‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 43 sur 97 · RosslgnoUet qui chante a[u] vert bocage, s · texte numérisé non relu

RosslgnoUet qui chante a[u] vert bocage, s

Va t*en dire a mon loyal amy Que luy et moy ferons joye sans soucy Se je ne l'ay, las l (je) demourray seullette.

(Biblioth. nat.flny. Rés. pYe. 2730.)

Le premier couplet seul figure dans le Mellange de Chansons publié par Ronsard en i5^2 (fol. 32 h, avec unç méledfo4# les-

' PAR MBRKB GHIKGOItB: . .. l53

Là CoiCIflIllX.

Ennuyt la chose me plaira .

Et demain il m'en desplaira : 325

J'ay propos m,uab|es, cUvers. .

Les ungz regardent de travers

Le prince : je les voy venir ;

Par quoy fault avoir yeulx ouvers,

336 b muable

quin, et fol. Syà^ avec «ne mélodie d'Ad. Willard). Euslorg' 4e Beanlieu .transfbra(m'> la chanson profane en on cantique spirituel':

Fanlte de foy, c'est erreur non pareille;

Si je le dy, fay bien raison poarquoy...

Ce cantique» qui fait partie de la Chrestienme Rêtfouyssance (Genève, 1546, in-8, n'gi], avait été imprimé dés i533 dans les Noils nouveaulx publiés par Mathieu Malingre à Neuchfttel [Chfmsimnier huguenot^ p. 12 5).

La Sotte commune se bornait peut-être à chanter le quatrain suivant, qui nous a été conservé par Pierre Fabri (Legraif et vrai Art de pleine rhétorique ^ éd. Héron, 1890, II, p. 85)3

Faalte d'argent, c'est donlévr nompareijle.

Mourir m'en voys, et tiens tant seullement Que je n'ay rien fors la puce en l'oreille; Et tout me vient par defftnke d'argent*

Le premier vers est souvent cité ; on te trouve notamment dans Rabelais (liv. II, ch«p. zvi); dans Ia Farce joyeuse du savetier ÇLe Roux de Ltncy et Michel, Recueil^ IV, n* 73, p. 5} et dans une ballade de L'Amoureux Passetemps (éd. de i582, fol. E 5).

Roger de CoUerye (éd. d'Héricault, p. 233) a composé sur le même refrain un rondeau, en partie reproduit dans la Vraye Pronostication de M* Gonin (Fournier, Variétés hist. etlitt,, V« p. 223). Fournier prétend que ce rondeau es( devenu une chanson, qu'il dit avoir rencontrée dans un recueil publié à Louvain en 1554, par Pierre Phalèse. Il est probable qu'il a confondu le rondeau avec la pièce que nous avons citée d'après XtMellange de Ronsard, et la date même qu'il assigne au recueil de Phalèse nous paraît inexacte. II s'agit sans doute de la Fleur des Chan- ; sons à trois parties, etc. (Louvain, Pierre Phalèse, et Anvers, Jean Bellère, 1374), collection très rare, qui ne nous est connue que par la mention de Fétis,et dont la Bibliothèque nationale ne pos-, sède pas d'exemplaire.

l54 XI. — SOTTIK CONTRE LB iPAra.'iULES II

Car scismes orriUes, pe^exi 33o

Vous Terrez de brlef «dveak^

GaYEGTE;

La Commune ne sçaft tenir ^ Sa langue.

Fol.Biv Le .III.

N*y prenez point garde :

A ce qu'elle dit ne regarde. •

La Mbre sotte, habillée par desecus^ en Mère sotte '..<r» par dessus son habita ainsi comme VEglke^

Sy le dyable y devoit courir, 3 $5

Et deussay )e de mort mourir

Ainsi que Abiron et Datan,

Ou dampné arecques Sathan,

Sy me viendront ilz secourir !

Je feray chascun acourir 340

Après moy et me requérir

Pardon et mercy a ma guise.

Le temporel vueil acquérir

Et faire mon renom florir.

Ha ! brief, vêla mon entreprise. 345

Je me dis Mère Saincte Eglise,

Je vueil bien que chascun le note/

Je maulditz, anatematise ;

Mais soubz Thabit, pour ma devisé,

Porte l'habit de Mère sotte. 35o

Bien sçay qu'on dit que je radotte

Et que suis fol en ma viellesse ' ;

33o h horribles — 333 b sa légende — 335 Au-dessus de ce vers b répète^ en vedette, le nom de La Mère sotte.

