I .ii-i . f 1 1 1 <. I .1 . ■ Il I II 1 1 I . I
Et d'aultres gens a gros milliers. 25
Le .III. Sot.
S'ilz se rencontrent sus les mers, L'on les renvoyera tout court '.
Le Prince.
Vivent les dames de la court En despît de tous fringueretz [?]
Le premier Sot.
Pour fere mille trafiquetz, 3o
Tant d'entretiens, mille feintises,
En despitdes villains magotz.
Le Prince.
Nous le ferons a tout propos.
I. Le sens devrait ôtre : « On les enverra au fond »; mais alors quelle rime donner à court ?
I^Âlt MAITRE GBORCBS iSj
Lfi .H..Sot; j
Pour avoeyr cors pont mynyon • "
Plus que de Tolôze ati Avyriyicm, - 35
Pour mètre nos cors an depos, •'
Le Prysse.
N os le ferons a tout propo.
Lb. m. Sot. '
Pour ferfe'fotidre les troapeies^
Chantant et dansant -bargeretes,
An dépit de.villeyns ip.agps, . 40
^^' Le PRYasÈ. ; :
Nos le ferons a tout propos.
Le .1. âoT.' Pour mètre a part' mellancôlye, *
Délibérés, qoy que Ton dye, Maugré la vilenyè Atrèpôs.
' îLê. n. SbT'. :
Pour avoir corps" d point mignon; • • •
Plus que a Toloze ou Avignon, 35
Pour mettre no^' cueurs* en depostz,
' LbÏ^rince.
Nous le feroftsatou't propos.
Le .m. Sot. • Pour faire fendre les trdmpettes, Chantant et dansant bergerettesy 'i.
En despit des villaiins magortz,. 40
Le Prince.
Nous le ferons a tout propos.
Le .1. Sot. Pour mettre a part melancolye, Delibefés, quoy que Ton die, Maugré la vilaine Atropos.
t. II. 17
258 XIV. — PRAOlâBNTS d'uNB SOTTIE
Lk Pryssb.
Nos le ferrons a tout prepos. 45
Mes sotes a qarryre ho s'aplyqe.
Que tans fay ?
Le .11. Sot.
Bon ont vous estes.
Le an. Sot.
Chantanti danssant maryonetes l.
Le Prysse.
Fêtes sonner taborys et nussetes; L'on verra vous dansses. 5o
Fol. 8v^ Leê $oti dansent.
Le Prynsse.
Qant je connoys revenir la saysson.
—.fi^i ■ ■ «
Le Prince.
Nous le ferons a tout propos. 45
Mes sotes, qu'a rire on s'applique
Quel temps fait il ?
Le «II. Sot.
Bon ou vous estes.
Le .III. Sot.
Chantons, dansons marionnettes '.
Le Prince.
Faites sonner. tabourins et musettes; r L'on verra vos danses sur leur 4oulx son. 5o
Let sot^ dament.
. Le Prince.
Quant je congnois revenir la saison,
X. Marion, Marionnette sont des noms qui reviennent souvent dans les chansons. Voy.» par exemple, Gaston Paris, Chansons du XV* siècle^ n* x .
PAR MAITRE GEORGES aSg
Mon Qi tressaut, hobliant sa destrease.
D'eure en avant chequn fara raysson ; Plus ne sera l'usure la mestresse.
Le .1. Sot.
Mez de nostre jantillesse 55
Qu'an diriez vous, nostre prysse des Sos?
Le .II. Sot.
Mes de nostre jantillesse Q'an dirriez vous, prysse des Sotz?
Le .111. Sot.
Danssé avons a tout propos :
Q'an diriez vous, prysse des Sotz? 6o
Le Pryssb.
Il et tanps de prandre repos.
Mon cueur tressault, oubliant sa destresse.
D'ore en avant chascun fera raison ; Plus ne sera l'usure la maistresse.
Le .1. Sot.
Mais, de nostre gentillesse^ 55
Qu'en direz vous, prince des Sotz?
Le .11. Sot.
Mais, de nostre gentillesse, Qu'en direz vous, prince des Sotz?
Le .III. Sot.
Dansé avons a tout propos :
Qu'en direz vous, prince des Sotz? 6o
Le Prince.
Il est temps de prendre repos.
6i Après ce vers, sans aucune solution de continuité apparente, le ms. donne ces mots, difficiles à entendre : See parle conte leryn; puis Ventète : Le pelleryn parlle, en face duquel une main postérieure a écrit : Nota, faut i queyer (7a lecture des deux derniers mots n'est pas bien sûre). Il y a donc là une lacune bien avérée.
a60 XIV, — FRAGMENTS D*UNB SOTTIE
Le Pellskyh parle.
Grand merssys.
Le premier Sot.
