‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 64 sur 97 · Léon X · texte numérisé non relu

Léon X

2. Francesco Maria Délia Rovere, duc d*Urbino, neveu du pape Jules II.

3. On peut voir dans VHistoria d*Italia de Francesco Guicciardini, livre XIII (éd. de i565, in-4, fol. 358 et suiv.) le détail de la campagne entreprise par Francesco Maria Délia Rovere pour rentrer en possession du duché d'Urbino que Léon X lui avait enlevé en i5i6 pour le donner à Lorenzo de' Medici. La campagne commencée au mois de mars 1 5 17 ne se termina qu'au mois de novembre.

4. Les suppôts dont il est ici parlé devaient être des Languedociens, des Gascons, la pièce ayant été, suivant toute vraisemblance, représentée dans le sud-ouest de la France.

Or, les Gascons jouèrent un rôle important dans la campagne d'Urbino. Il y avait sûrement des Gascons dans les bandes espagnoles de Maldonado qui formèrent le premier noyau de Tarmée de Francesco Maria; de plus « le roy lui envoya pour secours

Le .II. Sot.

Lonc tans ont tenu la canppanye .

Le .III. Sot.

Ne se s'yls ont perte ho ganiye.

Le Pysse.

Mes parlons du roy d'Espangîe,

Le .II. Sot. Long temps ont tenu la campaingne.

Le .III. Sot.

Ne sçay s'ilz ont eu perte ou gaingne.

Le Prince.

Mais parlons donc du roy d^Espaingne,

messire Thomas de Foîx, seigneur de Lescun, avec quelque nombre de gens d'armes a cheval et trois mil hommes de pied soubz la charge du seigneur de Chissey » {Journal de Jean Barrillon, I, p. 3x4).

Il y avait aussi des Gascons dans l'armée pontificale et Francesco Maria fit tous ses efforts pour les gagner à sa cause. « Nel quai tempo mandô Francesco Maria un trombetto a mostrare a' fantî guasconi certe lettere trovate nelle scritture de' segretarij di Lorenzo, le quall il giorno che e' si parti dal castello di Saltara^ erano state insieme con una parte de' suoi carriaggi tolte da' cavalli de gli nimici ; per le quali lettere si comprendeva che il pontefice infastidito délie disoneste taglie de' Guasconi, a' quali era stato necessario accrescere ciascun mese immoderatissimamente i pagamenti, desiderava si facesse ogni opéra per indurgli a tomarsene di là da' monti ; per la quale oqcasione era pericolo che il giorno medesimo non facessino qualche tumulto, se Carbone Guascone, loro capitano, et Lorenzo de' Medici, ingegnandoti di persuadere essere lettere finte et ingannt de gli nimici, non gli havessino rafirenati» (Francesco Guicciardini, La Historia d^Italia; Venetia, Nicolô Bevilacqua, i565,in-4, fol. 353 v»).Pour mieux calmer les Gascons, Lorenzo de' Medici les laissa piller à leur aise San Gostanzo {ibid»).

254 ^^V. — FRAGMENTS d'uNE SOTTIE

Qy et passé 'par Anglatere ' ; 1 5

Ils nos vellet fere la gère Queque choze que Ton an dye.

S'ils dessandet an Pyqardye, Que an ferra hon, mon amy sot?

Le .1. Sot.

La jorneye de Tallebo : 20

S'am foyyront les plus lygers *.

Le .11. Sot.

S'yls se renconteret sur les mers,

Qui est passé par Angleterre ' ; 1 5

Il nous vouloit faire la guerre, Quelque chose que Ton en die.

S'il descendoit en Picardie, Que feroit on, mon amy sot?

Le .1. Sot.

La journée de Tallebot : 20

S'en fouyrent les plus ligers *.

Le .11. Sot.