I. La marque de Gringore, reproduite ci-dessus, nous montre comment était fait ce cbstumede Mère sotte. La robe y remplace naturellement le maillot collant que portaientles simples auppéts.

3. Jules II (Giuliano Délia Rovere) était né en 1453 ; il avait donc alors soixante-neuf ans.

PAR PIESKE dONGORSi '^ ' ' l5$

Mais gfumekr voeil a ma posiè ^ . /

Mon filzy le prince, en telle sorte

Qu'il diminue sa noblesse *• .355

Sotte Fiance !

SoTTB Fiance.

La haultesse De rostre regnom florira.

La Mère sotte.

II ne fault pas que )e ^délaisse

L'entreprise ains que je cesse.

Cent foys l'heure on me mauldira. 36o

Sotte Occasion.

Qui esse qui contredira

Vostre saincte discrétion?

Tout aussi tost qu'on me verra

Avec vous, on vous aydera

A faire vostre intencton. - 365

MSRE SdTTE.

Or ça, ma Sotte Occasion, Sans vous ne puis faire mon cas.

Sotte Occasion.

Pour toute résolution

Je trouveray invention

De mutiner princes, prelatz '. 370

Sotte Fiance.

Je promettrày èscus, ducàtz,

1. Le pape prétendait restreindre les droits dn roi et le chasser de rUMe. .

3. An moi8'dV>ctobre i5tr, Jules II avait annoncé officiellemeat la formation d\fne ligue contre l« France, ligue à laquelle le roid^Aragon et -la république dé Venise «raient fait adhésion, et à laquelle devaientadhérerehcôB&le roi d'Angleterre et rempeccitr^

1 56: XI. — SOTTIB COlfTKB LE PAPE JUL8S II

Mais qu'ilz «oyem dé vostre aliance

FoL Bv Là Mère SOTTE.

Vous dictes bien, Sottie Fiancé.

Sotte Funce.

On dit que n'avez point de honte

De rompre vostre fôy promise *. 37 5

Sotte Occasion. .

Ingratitude vou^ surçionte :

De promesse ne tenez compte/ Non plus que bourcîers de Venise.

Mere sotte.

Mon médecin juif prophétise

Que soye perverse, et que bon est, 38o

Sotte. Fiance.

Et qui est il ?

Merb sotte.

Maistré Bonn^ '.

I. C'est aux Suisses surtout que le pape promettait écus et ducatSy exploitant le mécontentement provoqué chez eux par la parcimonie de Louis XII.

3. Plusieurs fois Jules II avait fait entendre des paroles de pals pour rassurer et tromper son adversaire.

3. Le médecin juif Bonnet de Lates, originaice 4e la Frovence, avait joui de la confiance du pape Alexandre VI et il. était encore en grande faveur auprès de Jules II. Bonnet avait composé un anneau astrologique dont il avait exposé les vertus dans un traité dédié au souverain pontife : Boneti de Lotis Hebreit medici prov€n!(alis, annuli per eum compositi super astrologiam Utilitaies (s. 1. n. d., mais Rome, Andréas Freitag, vers 1495, in-4 : Hain, n« 9926). Ce traité, réimprimé en 1497 (Hain, n* 9927) était alors extrêmement populaire, comme raxtetfeni lesrréimi-. pressions qui en furent données à la suite du Textus de sphaeru de John Holywood, en i5oo (Hain, n* 1419 1; Biblioth. de Zurich), en 1607 (Bristish Muséum, S563, f.), en i5ri (A.A. Re* npuard, Annaies de Vimprimerie des Estiennè^ Véd.^ p..<tô). On pourrait en citer de nombreuses iédidonspostérieiues à i3ii, .

PAR PimS QRINQOKB ^ i 1S7

So^rrE- .Occasion.

Nostre merey est il deffiendu ' En droit par jvUfiSe gouverner?

SomFujfCK*

Ainsi comniej'ay entendu, 385

Tout sera congnu en temps du :

Il y a lieu 9, discerner* .

MfiMt SOWE^

Doit autre que moy dominfei^?" '

Sotte Fiance.

On <lit que errez contre la loy *.

Mbrç sotte.

l'ay Occasion quant et moy.

Sotte Occasion.