Ho! diable, q'il et gauti N'y a rien sy gay que le Françoys :
Qui le dessirc et méchant homme. 65
Le Pelleryn.
Je vous remercy mille foys.
Mestre Jorgks.
Qar je vous jure par saint Corne Depuis Paris juques a Rome
Le Pellerin parie.
Grant mercy.
Le premier Sot.
Ho ! diable, qu'il est gay ainsi !
N'y a rien si gay que le Françoys :
Qui le dessire est meschant homme. 65
Le Pellerin.
Je vous remercy mille foys.
Màistre Georges.
Car, je vous jure par saint Corne, Depuis Paris jusques a Rome
67 Le scribe avait écrit d'abord dCtme seule teneur et sur la même ligne : mestre I. lorges quar ie vous iure; i7 a barré hit quatre derniers mots et les a récrits en alinéa^
PAR MAITKB GEORGES 26 1
Sy huble que vous ne croys.
A ste foys l'é je conu. 70
[Lb Pelleryn.]
Fol. g Palladez a puis a si fere tenu ;
Tant de bien que fet m'a, fere le doys ; Puis que l'on m'a mysse la pâte antre les doys, Je vibré sans reproche La mercy Dieu.
Mestre Jorgez. 75
Prysse puyssant, senyeur, si trop m'avanture Le myen parller geter a l'avanture, Devant vostre oui, c'é pour remantevoir Que ayssyn icy faconde la esture
Sy habile que vous ne crois ' ;
A ceste foys Tay je cognu . 70
Le Pellekin.
Pallas {})peult estre a ce faire tenu; Tant de bien que fait m'a, faire le doys.
Puis qu'on m'a mys la pâte entre les doys, Je vivray sans reproche a ceste foys.
La mercy Dieu. 75
Maistre Georges.
Prince puissant, seigneur, si m'adventure Le mien parler geter a Tadventure Devant vostre œil, c'est pour ramentevoir Que ainsy j'ay fécondé la nature (?),
71-74 L€ ms, donne ce couplet d'une façon particulièrement confitse. Il le soude au couplet précédent sans indiquer que Vinterlocuteur change. M, Thomas a pensée avec raison sans doute, que le personnage qui prend la parole est le Pèlerin, Les v. 7a et 73 sont coupés chacun en deux morceaux,
I. Nous adoptons la lecture de Gaston Paris (Romania^ XXVI, p. 104).
262 XIV. — FRAGMENTS d'uNB SOTTIE
Du prenyer mot juqez a fyn de closture, 80
Pour randre a vous tibut double deuoir,
Vous suppliant pandre an gré, qar de voier
An Tart ne sus savant, mez aprantys,
Synpple ynnorant, vybaut dez aprantys.
De mon labeur et, a mon propos tandre, 85
Gérez de jans ne se sont repantys
Lire sovant, «bien goter et antandre.
Le .11. Sot.
Gérez de gans ne se sont repantys Lire souvant, ben goter et antandre.
Le .III.
Ce ne sont pas motz d'aparntys. 90
Gereys de gans ne se sont repantys Lire souvent, byen goter et antandre.
Du premier mot jusque a fin de closture, 80
Pour rendre a vous tribut et bon devoir, Vous suppliant prendre en gré, car, de voir, En Tart ne suis sçavant, mais apprentis, Simple ignorant, ribauld ', desapprentis De mon labeur et, a mon propos tendre, 85
Gueres de gens ne se sont repentis Lire souvent, bien gouster et entendre.
Le .11. Sot.
Gueres de gens ne se sont repentis Lire souvent, bien gouster et entendre.
Le IIL
Ce ne sont pas la des motz d'apprentis : 90
Gueres de gens ne se sont repentis Lire souvent, bien gouster et entendre.
I . Gasion Paris pense a « vyvant », au lieu de « rybaut », mais ne sait que faire de la suite.
[Le Prynsse.]
Or sa, mes sotz, je vous comande
Que feyssons fin a nos ebas.
Alons prandre nos repas, 95
Quelle chose que Ton vous die.
A Dieu toute la conpanye!
Le Prince.
Or ça, mes sotz, je vous commande
Que fassions fin a nos esbatz
Allons prendre nostre repas, 95
Quelle chose que Ton vous die.
A Dieu toute la compagnie !
93 Le nom du personnage manque dans le ms, en tête du couplet.
JOUÉE A GENEVE EN LA PLACE DU MOLARD, LE DIMANCHE DES BORDES, L'AN iSaS.
[Genévey 22 février iSsS.]
