‹ Recueil général des sotties (volume 4)Chapitre 73 sur 97 · EN · texte numérisé non relu

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[Genève i^ février iSh-]

Cette pièce est une continuation de la sottie jouée en i523. Les Enfants de Bontemps se retrouvent coiffés du bonnet ridicule qu'ils ont coupé dans la chemise de Mère Folie; maïs ils portent encore le deuil. Antoine Sobret, qui jouait le rôle de la Mère est mort récemment et, quant à Bontemps, leur père, c'est en vain que l'on a pu espérer son retour. Cette allusion discrète au gouvernement du duc de Savoie explique bien pourquoi les sots de Genève s'abstiennent de toucher à la politique. Il s'en tiennent à une satire générale contre le Monde à qui les livre Mère Folie. Le Monde s'éver-

3a4 IVII. — SOTTIE DTJ «ONDB

tue à les faire travailler tous de leur métier, mais il n'est content de rien. Le Médecin, que l'on consulte, déclare que le Monde est fou.

Comme nous l'apprend une note placée en t£te de la pièce, la représentation devait avoir lieu devant le duc et la duchesse de Savoie; aussi les acteurs se montrent prudents. Ils se permettent cependant cenaines allusions à la messe (v. 191-207) et à la Bible (v. 210} qui BOUS montrent qu'ils inclinaient vers la Réforme. Le Conseiller déclare le texte de la Bible s chose irrépréhensible ». Quand le Médecin s'étëve contre les abos qui se sont introdints dans l'É^sc^ Je~Monde répond (v. i6o-ï6i) :

Ce sont des propos du pays . . , ,

De Luther reprouvez si fsulx;

mais c'est là sans doute une ironie.

BIBLIOGRAPHIE

abcd. Voy. ci-dessus, no XV, p.

e. Mémoires et Documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, I (1841, in-8), i, pp. 164-180.

/. Deux Sotties jouées à Genève... Genève^ 1868, in-i6.

g. Le Roy, Fêtes y pp. 106-128.

A. Fournier, pp. 399-405.

^I^Sfr

bFoL3i5v9 Le dimanche après les Bordes 1124, en la Fusterie, pource que le dimanche des Bordes faisoit gros vent, fut continuée la dicte sottie, et joua la Grand Mère maistre Pettreman, grand joueur d'espee. Monsieur le Duc et Madame estoyent en ceste ville, au palais, et y devoyent assister ; mais, pour ce qu'on ne leur avoit pas dressé leur place et qu'on ne les alla querre, ils n'y voulurent pas venir; aussi pource qu'on disoit que c'estoient huguenots qui jouoyent. Monsieur de Morienne * et plusieurs autres courtisants y furent et tout plein de marchands, car la foyre estoit alors ; et Jehan Philippe ' fit la pluspart des despends. Fol. 3i6 Les Enfants de Bon Temps estoyent habillez de vestements de fil noir, et || n'ayoient que l'oreille gauche

Le titre porte seulement : Seconde Moralité.

I. Louis de Gorrevod, éveque de Maurienne depuis le 5 août 1499, cardinal en i53o, mort en 1537.

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