Nostre mère, je vous diray : 390

.Voùlentiefs je vous serviray àans qu'il en soit plus répliqué.

Hvffi^ sottç.

AaaiytQst que je ces(^ray

.D^es^tre p^ryerçe je mourray :

Il estainsi pronostiqué. 3g5

SoTTÉ Fiance.

Vous avez tresbieh allégué, Ne le mectray en oubliance.

390 (en vedette) a forte siv^iement : Occasion — 3^6 {en vedette) tL porte siwpiement: Satti^

I . C'est ce que devait proclamer le concile convoqué à Pise, par les soins du roi de France, pour le i" septembre t5ii. Jules II répiûtidit à cette -eonVdCàtiofi^n appelant lui-même les évéqnes à se réunir en concile oecuménique à Saint-Jean de Latran le i** mai i5i2.

• l58 XI. --'SOTTIB CONTRE IM PAPE JULES II

La Msix.

J'ay avec moy Sotte. Fiance;:

Occasion. ' •

Qu'est la Bonne Foy devenue,

Vostre vraye sotte principalle? 400

. La MeMS SOTTE.

Par moy n'est plus entretenue Et est maintenant incongnue ; Au teipps présent on la ravalle* ,

Sotte Fiance.

Si l'ay je veu» juste et loyalle,

Âutreffois jouer en ce lieu, 405

FoL Bvj La Mère sotte ,

La Bonne Foy ? C'est le viel jeu.

Occasion.

Vostre fiiz, le prince des SotZj^

De bon cueur vous honore et prise.

La Mers.

Je vueil qù*oh die a tous propos, AflBn que acquière èruyt et lots, 410

Que je suis Mete Saincte Eglise.

Suis je pas en la chair assise ?

Nuyt et jour y repose et dors.

Sotte Fia;nck. .

Gardez d'en estre mise hors.

La Mère sotte.

Que mes prelatz viennent icy ! 415

Amenez moy les principaulx.

Occasion.

Hz sont tous psestz, .n'ayez soulçy^

41 5 (en vedette) La m. dans b

PAR PIERRE GMNOOtB- I&9

Et délibérez, Dieu mercy, Vous 8cmr comme vos vâsttkulx.

Sotte FîANCB; Croulecu, Sainct Liger , Frevaulx ! 4^0

Ça, La Courtîllc et Plate fiowc^!

Venez tost i<^ a grant cource l

li » •

-. Plate Bouilce.

Nostre mère !

Frevaulx.

Nositre asottee !

Croulecu. .

Nostre sùport, nostresouilài ï 1

. Plate BouacE.

Par Dieu, vous serez confortée 4^5

Et de nuyt et Jour supportée

Par vos vrays suppoiz, les prelatz.

Mère SOTTE.

Or je vous diray tout le cas.

Mon filz la temporalité

Entretient, je n'en doubte pas ; 43^

Mais Je yueil, par/<w ou ntfhas.

Avoir suf luy rauctQrité.

De respirît.^alité ,, , ^ ^

Je jouys, ainsy qu'il mç semble \

Tous les deux vueil mesler ehsèpible 435

. Sotte Fiance. : . . Les ptinces y contrediront. • '

423 h porte en vedette: Labbe de pUtc bource — 426 * tt d« iônr— '431 ^.ptr phas - ::-»•- ;. ' ^

l6o XI. —r SOTTIE COOTRB VB, PAPE itîLËS II

. . Sotte » Ocgasioh.

Jamais Hz ne consentiront Que gouvernez le temporel .

... La Merb.

Vueitléhtou:non^ilz<le,ierontf. .

Ou gt$mde guerre a moy avroni;. 440

Tant qu*on ne vit onc débat tel.

FolBvij Plate Source.

Mais gardons Tespirituel; Du temporel ne nous meslons.

La Mère soTté.

Du temporel jouyr voulions.

Sotte Fiance.

La Mère sotte Vous fera 445

Des bièns^ entendez la substance;

:FREVAt7X.

:< I Coia;iment?

..: .=§OTTE Fiance. '

' El vous dlspeiicera

De faire ce qu'il vous plaira, Mais que tenez son aliafice .

Croulecc.

^ Qui ledit?

■ ' ' Sotte Occasion.'

• C'est Sotte Fiance. 450

Je isviis de son.oppiniôn.

