‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 44 sur 97 · I . Allusion au décri des monnaies · texte numérisé non relu

I . Allusion au décri des monnaies

3. « Le coq, c'est le coq gaulois, la France, qu'on plumait peu à peu, en la dépossédant de ce qu'elle avait conquis en Italie. On en avait mieux auguré au moment de l'expédition contre Venise, qu'avait signalée le victoire d'Agnadel . Une vieille sculpture de l'église Saint-Marc avait donné lieu à ces présages, d'abord réalisés. C'était, suivant Le. Maire de Belges, en sa Légende des Vénitiens ([éd. Stecher» III, p. 33 1]), un coq crevant les yeux à un renard; dénotant parle coq le roi Très Chrétien, et par le renard la nature des Vénitiens. » Fournibr.

Le feu si. chault a allumé ;

Après que a le pot escumé

Il en eust les sueurs de nuyt.

Le merle chanta ; c'estoit bruyt

Que de Touyr en ce repaire, 57 5

Bon œil avoit pour sauf conduyt.

Quant iiz eurent fait leur deduyt»

Hz le firent signer au père.

Le .IIL

Nous entendons bien ce mistere ;

Je vous prie parlons d'aultre cas : 58o

Le Prince n'y contredit pas .

La Mere sotte.

Que l'assault aux princes on donne,

Car je vueil bruit et gloire acquerre,

Et y estre en propre personne.

Abrégez vous sans plus enquerre ! 585

Le Seigneur du Pont Allez.

L'Eglise nous veult faire guerre, Soubz umbre de paix nous surprendre '.

Le Seigneur du Plat.

Il est permys de nous deffendre, Le droit le dit, se on nous assault.

573 ab le sueur

I. « 11 y a dans ce fatras embrouillé à plaisir une allusion à tout ce qui s'était passé entre Louis XII, Jules II et les princes : Louis XII allumant le feu contre Venise, écumant le pot pour le pape, puis s'arrétant, pris par cette peur d'aller trop loin qui lui donna la « sueur de nuit », et enfin, quoiqu*il eût bon « œil pour sauf-conduit », se laissant surprendre par la ligue nouvelle que les princes et le pape avaient conclue entre eux à leur plaisir, ca leur deduict. «Fournisr.

La Memb sotte. .

A l'assault, prelatz, a l'assaultl 590

y* Icy se fait une bataille de prélat^

et princes.

Le PREMiEa Sot.

L'Eglise voz suppostz tourmente Bien asprement, je vous prometz, Par une fureur véhémente .

La Commune.

En effet, point ne m'en contente ;

J'en ay de divers entremetz. 595

Le PiuNcs.

A ce qu'elle veult me submetz.

Le .IIL Vous faire guerre veult prétendre.

Le Prince.

Je ne luy demande que paix.

Gaybcte.

A faire paix ne veult entendre.

Le .111.^

Prince, vous vous pouez deffendre . 600

Justement, canonicquement.

La Commune.

Je ne puis pas cecy comprendre Que la Mère son enfant tendre Traicte ainsi rigoureusement '•

Le Prince.

Esse l'Eglise proprement? 60 5

I. Le roi de France était considéré comme le fils atné de l'Église. Cf. y. 63 1.

PAR PIERRE GRINGORB 1 7 1

Fol. Ciiij La Commune.

Je ne sçay ; mais elle radotte.

Le Prince.

Pour en parler reallement,

D*Eglise porte vestement,

Je vueil bien que.chascun le noue.

Gouverner vous veuit a sa poste. 6 1 o

Lb.IIL

El ne va point la droicte voye.

Le Premier.

Peult estre que c'est Merre sotte

Qui d'Eglise a vestu la cotte,

Par quoy il fault qu'on y pourvoye.

Le Prince. Je vous supplye que je la voye. 61 5

Gayecte.

C'est Mère sotte, par ma foy '.

Le Premier.

L'Eglise point ne se forvoye, Jamais jamais ne se desvôye; El est vertueuse de soy.

La Commune.

En eJETecty a ce que je voy, 620

C'est une maulvaise entreprise.

Le Prince.

v*» Conseillez moy que faire doy .

I. Il y a ici un jeu de scène. Le prince soulève l'accoutrement, moitié religieux, moitié guei-fier, de Tacteur, et fait voir le costume de Mère sotte.

172 xi. — sottie contrb le pape jules ii

Le «il

Mère sotte, selon la loy, Sera hors de sa chaire, mise.

Le Prince.

Je ne vueil point nuyre a TEglise. 625

Le .III.

Sy ne ferez vous, en effect.

Le Premier.

La Mère sotte vous desprise ; Plus ne sera en chaire assise Pour le maulvais tour qu'el a fait.

Le .II.

On voit que de force et de fait 63 o

Son propre filz quasy regnie.

Le .III.

Pugnir la fault de son forfait Car elle fut posée de fait En sa chaire par symonie.

Le Premier Sot.

Trop a fait de mutinerie 635

Entre les princes et prelatz.

La Commune.

Et j'en suis, par saincte Marie, Tant plaine de melencolie Que n'ay plus escuz ne ducas.

Fol.Cv Le .II.

Tays toy, Commune, parle bas. 640

La Commune.

D'où vient ceste division ?

Le .III.

Cause n*a faire telz debatz.

PAR PIERRE GRINGORE lyS

Le Premier.

A mal faire prent ses esbatz.

Le .II. Voire, par Sotte Occasion .

Le .III.

S'elle promet, c'est fixion, 645

N'en faictes aucune ygnorance.

Le Premier.

Avec elle est Sotte Fiance.

Le .II.

Concluons, ainsi qu'on devise.

Là Sotte commune.

Affin que chascun le cas notte,

Ce n*est pas Mère saincte Eglise 65o

Qui nous fait guerre, sans fainctise

Ce n'est que nostre Mère sotte.

Le .III.

Nous congnoissons qu'elle radotte D'avoir aux sotz discention.

Le Premier.

' El treuve Sotte Occasion 655

Qui la conduit a sa plaisance.

Le .II.

Concluons.

Le .III.

C'est Sotte Fiance.

Finis.

635 Elle

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