Il existait i Genève au commencement du zvi* siècle, probablement mSme à la fin du zv<, une société joyeuse dont les membres portaient le nom d' « Enfants de Bon Temps ». Cette société organisait des représentations et des fêtes publiques. Les documents recueillis par MM. Coindet et Chaponnière nous font connaître la part prise par divers personnages, qui, pour la plupan, étaient sans doute membres de cette association, aux
i.Le dimanche dei bordu ou des brandons ett le premier dimanche de carême. En iSiS, P&()uet tombait te 5 avril.
réjouissances organisées lors des entrées solennelles que les princes, les évéques et les ambassadeurs faisaient dans la ville '. A partir de 1 5 1 5, les empiétements inces* sants de Tévéque Jehan de Savoie sur les franchises de la ville, l'intrusion du duc de Savoie, qui prétendait se saisir de la temporalité de Tévéché, amenèrent de sérieux troubles. En 1 5 1 7, un incident auquel les sots genevois furent mêlés eut de graves conséquences. Un jeune homme, appelé Jacques de Malvenda, et un plaisantin connu sous le sobriquet de Petit Jehan au petit pied (ce dernier était au service d'Aimé de Gingins, abbé de Bonmont), organisèrent un charivari contre le docteur Gros, juge des trois châteaux de l'évéque, et promenèrent même la peau de sa mule qu'ils avaient tuée. Philibert Berthelier, qui jouait alors un rôle politique ii-^y important, qui était membre du petit conseil et qui très
probablement appartenait aussi à notre confrérie *, eut
I . Récit des fêtes célébrées à l'occasion de Ventrée à Genève^ de Béatrix de Portugal^ duchesse de Savoie^ d*après un manuscriï du temps: avec une introduction par MM. les Docteurs C. Coin^ det et J.-J. Chaponnière, dans les Mémoires et Documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève^ I (1841), i, pp. i35-ao3.
Ce travail a été repris, ou plutôt plagié dans le volume suivant :
Les anciennes ffttes genevoises, par F.-N. Le Roy, membre de rinstitut national genevois. Genève^ Joil Cherbulie^y libraire^édi^ teury 1868, pet. in-8.
3. Au mois d*avril i5o8, Philibert Berthelier avait été chargé, avec Hector de Rages, Jehan Vallet et Jacques Neveu, de préparer des histoires pour rentrée du duc de Savoie, Charles III (Coindet et Chaponnière, /oc. cit., I, i, p. i43}. Ce qui montre bien qu'il appartenait à la Société des Enfants de Bon Temps, c*est que, au moment où il fut poursuivi pour avoir pris part au charivari dirigé contre Gros, il s*excusait auprès de ses amis, disant, rapporte Bonivard, « qu*il ne pouvoit entretenir la liberté fors par le moyen des jeunes gens, ou s'il fault tout dire, des folz ; car les anciens et saiges, considérants la puissance des princes et les dangiers que leur pouvoient survenir de résister a leurs voulentés, rettiroient les cornes, laquelle considération n'estoit pas aux testes
l'imprudence de s'associer à cette manifestation. Ce fut contre lui que se tourna la colère de Gros, de Tévéque et du duc de Savoie. Il chercha un refuge à Fribourg; mais il revint à Genève, Tannée suivante, muni d'un sauf-conduit épiscopal. Le sauf-conduit ne l'empêcha pas de passer en justice; il fut alors absous; mais, l'an* née suivante, il fut poursuivi sous un nouveau prétexte, condamné et exécuté (23 août iSip) '.
Le supplice de Bertbelier frappa de terreur les partisans de la liberté, les eidgnots, c'est-à-dire ceux qui voulaient l'alliance avec les cantons suisses, et les partisans du duc de Savoie, les mammelus^ comme on les appelait par dérision, se crurent maîtres absolus de la ville. Les sots genevois qui se recrutaient parmi les eidgnots furent pendant quatre ans condamnés au silence *. L'évéque Jehan de Savoie étant mort en 1 522, les hommes indépendants purent espérer que son coadjuteur Pierre de La Baume, devenu son successeur, se plierait moins servilement à toutes les usurpations du duc. Au mois de février i523, peu de temps avant le moment fixé pour l'entrée solennelle du nouvel évéque, les Enfants de Bon Temps crurent pouvoir donner une représentation. Cette représentation qui eut lieu sur la place du Molard était divisée en deux parties.
Mère Folie, vêtue de noir, ouvre le spectacle. Elle porte le deuil de Bon Temps qui a disparu de Genève :
des jeunes gens, ce quedonnoit occasion a Berthelierde les entre* tenir, ce qu*il ne pouvoit faire sans s'accommoder aulcunement a leurs meurs et conditions ». Voy. Bonivard, Chroniques de Genève, éd. Révilliod, II, p. 46; J.-A. Gautier, Histoire de Genève, II, p. 79.
I . Outre Bonivard et Gautier, on peut consulter sur ce tragique événement Aug. Callet, Philibert Berthelier, fondateur de la République de Genève (Paris, 1893, in-8).