. Gouvernez vous a ma plaisance ; Contenté éuîs menéf la dance, Je qui suis Sotte Oc(:asion.

v» Vous avcozi «DtfiOonclusiQa, ,. . 455

Largement de rouges chappeaulx.

438 a tempprel — 439 h Veuillent oa.iiott Uj sera tel ^ 447 ^ Ell«

PAR PIERRE GRINGORE l6l

; Plate Source..

Je ne mq cpngnois aux assaulx.

La Mère sotte. Frappa de. crosses et dp croix.. .

* '' Plate BoURCE

Qu'en dis tu, abbé de Frçvaûlx ?

. , . Frevaulx. . ^ . . .

Nous serons trestous cardmaulxy f • ^. 460 Je Tentens bien, a ceste fois.

• '. (>- ■Croulecu. .,' . ".

On y donne des coupsidefouetsi/^ :

Et je enrage q,uant on me oppresse.

Mère sott]^.-

Mes suppp^z^et amys parfaictz,

Je sçay. et con^nois que je fais ; 465

De en plus deviser c'est simplesse.

Je voys'par devers la noblesse

Des princes. - ^ - ..,■<,:.

^LATE BotmtÉ.

Allez, noscre mère, ParâtAèvcz Yôstr^é lïïistere:

Mere sotte.

Princes et seigneurs renommez, 470

En toutes provinces clamez, Fol. Bviij Vers vous viens pour aucune cause.

460 (en vedette) h Labbe de freuaulz — 464 a amy •*- 466 i^ X>^n ' 468 (en vedette) b Labbe de platte boorce

l62 XI. — SOTTIE CONTRE LE PAI^E JULES II

Le Seigneur do'POiIt Àlletz Nostremére; dictes la clause.

Là Meue sotte*

Sousteûir vueil en conseqtiieiice: ' ' - Devant vous, mes gentilz suppotz, 475

Que doy avoir prééminence.

Par dessus le prince des Sotz .

Mes vrays enfans et mes doriotz, » '/ Alliez' TOUS aveeques moy. -^ ^»'

Le àÈlGNEUR i>Ê JOYE.^ '

J'ay au prince promis ma foy ; 480

Servir ie'Vudly IL est Binsir. :: :. • . • »

■ xe sfèïô^ûR'OT PEit: ' • ^^*

Je suis son sulj^geet: '

' Lîi PftrncÊ iJÉ Nàtès. ' ^ ^' ' '' - * MoY aussi; '

jLe Q^^ekal-p'Emfa^e. ^ .. .^ ,-

Jeseraydeson aliance. -..;... .ri

Le Sei^^|](9, de la Lune.

Nostrf ji^^ir^i i'^y e§p^ance

Vous aider, s\\\ ;v,ou^ semble. b<?n.. , . 485

Le Seigneur du Pont Alletz.

Vella la Lune, sans doubtance, Qui est variable en substance Comme le pourpoint Jehan Gippon '•

478 b mes droitz -^ 480 à ma foy — 486 {en vedette) b La mcre totte ' * ••■""^ ' '"

I. m Gippon ïncliquaït une espèce de casaque dourte ' ou "Hé^^ ' hoqueton un peu en lambeaux, ou de robe déguenillée, rapiécée et rapiécée à la grâce de Dieu^ avec des haillons de toute couleur. Hbùs àv^ttiÀ' toujours iùpp'osé qu'on avait Bonne lé nôitl àé JéUèn Gippon aux Écossais enféginièùtés dans 1- armée française pis

PAR PIERRE GRINGORE l63

yo La MÈRE sotte.

Serez vous des miens ? ....

Le Seigneur j>e Joye.

Nenny non.

Nous tiendrons nostre fo^^promise. 490

. . La Mère SOT^Br; : :. ::; 'I

Je suis la Mère Sainct^ église.

