit nous arrêter aussi quelques instants : nous voulons parler de Jehan de L'Espine, dit Jehan Du Pont Alais, ou Songecreux, le plus célèbre peut-être des joueurs de farces qui aient vécu au XVI* siècle.

Selon toute vraisemblance, Jehan de L'Espine était plus jeune que son confrère et ami Gringore ; nous ne trouvons aucune mention de lui avant la sottie de 1 5 1 2 ; mais il devait être déjà connu à cette époque, puisqu'il n'est désigné que sous son nom de théfttre emprunté à un petit pont qui passait sur un égout auprès de la pointe Saint-Eustache à Paris. En i5i5, nous le voyons jouer à Neufchâteau devant le duc de Lorraine et recevoir pour lui et ses « complices » une gratification de 49 francs *. Au mois de décembre de Tannée suivante, le comédien fut impliqué dans une fâcheuse affaire. Il avait pris part à une représentation dans laquelle la mère du Roi, Louise de Savoie, était bafouée sous le nom de « Mère sotte » (faut-il penser que Gringore la personnifiait, et que cette audace le fit tomber en disgrâce ?) ; aussi fut-il arrêté et conduit à Amboise avec deux de ses camarades : Jacques le Basochien et Jehan Sérac, c'est-à-dire Jehan Serre '. Nous ignorons combien de temps il passa en prison, toujours est^l que,

I. Alexandre Sorel, Notice sur les mystères représentés à Campiégne^ 1873, pp. 18, ai.

a. H. Lepage, dans les Mémoires de la Société des Sciences.,, de Nancy ^ 1848, p. 262.

3. Journal d'un bourgeois de Paris, publié par Lalanne, pp. i3- 14; Favre, Les Clercs du Palais, 2* édition, 1875^ p. 146; Montaiglôn et Rothschild, Recueil de Poésies /rançoisesy XI, p. 25e.

eh iSî.g, .nous le rétro.uvons à! la coiir de Lorraine, où il reçut une gratification de 80 francs pour lui et ses « complices » '.

Dans une requête adressée au Parlement de Paris, requête que uqus citerons plus loin, Jehan de L'Espine dît qu'il a j^oué dans toutes les provinces,

' "'• ' ■ ' • • Tant Anjou que Poitouv '•'. Auvergne tiussy, partout, je ne sçay ou;

lïiais nous n'avons guère de renseignements que sur ses divers 'séjours en Lorraine. Il jpua devant le duc pendant le carnaval de i5'23 *; il joua de nouveau devant lùî àvfec ses « enfants' », Mal-me-sert, Peu-d'aquet et Rieit-ne-vault, à l'occasion du baptême du prince Ni- ' colas, au mois de novembre 1624 ^ Il semble que peu de temps après il ait eu encore des démêlés avec la justice. Il s'était querellé avec une boulangère, et bien qil'ir prétendit avoir été

• ' .«. ouït ragé et a terre abattu, i £gratigné^ foullé, trayné, battu » - Et^ pour parfaire, affublé d'une hotte,

il:fut. incarcéré:. Nous avons la requête adressée par lui

au pr^v^t de Paris, Jehan de La Barre {1522-1 533), ' afin d'obtenir son élargissement*; il est probable que

sa détention fut de courte durée.

. ,Unc secondé requête' rimée, adressée cette fois au

parlement de Paris, fait sans doute allusion à un autre

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