S'ilz se rencontrent sur les mers,

1. Nous avons parié ci-dessus (p. 346) du voyage que le roi d*Etpagne avait dû faire en Angleterre.

2. « Je ne connais pas par ailleurs cette locution proverbiale, qui ne figure pas dans le recueil de Le Roux de Lincy. Tallebo ne peut guère désigner que le célèbre capitaine anglais John Talbot, tué à la journée de Castillon (17 juillet i453), et dont la mort amena la déroute des Anglais et la délivrance de la Guyenne tout entière. » A. Thomas. — Gaston Paris se demande {Romanta, XXVr, p. 104) s'il ne conviendrait pas de lire : « la jorneye de Taillebourg »; mais alors il n'y aurait plus de rime.

PAft MAITftE GEOftGES ' 25S

Pregand fera lur choze bonne '; Piètre Nevare les gerdonne *,

Pregent leur fera chasse bonne '.

Pierre Navarre les guerdonne *,

1. Prégent de Bidoux, Gascon, amiral du Levant et général des galères, était devenu très populaire depuis qu'il avait, à plusieurs reprises^ battu les Anglais. Au mois d'avril i5i3, il avait notamment coulé quatre navires ennemis dans une rencontre où le grand amiral d'Angleterre, Edward Howard, avait trouvé la mort (voy. Montaiglon, Recueil de Poésies françaises , VI, pp. 97- 100). Le nom de Prégent se trouve souvent dans les chansons du temps (voy. nos Chants historiques français du xvi* siècle, extr. de la Revue d'hist. littéraire, 190 3, in-8, pp, i56, 9, 46). Ce vaillant marin mourut en 1628.

2. L'Espagnol Pedro Navarro, qui jouit d'une grande réputation comme ingénieur, s'était fait connaître en i5o9 par une expédition des plus hardies. Il avait armé tine flotte aux frais du cardinal Ximénès, archevêque de Tolède, et avait fait une expédition contre les Barbaresques; il s'était emparé d'Oran, de Bougie et de Tripoli [Pauli Jovii Opéra, iSyS, in-fol., I, p. iSy). Pris par les Français à Ravenne, en i5i2, Pedro avait été enfermé à Loches par ordre de Louis XII. François I^r le prit à son service, paya sa rançon (cette rançon, due au duc de Longueville, était de 20,000 écus soleil, comme on le voit au CataU des actes de François J<^', I, n* 'job), le nomma chambellan {Journal de Jehan Barrillon, I, p. 58), et le chargea de lever des bandes d'infanterie gasconne {ibid,, I, pp. 68, 71). Ces bandes et leur chef jouèrent un grand rôle dans la campagne d'Italie, en particulier à Marignan ; mais des services de ce genre frappaient sans doute moins l'imagination populaire qu'une croisade dirigée contre les ennemis de la foi ; aussi notre poète parle-t-il du capitaine espagnol comme d*un marin. En i5i7, Tannée môme où fut jouée notre sottie, Pedro Navarro reçut du roi un don de 4000 1. t. pour les dépenses d'un voyage qu'il allait faire contre les infidèles {Cat, des actes de François /««■, V, n» 16529).

Nous ne suivrons pas plus longtemps le célèbre condottiere espagnol. Rappelons seulement que, après la mort de Lautrec, il fut fait prisonnier près de Naples et enfermé dans cette ville (fin d'août i528). Il avait su gagner les bonnes grâces de son geôlier quand arrivèrent des lettres de Charles-Quint, ordonnant de lui faire subir la peine capitale, comme traître à l'Espagne. Il fut trouvé mort dans sa prison. (Voy. Pauli Jovii Opera^ 1578, in-fol., II, pp. 58, 61.)

256 XIV. — FRAGMENTS d'uNK SOTTIE

Et d^autres gens a gros milhers. 25

Le .m. Sot.

S'yis se rencontret sus les mers.

L'on les an anvoyerra ort '.

Fol. 8b. Le Prysse.

Vyvet les dames de la cor t.

An dépit de tous fruyetesl

Le premier Sot.

Pour fere mille trafigetes, 3o

Tant d'antretyens, mille feyntisses, Andepit de villeys magos .

Le Prysse.

Nosleferrons a toutpropos.

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