Le.SeiÊHBÙR Dti PUGT. ■

Vous ferez ce qui vous plaira; Mais nul de nous ne se faindra ; 'Sa foy, îe le dis franc et net. i • . =

Le Prihgb de Natbs. ' •

Le prince nous gouvernera. \ ;. . ". 'J495

ûïot fippén ^8t hieà, en effèi, la désignation dn ih7f* de cette espèce de jupe que portaient et que portent encore les Hig^lan-' ders ; les couleurs variées de leurs h^ftbits et leur renommée de niaiserie s'appliquaient fort bien au double $çns de variabilité et de' badaùâerie'. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, on comprend, par les exjyiicatîons précédentes j pourquoi Gringorc-dit : « Variable com'me le pourpoint de Jehan Gippon it*,an saisit 'aiissi fadtémetft le feu dé mots 'sur pourpotàt et gippon. Mais ri est vraisemblable qiie les auditeurs de GHngore y voyaient '|ilu9 •Bâôte, et que nous, à notre tout, nous y devons cherthei^ uhte' allusion historique, une plaisanterie lancée contre Fenlîfiand d*Àragon. Jeliait Gippon (était, en effet, au dire de Dti BeHà^, ïV surnom que le poptilaire français avait donné à ce prince.' Soh roy^Ulhe përhissait fhitde pièces et dé morceaux; U était, dit ié Jiumal d'un èourgeois, publié- par Ml Ludovic Lalanne, « hl^y de Castille, d'Aragon, d^Ândolozie, Grenade et aultres royaulmès». Cette annexion firé<tuente de nouvelles provinces avait frappé fes Français, et, comme il avait été Ibtir plus habile, leur plus pèrsé-^ vérant ennemi» ils avaient comparé son manteau royal, auquel il ajoutait si fréquemment un nouvel ornement, k Thabit diverse-^ ment rapiécé d\in mendiant. L'on sent cotnbien dut être ^àtttië la plaisanterie de Gringore, parlant à pràpos de ce rôi,'t}es couleurs variées du pourpoint de Jehan Grippon. 11 avait eridbré^ aux yeux du peuple français, un autre droit à ce sobriquet, to

Le Seigneur du Pont allés.

De fait on luy obéira ;

Son bon vouloir chacun congnoist.

Le General.

Je pôrtéray lïion moulinet, * * ' S'il convient que nous bataillons, ^

Pour combattre les papillons '. 5oo

' 'SoirTE Fiance.^ La mère .vous fera des biens

Soi b des m. i

droit moral, pour ainsi dire : « Il changeoit legîerement d'oppinion quant il y congnoissoit son àviantage. » Lk encore Gringore avait bien rencontré, quand il' mettait un tel personnage sous la direction des idées lunatiques, et qu'il faisait allusion à la variabilité du pourpoint de Jehan Gippon. » Montaiglon.

Ajoutons que, dans Le Testament fin Ruby de Turquie, pièce tout à fait, contemporaine, de notre sottie, ua poètes .populaire feit',4irfig\j.t}es^9.tpur;. , . , • -, ....:•;;.:,•

/ , . . .W^:^^^°4f^> f^j^'êypp^'^ etpassaa» >

Bobdinez, biçii cousus et piiyssa|)9*M

(Montaiglon et Rothschild, Recueil, Xllî^ pu 6^)

Il e^t.p^rlé de Jehan Gijpjfon d^ns Le Pourp^nt fermant a bou-^ to;t^^ curieuse satire jointe à Tune des éditions du Triomphe de treshaulte et puissante dame Verolle : « chausser de marinier, grandes et larges et descpusues pa^r derrière, att^chçcs «C accrochées a espingles, refaufiUees et cousues de fil delaine^ou estouppe,. de long, a long, comme le pourpoint a Jehan Gippon, 4<>nt Ips trois poinctz en font une aulne >> (Montaiglon, i^cutfii, IV, p. 873)., Dans un autre passage, Tauteur de cette même pièce maudit le» «.Qippons et. Espaignolz, mariniers, devins, ipores^ qui di^^ nature sopt galleux, rogneux^ farineux, puans, pugnays, mallades de sainct Main... » (ibid.<, IV, p. 280).

Sur le surnom de Jehan Gippon on peut vpir encore la Mitistùire. barragouyne de Guillaume Des Autelz, éd. de i85o. p. 8.. Dans certains textes, par exemple dans la Meygra Entrepri^a çatoHqui Jmperatoris d'Antoine Arène (i536), Jehan Gippon est. le sobriquet donné à Charles-Quint. V07. aussi une dépêche de^ Louis. Perreau, seigneur de Castillon, en date de 1 538 (Corres-' pond^nc^ politique de MM* deCastillon et de Marillac, i885, p. 68).

-i. Jeu de xnot8surfa////oti et soldat du pape.

PAR PIERRE GR1NG0RE l65

Si VOUS vouliez estre des siens; Par elle avrez de grans gardons. •

Le Seigneur pe Joye.

Comment?

Fol Ci Sotte Fiance.

El trouvera moyens Vous deslyer de tous lyens 5o5

Et vous assouldra par pardons. '

Le Seigneur de La Lune.

Elle nout promet de beaulz dons Se voulions faire sa plaisance.

Le Seigneur du Plat*

Voire, mais c'est Folle Fiance.

Sotte Occasion.

Nostre mère, pour bien entendre, 5io

Doit sur tous les sotz entreprendre ;

Vêla ou il fault regarder.

Se le prince ne luy veult rendre

Tout en sa main, on peult comprendre

Qu'el voudra oultre procéder, 5 1 5

Et, qui n'y vouldra concéder.

On congnoistra Pabusion.

Le Seigneur du Pont Alletz.

Vêla pas Sotte Occasion ?

Le Seigneur de Jote.

Qu*en dis tu?

Le Seigneur du Pont Alletz.

Je tiendray ma foy.

Le General.. .

En effet sy feray je moy, 5 20

504 b Elle— 5x9 (en vedette) h porte simplement Le seigneur

l66 XI. — SOTTIE CONTRE LE PAPE JULES II

y° Le Prince de Nates.

Au prince je ne fauldray point:

LaLbkx.

En effet, a ce que je voy, .

Ma mère, obeyr je vous doy.

Servir vous vueil de point en point.

La Meke.

Je Toys mettre mon cas a point, SaS

Je le vous prometz et afferme.

Le SKiGHCtnt du Plat.

Et dea 7 quelle mousche ta point?

Le SEi&MEuit DD Pont Alletz.

Je n*enteits pas ce contrepoint :

Nostre mère devient gendarme *.

La Mère sotte.

Prelatz, debout ! Alarme, alarme 1 53o

Habandonaez église, autel I Chascun de vous se treuve ferme !

L'Abbé de Frevaulx.

Et ! vecy ung terrible terme î

L'Abbé vz Plate Bource.

Jamais on ne vit ung cas tel I

Croulecu .

En cela n'y a point d'appel, 535

Puis que c'est vostre oppinion.

Sotte Occasion.

Fol.Cij El veult que l'espirituel

523 b day — Say b le poîngt — 53? * E( venli

1. On voit qu'il y avait ici nn changement de costume. Mère sotte, loQt comme Jules II, ajoutait à son costume ecclésiastique des attributs guerriers.

PAR piBRRE GKINQQKE ... . 1(67

Face la guère au temporrel, Et par vous^ Sotte Occasion.

Lb premier FOLi

Il y a cbnibinacioà

Bien terrible dessus jes champs. 540

Le .II. Sot.

L'Eglise pr^dt dkcention Aw. Rigueurs.

Le .III.

La division Fera chanter de piteus chans.

La Commune.

Bourgeois, laboureurs et marchans

Ont eu bien terrible fortune. 545

Le Prince.

Que veux tu dire, la Commune ?

La Commune.

Afin que le vray en devise,

Les marchans et gens de mestier

N'ont plus rien : tout va a TEglise.

Tous les jours mon bien amenuyse ; ^5o

Point n'eusse de cela mestier.

Le Premier.

Se aucuns vont oblique sentier, Le Prince ne le fait pas faire.

La Commune.

Non, non, il est de bon affaire.

Le .II. .

Tu parles d'ung tas de fatras 555

Dont ne es requise ne priée.

i68 XI. — SOTTIE CONTRE LE t»APE JULES II

La Commune.

Mon oye avoit deuit dûigs de gras, Que cuydoye vendre en ces jours gras ; Mais, par Dieu, on l*a descryee \

Le .IIL

Et puys?

La Commune.

Je m'en treuve oultragee ; 56o

Mais je n'en ose dire mot.

Non obstant qu'el soit vendengee, Je croy qu'el ne sera mangée Sans qu'on boyve de ce vinot.

Le premier Sot.

Tu dis tousjours quelque mot sot. 565

Le .IIL El a assez acoustumé.

La Commune.

Je dis tout, ne m'en chault se on m'ot ; Enfin je paye tousjours Tescot.

J'en ay le cerveau tout fumé.

Le dyable ait part au coq plumé *; Fol, Ciij Mon oye en a perdu son bruyt. 570

56o a oultrage — 569 ab y sdt

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